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Corte : Jean-François Bernardini artisan de la "non-violence"


le Samedi 7 Février 2015 à 17:31 | Modifié le Samedi 7 Février 2015 - 18:31


La rencontre avec l’artiste s’est déroulée à l’université de Corse jeudi. Le spaziu culturale Natale Luciani était comble d’élèves et de curieux présents pour ce rendez-vous qui avait pour thématique : "Non-violence : Un credo pour la Corse".


Corte : Jean-François Bernardini artisan de la "non-violence"
Après huit disques d’or et deux victoires de la musique en deux participations, des collaborations avec Sting, Tina Turner, Luz Casal et des millions d’albums vendus, rien n’oblige le leader d’i Muvrini à consacrer autant de temps et d’énergie à son association AFC-UMANI (Associu pè une Fundazione di Corsica). C’est pourtant pour la « non-violence » que Jean-François Bernardini se démène depuis des années.

Lucide et combatif

L’artiste souhaite que « la non-violence » soit  un credo pour la Corse, cette expression suscite pourtant beaucoup d’indifférence et de méfiance, tant elle peut paraître naïve et utopique. De son propre aveu, Jean-François Bernardini a beaucoup hésité avant de parler de « non-violence », par peur du ridicule, mais selon lui, il est impératif aujourd’hui d’aborder le sujet  « parce qu’il n’existe pas dans le débat public. » Alors que les médias nationaux et certain représentant de l’Etat associent facilement la Corse et le mot violence, l’artiste constate que même les Corses s’accommodent parfois de ce cliché.
Il prend en exemple la série mafiosa, où toute la diégèse est construite sur le mythe de la Corse violente.
Loin d’être naïf, Jean-François Bernardi ne se contente pas de s’indigner contre la violence, il veut la comprendre et la remplacer : « Condamner la violence ne coûte pas cher, elle ne s’éradique pas, mais on peut la remplacer. La question est de savoir que faire de notre colère. La non-violence se place du coté de ceux qui souffrent mais également de ceux qui combattent. »

« Faire taire une langue est d’une violence inouïe »

« En Corse, il faut parler de violence au pluriel, celles qu’on ne voit pas. Faire taire une langue fait partie de la violence » commente le leader d’I Muvrini, lui qui, rappelons-le, a formé le groupe avec son frère Alain à une époque où les langues régionales étaient non-reconnues et réprouvées. Le groupe durant les années 80 était d’ailleurs victime de plusieurs arrêtés municipaux lui interdisant de se produire dans certains villages corses.
« Les désaccords et conflits inhérents aux rapports humains peuvent générer de la frustration, de la colère, et dériver, si l’on n’y prête pas attention, à des situations de violence dont les conséquences peuvent être dramatiques ».
Jean-François Bernardini croit profondément à « l’éducation de la non-violence ». À travers son association qui compte près de 3 700 adhérents, le chanteur a déjà organisé plusieurs actions; des formations pour les enfants et les enseignants, des animations itinérantes dans des lieux publics sur l’ile, des voyages d’études pour jeunes à l’école de la paix à Namur en Belgique.

Longuement applaudie par l’auditoire, la rencontre s’est conclue, à l’image des prestations musicales de l’artiste, par une note d’espoir et un appel à la fraternité, citant Martin Luther King : "Il faut apprendre à vivre comme des fréres, sinon nous allons périr ensemble comme des imbéciles".




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