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Corse Social Démocrate : Le torchon brûle avec Jean-Baptiste Luccioni


Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 25 Avril 2014 à 20:17 | Modifié le Samedi 26 Avril 2014 - 01:02


Nouvelle crise au sein de Corse Social Démocrate (CSD). Après la défaite inattendue de son leader Simon Renucci à la mairie d’Ajaccio et l’annonce de son retrait de la vie politique, le mouvement doit affronter la démission brutale de Jean-Baptiste Luccioni de la présidence du groupe à l’Assemblée de Corse (CTC) et ses attaques virulentes par voie de presse. Les trois élus territoriaux restants, dont le nouveau président Antoine Orsini, ont riposté, vendredi matin, et annoncé la remise en ordre de bataille du mouvement en vue des prochaines échéances électorales.


Le groupe Corse Social Démocrate à l'Assemblée de Corse : Rosy Ferri-Pisani, le nouveau président du groupe Antoine Orsini et Benoîte Martelli.
Le groupe Corse Social Démocrate à l'Assemblée de Corse : Rosy Ferri-Pisani, le nouveau président du groupe Antoine Orsini et Benoîte Martelli.
La crise, selon Jean-Baptiste Luccioni, couvait depuis longtemps. L’amère défaite de Simon Renucci aux élections municipales, la perte de la mairie d’Ajaccio et l’annonce, dans la foulée, du retrait du vaincu de la vie politique ont déclenché l’incendie. La place laissée, ainsi, vacante à la tête du mouvement a-t-elle provoqué une guerre des chefs putatifs et fait éclater les dissensions internes ? Jeudi matin, le maire de Pietrosella annonce sa rupture par voie de presse et la justifie en tirant à boulets rouges sur Simon Renucci qu’il accuse d’autocratisme et de non-respect de ses engagements. L’une des pommes de discorde serait le statut de résident qui tient fort à cœur au premier et que le second ne voudrait plus soutenir alors qu’il était inscrit dans le programme social-démocrate des Territoriales de 2010. Jeudi soir, les trois élus territoriaux CSD restants : Rosy Ferri-Pisani, Benoîte Martelli et Antoine Orsini votent en bloc le statut, apparemment, sans états d’âme. Vendredi matin, ils convoquent la presse et contrattaquent point par point.
 
Un non-évènement
« Nous avons pris acte de la démission de notre président de groupe à la CTC et de ses déclarations. Avec l’assentiment de Simon Renucci et de Vanina Pieri, j’assume, désormais, la présidence du groupe », précise, d’emblée, Antoine Orsini, également président de la Commission des finances de la CTC. Respectant la liberté de choix de leur ex-condisciple, le groupe considère « qu’il s’agit d’un non-événement », mais dénonce les procédés, « le manque de respect et d’élégance sur la forme, sur la façon dont nous avons appris sa décision, et les propos assassins tenus sur notre mouvement, sur Simon Renucci et sur les militants. Ce sont des propos irrespectueux, injustes, mensongers, des contre-vérités ». Jean-Baptiste Luccioni aurait averti le mouvement par un email, mercredi soir, la veille de l’annonce médiatisée de sa rupture.
 
Pas de changement de braquet 
Sur le fond, les élus expliquent qu’il « n’y a pas eu de changement de braquet » sur le statut de résident, inscrit dans les propositions de campagne en 2010. « Simon Renucci n’a jamais remis en cause notre position de principe ».
Aux accusations de Jean-Baptiste Luccioni sur l’absence de remise en question interne après la défaite, ils objectent qu’une assemblée générale de renouvellement des instances de CSD et de remise en cause collective est programmée le 6 mai prochain. Sur le manque fustigé de dialogue, ils rétorquent que les débats sont fréquents sur les grands dossiers de la CTC et renvoient la balle à l’envoyeur. « C’est exactement les critiques que nous pourrions formuler à l’égard de Jean-Baptiste Luccioni qui, en tant que président, a peu fait d’animation de groupe. Il aurait du commencer par son mea-culpa ! »
 
Des motivations personnelles
Puis, les trois élus s’étonnent du « caractère abrupt » de la décision de leur ex-président et avouent leur surprise tout en s’interrogeant sur ses motivations. « C’est sans doute une stratégie politique, une trajectoire personnelle pour les prochaines élections ». Ils estiment que, par honnêteté politique, le conseiller territorial, élu sur la liste CSD, aurait du, aussi, démissionner de son mandat.
Enfin, ils déclarent que le mouvement veut se remettre en ordre de marche, élargir son assise régionale et définir de nouvelles orientations et objectifs. Simon Renucci, qui avait, le soir de sa défaite, proclamé son retrait de la vie politique pour se concentrer sur le recours qu’il a déposé au tribunal administratif et sur la plainte au pénal contre son adversaire victorieux, ne devrait plus en briguer le leadership. « Il n’est plus aux avant-postes, mais il nous accompagne ».
 
Un nouvel espace progressiste
Pour CSD, l’enjeu des prochains mois est de contribuer à la recomposition du paysage politique insulaire, issu des Municipales, et à la création d’un nouvel espace progressiste pour une nouvelle Gauche. « La Gauche a encore besoin de Corse Social Démocrate qui jouera tout son rôle dans la création et la structuration d’un espace progressiste dans le cadre des prochains rendez-vous électoraux. Un espace qui dépasse la gauche et les clivages politiques et accueille différentes sensibilités qui s’affirment et se structurent  ». Un espace qui pourrait englober des Progressistes de droite et les Nationalistes.
Les Sociaux-démocrates insulaires entendent bien être présents aux prochaines Territoriales prévues en 2015. Sur une liste propre, conduite ou non par un Simon Renucci qui pourrait, malgré ses dires, rempiler, ou sur une liste d’ouverture ? Rien n’est, pour l’heure, tranché. Les jeux restent ouverts. Affaire à suivre.
 
N.M.



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