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Coopération Corse-Sardaigne : Un travail commun pour le Parc marin international des bouches de Bonifacio


Rédigé par le Jeudi 15 Septembre 2016 à 16:13 | Modifié le Jeudi 15 Septembre 2016 - 23:06


Une réunion préparant la première assemblée générale du Groupement européen de coopération territoriale (G.E.C.T.) s'est tenue lundi à Bonifacio. Le but : définir une stratégie commune de préservation et valorisation du patrimoine des deux îles.


Intervention de Jean-Charles Orsucci, maire de Bonifacio, lors de la réunion préparative du G.E.C.T.
Intervention de Jean-Charles Orsucci, maire de Bonifacio, lors de la réunion préparative du G.E.C.T.
Les G.E.C.T. sont des groupements européens de coopération territoriale. Celui-ci en particulier permet de gérer le partenariat entre la Corse, la Sardaigne et l'Italie, pour la réserve naturelle des Bouches de Bonifacio, et la mise en place du Parc marin international. L'objectif principal est la préservation et la valorisation du patrimoine exceptionnel entre les deux îles. 

Les origines du G.E.C.T.
Selon Fabienne Giovannini, conseillère exécutive déléguée au suivi du G.E.C.T., ce groupement s'inscrit dans la continuité de 40 ans de militantisme: un travail cristallisé notamment par la revendication contre le passage de navires dangereux dans les bouches de Bonifacio. Le détroit étant international, renforcer sa protection n'a pas été pas chose facile. 

Des outils ont donc été créés pour favoriser la préservation environnementale: le Parc national de la Maddalena en 1994, et la Réserve naturelle des bouches de Bonifacio en 1999. A la même époque, Ségolène Royal (ministre de l'Environnement déjà de 1992 à 1993) avait apporté son soutien au projet d'un Parc marin international des Bouches de Bonifacio, œuvrant entre autres pour que les navires battant pavillon italien ou français n'empruntent plus le Détroit international. La création du Parc marin international sera actée le 7 décembre 2012 . Le problème se pose toujours cependant, pour le passage des bateaux étrangers (ni italien ni français), notamment ceux de complaisance.

Un travail d'échanges internationaux a débuté, qui a abouti à la création du G.E.C.T., sous la précédente mandature. Ce groupement n'a cependant jamais réellement fonctionné jusqu'à aujourd'hui.

  
Un objectif de l'Assemblée de Corse : favoriser les échanges avec la Sardaigne.
La nouvelle majorité territoriale a, depuis son élection, mis un point d'honneur à améliorer les relations entre la Corse et la Sardaigne. 
   
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Très vite, relancer ce G.E.C.T. est donc apparu comme une évidence. L'objectif par delà la consolidation de ces liens était aussi de consolider une expertise internationale, par l'intermédiaire de la M.O.T.  (Mission opérationnelle transfrontalière), expert dans l'harmonisation de législations différentes.
 

Interview de Fabienne Giovannini, conseillère exécutive en charge de l'Aménagement territorial, et déléguée au suivi du G.E.C.T.

Conseillère Exécutive Pè a Corsica en charge de l'Aménagement du territoire, l'Urbanisme, l'Energie et le Foncier.
Conseillère Exécutive Pè a Corsica en charge de l'Aménagement du territoire, l'Urbanisme, l'Energie et le Foncier.
 


"Quel est le lien entre la M.O.T. et le G.E.C.T. ?

Il faut savoir qu'il est très compliqué de gérer des outils de Droits différents. Il y a deux Etats donc deux législations à harmoniser, et ce sera le rôle du G.E.C.T. La M.O.T. est un expert en la matière. On a d'abord recréé des relations de confiance avec les Sardes, et ensuite fait appel à l'expertise de la M.O.T. Notre volonté était ainsi d'asseoir le G.E.C.T. dans un réel fonctionnement opérationnel, ce qui n'était pas le cas jusque là.


Cette première réunion a-t-elle rempli ses objectifs ?

Cette réunion du 12 septembre venait après plusieurs réunions de travail. Elle était très importante puisque les Sardes se sont déplacés en nombre: il y avait notamment Donatella Spano, l'assessore della Difesa dell'Ambiente de la Région sarde, le maire de la Maddalena, le Président du Parc national de la Maddalena, et le représentant des provinces de Olbia-Tempio  et de Sassari.

Cette réunion a préparé la première assemblée générale du G.E.C.T., qui se tiendra le 30 novembre à Bunifaziu en présence de Gilles Simeoni et de Francesco Pigliaru, Président de Sardaigne. Ce sera un premier élément concret de notre coopération, qui sera officiellement en place.

Aujourd'hui quels seront les différents objectifs dès le 30 novembre pour le GECT ?

Le premier c'est bien entendu la préservation et la valorisation du patrimoine environnemental exceptionnel commun. Ensuite il y a un objectif de recherche sur la biodiversité. L'inquiétude est toujours forte concernant ce Détroit international qui représente un risque énorme en cas de naufrage pour ce patrimoine. Tout un travail est fait avec des contrôles qui sont déjà en place et tendront à être renforcer... Mais tant qu'on restera dans le cadre d'un Détroit international, il est clair que l'on ne pourra pas interdire la navigation... Voila où nous en sommes."

Autre point intéressant qu'il convient de souligner: la Corse a, au niveau de ces débats, beaucoup plus de marge de manœuvre que la Sardaigne ?

En effet coté corse la gouvernance est claire: la Région a la main. Trois conseillères exécutives sont concernées: Agnès Simonpietri pour l'Office de l'Environnement, Nanette Maupertuis via les Affaires européennes et moi-même.

Coté sarde c'est plus compliqué: le Parco nazionale della Maddalena relève du Ministère de l'Environnement italien. L'objectif est de faire en sorte que la Sardaigne, déjà investie via une association accolée au Parc (Cumunità del Parco), s'implique d'avantage. Ce sont donc des questions très précises de gouvernance sur lesquelles on réfléchit aujourd'hui pour avoir un fonctionnement beaucoup plus harmonieux entre nous.

Donc concrètement pour une fois les Sardes ont moins d'autonomie que les Corses sur ces questions?

Tout à fait ! Et c'est ce qui est assez paradoxal : comme vous le savez la Sardaigne est une région autonome, et finalement nous avons beaucoup plus de facilités de fonctionnement sur ce sujet. Chaque fois qu'une décision est à prendre, au niveau d'emplois à mettre à disposition, de délégations à mandater, de frais de voyages, etc...  le Parco nazionale a besoin d'un accord de Roma, tandis que chez nous c'est la Région qui prend la décision, ce qui est bien plus facile évidemment. C'est pour cela qu'un expert comme la M.O.T. est donc très utile dans le travail que nous faisons  en commun, car il nous apporte de nombreuses réponses au niveau juridique et technique."
  
  

A noter que si ce G.E.C.T. sera un premier outil pour coopérer avec les Sardes (en l'occurrence ici dans le domaine de l'environnement), un autre groupement du même type est en préparation par l'Office des transports. Demain d'autres G.E.C.T. sont très facilement imaginables autour d'autres problématiques qui touchent les deux îles... L'idée étant -pour la majorité territoriale- d'avancer au mieux dans la coopération corso-sarde.




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