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Corse-Economie : Le grand saut de la construction


Rédigé par le Mardi 19 Février 2013 à 22:36 | Modifié le Jeudi 21 Février 2013 - 00:48


Michel Guidoni et Corse-Economie sont formels : Les mises en chantier de logement plongent en Corse sur les derniers mois de 2012 (données cumul 12 mois). Ce contrecoup de la flambée de fin 2011- début 2012 était attendu. Désormais, l’inquiétude est de mise. Lisez l'argumentation qu'ils développent sur le site www.core-economie.eu


Corse-Economie : Le grand saut de la construction
Sous le titre Splash, le grand saut de la construction l'économiste Michel Gudoni explique que "le clignotant dans ce secteur, deuxième employeur privé derrière le tourisme (en incluant les emplois liés au tourisme dans le commerce et les services), est désormais au rouge vif. Il passera au cramoisi, si les mises en chantier passent sous les 3 000 / 12 mois d’ici à 6 mois. Seul élément positif des derniers mois, les permis ne décrochent pas".   
Le « béton » présente une forte propension à suivre des cycles d’investissement très marqué. C’est vrai en Corse, comme dans le reste du monde. On passe par des phases de décollage menant progressivement au sur-investissement avec la formation d’une bulle, qui finit par éclater et provoquer un repli rapide de l’investissement et l’on tombe dans du sous-investissement. La reprise arrive enfin une fois les excès purgés et la demande revenue. Et le cycle repart.
L’investissement construction pèse en Corse entre 15 et 20 % de la richesse sur les dernières années. Deux éléments l’ont maintenu à ce haut niveau. D’une part, l’investissement public avec environ 400 millions d’euros par an injecté par les collectivités locales et l’Etat (cf. paiement PEI sur les dernières années ). D’autre part, la demande privée de logements (résidentiels, résidences secondaires et investissement locatif).
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Or, une large part de l’investissement en construction est improductive. C’est-à-dire que l’argent injecté dans le logement ne crée pas un supplément de capital susceptible de générer une croissance future plus forte. Pour l’investissement locatif, c’est à peine à nuancer. En effet, pour augmenter la richesse susceptible d’être produite à la location, une fois maximisée l’occupation (ce qui est vite fait avec un tourisme très concentré sur l’été), la seule solution est d’augmenter les prix (loyers). On fait ainsi de l’inflation, pas de la croissance.
En revanche, les infrastructures publiques peuvent générer plus de croissance potentielle. Pour autant, l’investissement public doit rester proportionné et ne pas être fait par à-coup, sinon on risque d’amplifier le cycle.

Comme ce cycle d’investissement ne permet pas d’augmenter dans sa phase positive la croissance potentielle, on se retrouve donc (quand démarre la phase baissière) sans supplément d’oxygène sur lequel se reposer. De plus, la crise immobilière va détruire de la croissance potentielle. En effet, La chute est rude car l’économie s’est habituée à un niveau élevé d’emploi dans ce secteur. Or, l’augmentation du chômage, surtout de longue durée, a un effet de long terme sur le marché du travail (coût de reconversion des chômeurs, baisse de la population active, salaires réels contraints…). Ceci vient freiner la capacité d’une économie à générer de la croissance.
C’est pour cela qu’il faut sérieusement s’inquiéter de ce qui se passe actuellement. 





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