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Corsica Maritima : Plusieurs centaines de personnes devant la préfecture de Corse


Rédigé par Jean-François Vinciguerra le Samedi 9 Janvier 2016 à 13:59 | Modifié le Samedi 9 Janvier 2016 - 17:22


Plusieurs centaines de personnes se sont réunies samedi en fin de matinée devant la préfecture de Corse à Ajaccio à l'appel de Corsica Maritima. Cela en raison du blocage du « Stena Carrier » que l’on empêche d'accoster dans le port de Marseille, malgré une décision de justice rendue vendredi. Beaucoup de monde mais aussi les branches professionnelles de l’économie corse étaient représentées ainsi que des élus toutes tendances confondues. Une délégation de la Corsica Linea et de socioprofessionnels - dont plusieurs camions bloquaient le cours Napoléon - a été reçue par le préfet de Corse. Au sortir de cet entretien, la délégation n’était guerre satisfaite dans la mesure où aucune garantie n'a été donnée par le représentant de l'Etat


Corsica Maritima : Plusieurs centaines de personnes devant la préfecture de Corse
Le cours Napoléon était noyé de monde et de klaxons samedi matin pour soutenir la compagnie Corsica Maritima qui ne sait comment sortir de cette situation de blocage sur le port de Marseille. Les entretiens avec le préfet de la Corse n’ayant rien apporté de nouveau, on se pose la question de savoir comment la situation va évoluer au cours des prochains jours dans un port Phocéen où rien ne bouge malgré la décision de justice. 


François Padrona : "On essaye d’affamer la Corse"
Au sortir de l’entretien avec le préfet de la Corse, François Padrona ne semblait guère satisfait ce cette entrevue. Voici ce qu’il déclarait :
« Nous avons été reçus par le préfet de la Corse mais il se trouve que les nouvelles ne sont pas bonnes dans la mesure où l’on ne peut pas nous garantir que notre bateau pourra accoster au port de Marseille dans de bonnes conditions. Il n’y a aucune avancée de ce côté-là. On nous annonce qu’il y aura peut-être les bateaux de nos concurrents qui navigueront mais pas les nôtres. Donc, tous les soucis que nous rencontrons ne sont pas pris en compte par les services de l’Etat malgré qu’il y ait des ordres de la préfecture de Marseille d’intervenir au niveau de la gendarmerie. On nous promène quelque peu car ce sont maintenant les autorités du port qui ne veulent pas intervenir et ne veulent pas autoriser notre bateau à accoster. Nous n’en connaissons pas les raisons. Nous attendons d’avoir plus d’information mais pour l’heure, il n’y a aucune avancée par rapport à la situation que nous vivons depuis mardi. Nous allons tout de même tenter d’accoster.  On verra ce que ça donne. Si c’est un nouvel échec et si les autorités ne nous accompagnent pas pour l’accostage, le déchargement et le chargement de nos marchandises, nous aviserons. Il semble qu’aujourd’hui on veuille nous refiler le bébé pour que ça devienne un problème général pour l’île. En clair, on essaie d’affamer la Corse 

J.-A. Miniconi : "Que fait l’Etat ?"
Jean-André Miniconi, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Corse du Sud est un homme énervé. Il n’est pas du genre à garder sa langue dans sa poche et il dit clairement que cette triste affaire doit se terminer au plus tôt :
« Il est évident que ce que l’on subit aujourd’hui, on le connaît depuis plus de trente ans. La CCI entend dire son mécontentement face à l’Etat qui ne fait absolument rien pour débloquer la situation. Nous demandons les mêmes aides que nous avons eues lors de la grève de 2014. Je vous rappelle que fin novembre, nous avons connu 10 jours de grève. Donc, à ce jour, nous sommes sur un rythme de grève très important qui paralyse l’économie corse. Je pense qu’aujourd’hui l’Etat devrait faire son travail. Nous sommes des citoyens comme les autres à entendre M. Vals qui a expliqué que les Corses faisaient partie de la France, que nous payons nos impôts mais en revanche, nous sommes dans l’incapacité d’accoster dans le port de Marseille et pire que cela, les bateaux ne partent plus. Je pense qu’il y a des différences de traitement et que nous avons des questions à nous poser… »


J.-C. Angelini : éSituation catastrophique et délétère"
Jean-Christophe Angelini, président de l’ADEC était sur place pour soutenir les manifestants. Il s’est également exprimé sur la situation de crise :
« Nous sommes présents au nom du Conseil Exécutif pour dire que la grève intempestive, le blocage des ports et le blocus économique ne sont pas des réponses à apporter mais bien au contraire, sont des manières d’aggraver la situation qui est déjà catastrophique et délétère. Encore une fois, le blocus de l’île ne peut pas être un moyen de régulation des conflits. Nous avons pour habitude d’entendre et de respecter tous les points de vue mais encore une fois, ça ne peut pas être au prix de l’étranglement économique et du blocus tel qu’il est installé dans l’île depuis des décennies et tel qu’il sévit encore aujourd’hui. Nous pensons que ce n’est pas une attitude responsable de la part de la CGT et que la responsabilité consisterait à respecter les décisions de justice et à libérer le trafic pour ce qui concerne les navires. Ce n’est pas acceptable que l’on continue de la sorte. Bloquer, paralyser, porter atteinte à la liberté d’entreprendre ne sont pas des réponses mais plutôt des problèmes gravissimes… »


François Perrino : "Trop longtemps que ça dure"
Même son de cloche de la part du président du BTP Corse, François Perrino, qui estime que cette situation n’a plus raison d’être :
« On se doit aujourd’hui d’être mobilisé. Les socioprofessionnels veulent pouvoir exercer leur métier mais ils sont empêchés de le faire. C’est contraire au droit constitutionnel et donc cette situation doit impérativement s’arrêter. Si aujourd’hui les socioprofessionnels savent qu’ils peuvent agir, créer une compagnie dans l’intérêt de la Corse, il faut les encourager, raison pour laquelle nous sommes là à leurs côtés. Aujourd’hui nous sommes en train de montrer ce qu’est la Corse économique, qui crie haut et fort qu’il y en a marre de voire une situation qui dure depuis des décennies et qui a mené la Corse où elle est aujourd’hui avec des systèmes de monopole. On souhaite que chacun exerce son droit au niveau des transports en Corse. C’est tout ce qu’on demande… »  
Propos recueillis par J.-F.V.





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