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Corse-du-Sud : Une semaine de sensibilisation sur la violence en milieu scolaire


Rédigé par Lydie Colonna le Mercredi 13 Novembre 2013 à 20:08 | Modifié le Mercredi 13 Novembre 2013 - 22:11


Le 8 novembre s’est achevée la semaine de sensibilisation des jeunes collégiens sur la violence en milieu scolaire. Cette action, proposée par le centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF), s’inscrit dans les priorités de l’Education nationale dans le cadre de la prévention et la lutte contre les violences à l’école. Cette opération, basée sur le théâtre interactif, a été cofinancée par l’Etat (fonds interministériel pour la prévention de la délinquance), par la collectivité territoriale de Corse (CTC) et la communauté d’agglomération du pays ajaccien (CAPA).


Les élèves du collège Arthur Giovoni à Ajaccio (Photo Lydie Colonna)
Les élèves du collège Arthur Giovoni à Ajaccio (Photo Lydie Colonna)
 C’est donc dans les collèges de Corse-du-Sud (le Fesh, Baléone, Porticcio, Vico, Les Padules, A. Giovoni, Sartène, Propriano) que sont intervenus deux comédiens de « L’effet théâtre » afin de présenter à de jeunes collégiens, une pièce en 3 actes (ou scénettes) afin de les sensibiliser à la violence et ses conséquences.
Le CIDFF s’intéresse de près à  la prévention des comportements violents en milieu scolaire. Pour la troisième année, il propose un spectacle interactif dans les collèges afin de sensibiliser les jeunes. Il s’agit de les impliquer et de provoquer chez eux une réaction quant aux conséquences et à la banalisation de cette violence. L’objectif est également de leur proposer des solutions et des perspectives différentes. Pour ce faire, le CIDFF a choisi le théâtre  comme moyen d’aborder la question de l’expression de la violence dans les établissements scolaires. Il s’agit d’une pièce intitulée « Arrête ! Tu me fais mal ! », spectacle ludique crée et joué par les comédiens de l’effet théâtre.
Le déroulement de l’intervention se passe en trois parties. Dans un premier temps, une petite pièce est jouée par Charlotte Audebram et Gean Cartier. Elle raconte la rencontre entre la mère d’un jeune garçon (Marcus) violent au collège et le père d’une jeune fille (Mila) mal traitée. Cette dernière est hospitalisée suite à des coups reçus par le jeune homme. Après un début plutôt agressif, les parents finissent par se parler et, par une série de flash back, se racontent, pour le père, la souffrance de sa fille qui ne veut plus aller à l’école, pour la mère, son impuissance face au comportement de son fil. On découvre la violence au quotidien, dans la classe, dans la cour…cela permet également de comprendre les raisons qui poussent Marcus à se comporter de la sorte.
Vient ensuite le moment de recueillir à chaud les réactions des enfants spectateurs en leur demandant ce qu’ils ont vu et entendu. Les acteurs les orientent par des questions : quels sont les sentiments de Marcus ? Ceux de Mila ? Comment ils se sentent ? Pourquoi avez-vous rit ? Un débat s’en suit sur les solutions possibles pour l’un et l’autre des protagonistes.
Enfin, dans un troisième temps, avec l’aide des jeunes collégiens, la pièce reprend. La mère de Marcus va le voir en rentrant à la maison, après sa rencontre avec le père de Mila. Son discours et son comportement sont guidés par les conseils des enfants.
Ce spectacle permet aux enfants de prendre conscience des souffrances des victimes mais aussi des souffrances de l’agresseur et ce qui le pousse à agir ainsi. Le jeune public s’identifie facilement  aux personnages et s’il rit aux insultes et aux gros mots, il sait très bien faire la part des choses entre la réalité et la fiction. L’échange avec les acteurs les amène à se poser des questions et à se rendre compte de certaines réalités.
L’effet théâtre est le reflet citoyen de théâtre à la carte. Depuis plus de 20 ans, Théâtre à la carte aide à améliorer les relations humaines au sein des entreprises. Il utilise comme moyen des saynètes théâtrales interactives, des ateliers participatifs, des formations… Chaque année plus de 2000 interventions traitent de sujets divers comme la gestion des conflits, la prévention du stress, le management et la communication…
En 2008, il crée l’effet théâtre dont la fonction est d’agir pour l’enfance en créant des spectacles qui seront ensuite présentés dans les écoles et les collèges. En cinq ans, plus de 30000 enfants et 10000 parents ont été sensibilisés sur la question du mieux vivre ensemble.

(Photos Lydie Colonna)
La violence à l’école est un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur en Europe. Elle se présente sous différentes formes, de la dégradation de matériel au racket en passant par des trafic de l’intimidation voir des agressions. Les causes de la montée de cette violence sont multiples. Elles sont parfois d’origine familiale, dans une société qui voit le nombre de divorces et séparations augmenter, entraînant une dégradation des liens familiaux avec des enfants livrés à eux-mêmes trop souvent et trop jeunes. Des causes qui peuvent être d’origine sociale. Nous vivons dans une société où l’avenir peut paraître sombre avec une augmentation du chômage qui fait que parfois certains adolescents ne voient plus l’intérêt de faire des études. Une image de l’enseignant dégradée, tant par les parents que par les enfants. Ces violences peuvent aussi trouver leur fondement dans des causes psycho physiologiques. L’adolescence est l’âge du « contre » c'est-à-dire l’âge du refus de tout ce qui vient de l’adulte. L’école n’apporte ni solution ni soutien face à ces malaises. Le seul moyen qu’a trouvé l’adolescent pour se protéger c’est de détruire le système et ce qu’il représente.
Il existe trois formes de violence en milieu scolaire : l’atteinte aux personnes (violence verbale, physique ou sexuelle), l’atteinte aux biens (vols, dommages) et l’atteinte à la sécurité (alcoolisation, prise de stupéfiants). Sur l’année scolaire 2008-2009, 80% des actes de violences sont des atteintes aux personnes.
Quelques chiffres : 7 collégiens sur 10 ont fait l’objet d’insultes ; 6,3% des collégiens se déclarent victimes de racket ; presque ¼ des collégiens ont été victimes de coups ; 46,3% d’entre eux ont connu un vol…
Les états généraux de la sécurité, réunis en 2010, ont permis l’émergence de pistes d’action pour faire reculer la violence en milieu scolaire. Cinq orientations ont été mises en œuvre. Dans un premier temps il faut mesurer le climat et la violence par une enquête SIVIS (Système d’Information et de vigilance sur la Sécurité scolaire) et par une enquête de victimisation conduite en 2010 dans 300 collèges de France. Il faut ensuite former le personnel de l’éducation nationale et les enseignants par un dispositif d’accompagnement. La troisième orientation consiste à renforcer le plan de sécurisation des établissements puis dans un quatrième temps, redonner du sens aux sanctions scolaires en réaffirmant leur dimension éducative. La dernière action consiste à développer un programme particulier pour les établissements du programme éclair.




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