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Corsica Libera appelle à des candidatures communes du mouvement national pour les Législatives


Rédigé par Nicole Mari le Dimanche 29 Janvier 2017 à 21:55 | Modifié le Lundi 30 Janvier 2017 - 01:33


Le mouvement indépendantiste, Corsica Libera, a réuni quelque 200 délégués lors d’une Cunsulta, dimanche après-midi, à Corti. À l'ordre du jour, le compte rendu des élus territoriaux sur un an de pouvoir à l’Assemblée de Corse, la restructuration et le redéploiement du mouvement, la mobilisation contre la spéculation immobilière et les élections législatives de juin prochain. Comme il l’avait annoncé à Siscu, Corsica Libera lance une campagne internationale sur le statut de résident qu’il entend faire appliquer sans délai dans l’île. Il appelle aussi à des candidatures communes du mouvement national sur les quatre circonscriptions sous la bannière Pè a Corsica. Explications, pour Corse Net Infos, d’Eric Simoni, secrétaire national, membre de l’Exécutif et porte-parole de Corsica Libera.


La Cunsulta du mouvement indépendantiste Corsica Libera, réunie dimanche après-midi à Corti.
La Cunsulta du mouvement indépendantiste Corsica Libera, réunie dimanche après-midi à Corti.
- Quel était l’objet de cette Cunsulta ?
- Nous avons discuté de plusieurs points importants. D’abord, la restructuration et le redéploiement du mouvement avec la remise en place des référents et des sections. Ensuite, la campagne, que nous lançons au niveau national et international concernant la protection du foncier et des biens immobiliers corses, la lutte contre la spéculation et l’application du statut de résident.
 
- Quelle sorte de campagne lancez-vous ?
- Nous avons rédigé des textes que nous avons déjà commencé à diffuser sur les réseaux sociaux. Nous allons tirer des affiches et mettre en place des moyens d’avertir les acquéreurs éventuels qui font des acquisitions en Corse dans un cadre qui, pour nous, n’est pas légal. Si ces acquisitions ne sont pas conformes au cadre corse, même si celui-ci n’est pas encore inscrit dans la loi française, les décisions, qui ont été votées à l’Assemblée de Corse en avril 2014, s’appliqueront. Ces acquéreurs pourront même être expropriés ! Nous voulons être persuasifs pour éviter aux Corses d’être dépossédés.
 
- Qu’avez-vous décidé concernant les prochaines élections législatives ?
- Nous avons voté à l’unanimité notre présence sur cette élection et sur les quatre circonscriptions sous la bannière Pé a Corsica. Aller aux Législatives est important pour renforcer notre majorité territoriale et le message qu’elle a à porter. Le vote du Sénat contre la Collectivité unique nous a montré que la bataille ne se livre pas qu’en Corse, mais aussi dans ces espaces-là. La politique de la chaise vide n’est pas bonne parce que des gens veulent nous mettre des bâtons dans les roues et empêcher que ce, qui doit avancer, avance ! Nous rencontrerons, dans les jours qui viennent, nos partenaires du mouvement national pour renforcer la représentation nationale corse à Paris.
 
- Certains élus de Femu a Corsica semblent sur la même ligne. Avez-vous déjà entamé des discussions sur cette idée de candidature commune ?
- Non ! Pas encore ! Pour l’instant, c’est notre vœu d’y aller avec une liste Pè a Corsica où notre courant sera représenté de manière équitable avec tout ce qu’il a à dire et à apporter ! Cette option nous paraît la plus naturelle. On ne s’est même pas tellement posé la question ! Pour nous, cela ne fait pas l’ombre d’un doute qu’il faut privilégier cette configuration-là. Nous nous sommes réunis en Cunsulta pour afficher clairement nos intentions, notre position et éclairer le jeu politique. Le même souhait a été exprimé de manière informelle par certains de nos partenaires lors de différentes prises de parole, mais pas officiellement ! Maintenant, il faut se rencontrer et finaliser les choses.
 
- Quelle serait votre stratégie en matière de candidature ? Miser sur des leaders ? Proposer des jeunes ?
- Nous n’avons pas discuté de cela, pour l’instant. Nous désignerons rapidement quatre responsables, au moins un par circonscription, pour organiser la campagne électorale. Cela ne veut pas dire que ces gens seront tête de liste. Nous nous mettrons, quoi qu’il en soit, rapidement en ordre de bataille.
 
- Dans un accord de majorité territoriale, sur quelles circonscriptions envisagez-vous d’être tête de liste ?
- Nous n’avons pas encore précisé les choses à ce niveau-là. Ce sera, d’abord, débattu en interne, puis avec nos partenaires.
 
- Croyez-vous à l’élection d’un ou de plusieurs députés nationalistes ?
- C’est difficile de faire des pronostics. Tout dépendra aussi des autres forces en présence. Mais, à partir du moment où nous nous présentons à cette élection, dans la configuration actuelle, il faut mettre toutes les chances de notre côté pour que les circonscriptions soient gagnées par le mouvement national.

- Comment réagissez-vous au vote du sénat contre la collectivité unique qui a été un électrochoc pour les Nationalistes ?
- Nous espérons que les conséquences de ce vote seront limitées puisqu’il y aura une décision de l’Assemblée nationale française concernant les ordonnances de mise en place de la collectivité unique. Mr Baylet a dit ce qu’il pensait de la manière dont certains ont manœuvré, et il n’est pas nationaliste corse ! Aujourd’hui, les Corses sont éclairés sur le jeu de ceux qui sont prêts à saborder un certain nombre d’avancées nécessaires et bénéfiques à la Corse pour des considérations d’ordre purement politicien qui ont pris le pas sur l’intérêt général. Les Corses auront suffisamment de mémoire pour, le jour venu, présenter l’addition électorale à ces gens-là.

Près de 200 militants ont assistés à la Cunsulta.
Près de 200 militants ont assistés à la Cunsulta.
- Les candidats à la présidentielle ne marquent aucun intérêt pour la Corse. N’est-ce pas, quelque soit le vainqueur, la grande inconnue dans les futures relations avec Paris ?
- Effectivement, c’est une inconnue ! De toute façon, nous connaissons notre capacité de mobilisation et de faire avancer les choses dans notre pays. Nous réussirons, si nous sommes suffisamment organisés. C’était, aussi, un des enjeux de cette Cunsulta, de redéployer le mouvement Corsica Libera, notamment par le biais de cette campagne électorale et par les actions prévues concernant la spéculation immobilière, les prisonniers et le soutien à toutes les actions de Sulidarità… Nous serons très mobilisés sur les éléments de blocage. Nous sommes persuadés que l’histoire récente de notre pays nous conforte dans cette analyse. Ce n’est que par le rapport de forces politique et par notre capacité de mobilisation sur le terrain que nous saurons installer une réalité alternative qui s’imposera à la légalité étrangère que nous subissons aujourd’hui. Ce n’est, donc, pas de l’élection du président de la République française que viendra forcément la lumière !
 
- Redéployer le mouvement est-ce une façon de s’adapter à la nouvelle donne du pouvoir ?
- Oui ! Le mouvement national a pris le pouvoir territorial, mais ce pouvoir n’est pas suffisant. Il s’exerce dans un cadre qui n’est pas celui d’une Corse indépendante, il est donc forcément contraint. On a besoin, plus que jamais, d’une force qui se déploie sur le terrain pour faire valoir les droits du peuple corse, pour dénoncer chaque fois qu’il y a quelque chose à dénoncer, pour expliquer ce que font nos élus, pour essayer de rendre effectives les décisions qu’ils prennent, même si celles se heurtent à des blocages de la part des institutions françaises. Le travail de nos élus est énorme et a déjà commencé à faire bouger les lignes dans des dossiers très concrets. On l’a vu pour le maritime, pour l’obtention du statut d’île-montagne… Plein de choses bougent dans le bon sens. Si la stratégie d’ensemble est cohérente, et nous avons la faiblesse de penser que la cohérence est dans notre camp depuis pas mal d’années, il est certain que nous créerons une situation dans notre pays en-deçà de laquelle on ne pourra plus revenir.
 
- Après un an de pouvoir partagé avec les Modérés, dans quel état d’esprit sont vos militants ?
- Nous les avons trouvés très mobilisés et en demande de voir leurs rôles concrètement redéfinis. Ils sentent qu’il y a un besoin très important de redéploiement sur le terrain pour, justement, effectuer, à la fois, ce travail de pédagogie et de soutien de nos élus à l’Assemblée, et ce travail de prolongement en dehors du cadre institutionnel actuel. Les militants sont satisfaits de voir que tout se passe bien dans la majorité territoriale et que beaucoup de ce que nous portons est entendu. Nous finissons par porter ensemble un certain nombre de projets. Par exemple, la santé en Plaine Orientale où nous avons été à la pointe du combat et où nous avons beaucoup influencé les décisions qui ont été prises. Nous savons que le projet du port de Bastia, qui m’a tenu beaucoup à cœur lors des élections municipales, s’éloigne du danger du projet néfaste de la Carbonite pour adopter une position qui se rapproche de la nôtre.
 
- C’est-à-dire ?
- Le projet municipal d’une extension du port existant avec des barges flottantes ressemble comme une goutte d’eau à celui que nous avons proposé. Nous pesons de tout notre poids dans la balance qui penche du bon côté concernant un certain nombre de sujets. On ne peut que s’en réjouir ! Cela n’aurait pas été possible sans une bonne entente et sans une écoute de la part de l’autre courant nationaliste. Cela permet une cohésion et un accord sur tous les sujets. Ce qui différencie et identifie notre courant reste notre réflexion sur l’indépendance et notre manière de considérer les évènements de ces quarante dernières années, d’assumer la lutte sous tous ses aspects. Sans cette lutte, rien n’aurait été possible aujourd’hui ! C’est ce que nous continuerons toujours à porter.
 
- Considérez-vous cette année, avec ses diverses échéances électorales, comme cruciale ?
- Oui, c’est une année importante ! On a souvent coutume de dire qu’on est à un tournant. Il est sûr que les dernières élections territoriales ont été un coup de tonnerre formidable qui a ouvert le champ des possibles. Il y avait des situations de blocages qu’aujourd’hui, nous arrivons d’une certaine manière à contourner, à surmonter. Si lors des prochaines Territoriales, nous montons encore plus en puissance à l’Assemblée de Corse, le message national sera renforcé, la Corse avancera et réussira à combler un retard accumulé par des décennies de déshérence.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.




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