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Corse-Sardaigne : Des liaisons si peu maritimes !


Rédigé par Nicole Mari le Mercredi 14 Août 2013 à 23:22 | Modifié le Jeudi 15 Août 2013 - 02:31


La faiblesse des liaisons maritimes entre la Corse et la Sardaigne, si proches l’une de l’autre, a étonné les eurodéputés en mission d’études dans les deux îles. Lors d’une réunion de travail à Bonifacio sur cette question de la coopération transfrontalière en matière de transports, des solutions pour développer ces liaisons ont été évoquées, notamment la création d’un GECT (Groupement européen de coopération territoriale). Explications, pour Corse Net Infos, de Paul-Marie Bartoli, président de l’Office des transports de la Corse (OTC).


Le ferry de Moby Lines assure la liaison Bonifacio - Santa Teresa di Gallura.
Le ferry de Moby Lines assure la liaison Bonifacio - Santa Teresa di Gallura.
- Quel est l’état des relations maritimes corso-sardes aujourd’hui ?
- Il y a deux lignes : Bonifacio - Santa Teresa di Gallura et Propriano - Porto Torres. La première est journalière et subventionnée par la région sarde. La seconde est assurée par la CMN (Compagnie méridionale de navigation) à raison de 2 fois par semaine l’hiver et 3 fois par semaine en pleine saison estivale. Comment de temps, cette 2ème ligne va-t-elle encore tenir sans subvention ? La question se pose.
 
- Quel est le nombre de passagers transportés ?
- Sur la ligne Propriano - Porto Torres, le transport de passagers est en progression avec 5000 personnes transportées par an. La ligne Bonifacio - Santa Teresa di Gallura transportait 300 000 passagers, il y a 10 ans. Aujourd’hui, elle ne compte plus que 230 000 passagers par an. Cette baisse est assez inquiétante. Il faut réussir à pérenniser cette ligne.
 
- Comment ?
- Nous avons travaillé sur cette question à plusieurs reprises, notamment avec nos amis de la province de Sassari. La 1ère idée est de renforcer la liaison maritime historique entre Bonifacio et Santa Teresa di Gallura en modernisant la flotte et de développer la liaison entre Propriano et Porto Torres, qui est surtout liée au fret.
 
- Les ports ont-ils une affectation spécifique : le fret à Propriano et les passagers à Bonifacio ?
- Oui. La configuration du port de Bonifacio permet difficilement une activité fret. Il n’y a pas de concurrence entre les ports de Bonifacio et de Propriano, mais au contraire une très forte complémentarité. Nous allons, je crois, pouvoir œuvrer ensemble sur un projet commun. J’insiste beaucoup sur la possibilité de créer un GECT (Groupement européen de coopération territoriale), à moins qu’il n’existe une autre structure susceptible de porter le projet de coopération.
 
- Quel est l’intérêt d’un GECT ?
- Principalement de donner une sécurité juridique et une gouvernance commune puisqu’un GECT impose qu’il y ait un seul porteur de projets. Ainsi, nous pourrions nous inscrire dans la durée, non seulement, dans un 1er temps, au niveau des liaisons maritimes entre la Corse et la Sardaigne, mais aussi, dans un 2ème temps, en développant des lignes avec la Ligurie, la Toscane et la Catalogne. L’idée nous tient à cœur de nous inscrire dans « les autoroutes de la mer » qui ont été validées par les Grenelle I et II de l’environnement. Ensuite, quand la situation sera stabilisée dans les pays du Maghreb, nous avons, également, vocation à nous tourner vers le Sud de la Méditerranée.
 
- Quand prévoyez-vous de créer ce GECT ?
- La prochaine programmation des fonds européens couvre la période 2014-2020. Il faut, d’abord, que nous soyons assez persuasifs pour être éligibles à cette programmation et, donc, hâter un peu le pas afin de trouver une solution d’ici à la fin de l’année.
 
- Quel est le principal obstacle au GECT? Son financement ?
- Non. La difficulté est de définir comme il se doit ce GECT afin qu’il puisse apporter un vrai plus à la coopération transfrontalière. Pour cela, nous devons déterminer un ou des objectifs communs à la Sardaigne et à la Corse. Ensuite, il faut porter le projet. C’est, aussi, un problème d’ingénierie.
 
- Le trafic maritime entre l’Italie du Nord et Bastia a chuté en 2012. Est-ce pertinent, en ces temps de crise, de vouloir développer un trafic Corse – Sardaigne ?
- Il faut se projeter vers la sortie de crise. Entre l’Etat français et la Corse, l’Etat italien et la Sardaigne, se pose le problème des liaisons maritimes. Essayons, même si ce n’est pas facile, d’instituer une continuité territoriale inter-îles.
 
- Vous avez évoqué la possibilité de création d’une compagnie régionale pour desservir ces lignes. Qu’en est-il ?
- Il ne faut pas avoir d’avis tranché. Le GECT est l’outil. Comment, ensuite, met-on en musique cet outil ? Est-ce par le biais d’une compagnie régionale à taille humaine ? Je n’en sais rien ! Il faut d’abord vérifier la compatibilité d’une telle compagnie avec le règlement européen. Il faut agir vite, mais éviter la précipitation qui est toujours mauvaise conseillère.
Propos recueillis par Nicole MARI





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