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"Contre les assassinats et la loi de la jungle": Appel au débat le 22 juin à Corte


le Mercredi 19 Juin 2013 à 15:23 | Modifié le Jeudi 20 Juin 2013 - 01:35


Les 11 signataires de ce texte d’appel à la mobilisation de tous contre la violence et les dérives criminelles ont fait part ce mercredi, lors d’une réunion de 5 de leurs membres à Ajaccio, de leur volonté de mobiliser l’ensemble de la société Corse sur ces dérives sociétales. C'est pour cela que le collectif organisera une réunion publique le 22 juin à l’Università di Corsica, au cours de laquelle il espère mobiliser tous ceux qui se sentent touchés par cette spirale de violence et désireux de faire entendre leur voix.


Les membres du collectif "Contre les assassinats et la loi de la jungle ont annoncé ce matin à Ajaccio, la tenue d'une réunion publique le samedi 22 juin à l'Université de Corte. (Photo : Yannis-Christophe Garcia)
Les membres du collectif "Contre les assassinats et la loi de la jungle ont annoncé ce matin à Ajaccio, la tenue d'une réunion publique le samedi 22 juin à l'Université de Corte. (Photo : Yannis-Christophe Garcia)
Ni fatalité, ni résignation. C’est sur la base très précise de ces deux principes clairs, que le collectif Contre les assassinats et la loi de la jungle, qui regroupe pour l’instant 11 membres* venus de tous horizons socio-professionnels, a fait savoir, par la voix de 5 de ses membres, ce mercredi matin lors d’une conférence de presse à Ajaccio, qu’une réunion publique se tiendra le samedi 22 juin de 14h30 à 17 heures, à l’Università di Corsica (Faculté de Droit) à Corti, afin de débattre des conditions d’une mobilisation citoyenne contre la spirale de violence qui ronge de plus en plus notre île ces derniers mois.

« Les maires sont en première ligne, les plus menacés car les plus exposés pour les nombreuses responsabilités et décisions qu'ils ont à prendre » Père Gaston Pietri
« Ce collectif, qui est né après une discussion entre deux personnes qui en avaient assez que les attentats succèdent aux attentats et les meurtres aux meurtres dans une inexorable loi des séries, est le début d’un processus auquel nous souhaitons voir s’associer bien d’autres personnes.
Car notre but est de faire en sorte que la Corse se manifeste collectivement, car le cas par cas ne suffit pas (…) Ainsi, la première étape de ce processus sera l’organisation d’une réunion publique le 22 juin à Corte, car nous voulons un vrai débat, où l’on réfléchira à la manière d’exprimer la volonté et la voix de la société Corse pour s’élever contre cette violence de façon concrète »
a ainsi expliqué le Père Gaston Pietri, qui a pris la parole pour présenter le collectif, en présence notamment du président de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) André Paccou et du président de l’association des maires de Haute-Corse et maire de Sisco Ange-Pierre Vivoni.
Si le mouvement se veut en dehors des « représentations politiques systématiques », il compte toutefois deux représentants d’élus : Jocelyne Mattei-Fazi (présidente de l’association des maires de Corse-du-Sud) et Ange-Pierre Vivoni (président de l’association des maires de Sisco).
Car « les maires sont en première ligne, les plus menacés car les plus exposés pour les nombreuses responsabilités et décisions qu'ils ont à prendre au quotidien » a affirmé le Père Gaston Pietri. Des propos clairement confirmés par Ange-Pierre Vivoni.

Redonner force à une parole citoyenne démocratique
Alors, très concrètement, quels sont les moyens d’action de ce collectif pour lui permettre d'être véritablement efficace et que réclame t-il exactement ? « Notre force, c’est que nous ne sommes pas dans un discours mais dans une démarche de rassemblement, d’éveil des consciences et de libération de la parole pour entendre la société Corse s’exprimer » explique André Paccou. Car si le collectif réfute le fait d’être dans une logique de discours du type « c’est de la faute de l’Etat et des élus », il n’en demeure pas moins que le collectif souhaite également interpeller le ministre de l’Intérieur Manuel Valls et plus largement l’Etat sur cette problématique de la violence, affirmant que « de graves disfonctionnements au niveau de la récolte du renseignement et de la coordination des services de l’Etat ont été constatés et  par voie de conséquence, la pérennisation de la dramatique situation actuelle ».
Le modus-opérandi lui, est livré lors d’une séance de questions plus concrètes posées par la presse, notamment sur l’efficacité réelle d’une telle démarche. « Nous n’avons pas la prétention de faire changer le comportement des voyous par miracle ! Nous voulons redonner force à une parole citoyenne démocratique. Nous espérons ainsi libérer un espace démocratique pour susciter des réactions et interpeller les citoyens sur leur capacité à se mobiliser. Car à travers le temps, ce sont toujours les citoyens qui ont défendu au mieux leurs droits et leur liberté ! » a réaffirmé André Paccou.

Le collectif espère mobiliser toutes les forces vives de l'île lors de la réunion publique du 22 juin à Corte. (Photo : Yannis-Christophe Garcia)
Le collectif espère mobiliser toutes les forces vives de l'île lors de la réunion publique du 22 juin à Corte. (Photo : Yannis-Christophe Garcia)
« La violence a beaucoup changé en 20 ans. Aujourd'hui, elle est plus sournoise, cachée et parfois incompréhensible » Ange-Pierre Vivoni
Si libérer progressivement la parole peut effectivement être une nécessité, il n’en demeure pas moins que cette démarche est rendue difficile par la pression implacable d’une violence, qui prend logiquement le pas sur l’action. Et invite également à poser la question du doute sur la capacité de la population à réellement pouvoir s’élever contre une force, à la fois crainte et difficilement identifiable. « La violence a beaucoup changé par rapport à ce qu’il se passait il y a 20 ans. Elle est beaucoup plus sournoise, cachée et parfois incompréhensible sur ses motifs et ses actions » a affirmé Pierre-Ange Vivoni.
« Faire savoir que nous sommes prêts à montrer que nous refusons collectivement cette forme d’oppression des bandes armées est le début du processus » affirme enfin Gaston Pietri, avant que le président de la LDH ne conclue : « Nous allons poser les bases d’un vrai débat à Corte en montrant qu’il n’y a ni fatalité ni résignation. Ce sont les principes de la démarche qui doit progressivement impliquer toute la société Corse et la force à porter pour construire un meilleur avenir ».
Rendez-vous est donc pris à l’Università di Corsica à Corti, le samedi 22 juin dès 14h30, pour la tenue de la réunion publique du collectif. Seules la participation et l’adhésion massive (ou pas) de la population insulaire diront si, pour aussi louable qu’elle soit, la démarche impulsée par le mouvement aura de l’avenir et pourra commencer à faire bouger les lignes. Ou si elle se résumera simplement à un vœu pieux, à l’instar d’autres tentatives plus ou moins similaires…
Yannis-Christophe GARCIA   

* Les 11 membres du collectif "Contre les assassinats et la loi de la jungle"
- Jean-Claude Acquaviva (artiste)
- Jacques Fusina (universitaire)
- Philippe Gatti (ancien bâtonnier)
- Isabelle Luccioni (journaliste)
- Jocelyne Mattei-Fazi (présidente de l’association des maires de Corse-du-Sud)
- André Paccou (ligue des droits de l’homme – LDH)
- Gaston Pietri (prêtre)
- Linda Piperi (ancienne bâtonnière)
- Patrizia Poli (artiste)
- Noëlle Vincensini (présidente d’honneur de l’association Avà Basta)
- Ange-Pierre Vivoni (président de l’association des maires de Haute-Corse)




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