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Conseil départemental 2B : Examen de passage pour le Préfet de Haute-Corse !


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 23 Juillet 2015 à 23:51 | Modifié le Vendredi 24 Juillet 2015 - 03:20


Feux nourris de questions pour le Préfet de Haute-Corse, Alain Thirion, qui présentait, jeudi matin, aux conseillers départementaux de Haute-Corse, le rapport sur l’activité de l’Etat dans le département en 2014. Avec de nombreux dossiers polémiques et de pleine actualité : les aides aux agriculteurs, la gestion des déchets ou la xylella fastidiosa… L’aile gauche de l’hémicycle a choisi d’utiliser à plein cette occasion unique de faire remonter les soucis et les préoccupations des territoires dans une atmosphère plombée par la récente mise en examen pour détournements de fonds publics de leur ex-président et mentor, Paul Giacobbi. Explications, en vidéo, pour Corse Net Infos, d’Alain Thirion, sur le problème des déchets et sur la problématique du site de Tallone.


François Orlandi, président du Conseil départemental de Haute-Corse, et le préfet, Alain Thirion.
François Orlandi, président du Conseil départemental de Haute-Corse, et le préfet, Alain Thirion.
C’est un exercice obligé, une fois l’an, pour tout préfet, mais c’est la première fois qu’Alain Thirion, récemment nommé préfet de Haute-Corse, s’y livre. Devant un auditoire de conseillers généraux très fourni à gauche et plutôt clairsemé dans l’opposition, il a dressé un bilan des activités de l’Etat dans le département, en 2014, sur tous les sujets qui relèvent de sa compétence autour de trois axes principaux : la protection des populations, l’accompagnement économique et le service public. Un bilan contrasté pour une année 2014 qui a connu quelques turbulences. Très à l’aise et toujours affable, le Préfet évoque, d’emblée, « des attentes fortes » de la part des collectivités, mais entend, aussi, définir « ses priorités et ses préoccupations ».
 
Une délinquance en baisse
Première point abordé : la sécurité publique qui se caractérise par une diminution de la délinquance, - 15% pour la violence, -24% pour les cambriolages, -7,1% pour les atteintes aux biens et stagnation des atteintes aux personnes. Saluant l’évolution des méthodes et une meilleure coordination entre les services, le Préfet se félicite que « la lutte contre la grande criminalité et le crime organisé porte ses fruits. Ce constat ne doit pas nous amener à baisser notre garde ». Il rappelle que 6 homicides et 13 tentatives sont déjà comptabilisés pour les sept premiers mois de 2015 contre, respectivement, 8 et 10 en 2014. Et revient sur « les mesures fortes » prises récemment : la répression des trafics de stupéfiant et un plan d’action efficace contre les feux de véhicules, « ce phénomène semble davantage maîtrisé ».
 
La route, le point noir
Le point noir reste la sécurité routière, dont il entend faire « une priorité ». Le nombre d’accidents mortels est en augmentation. 15 personnes ont déjà perdu la vie depuis le début de l’année, soit trois fois plus qu’en 2014. A l’inverse, le nombre d’accidents et de blessés est en baisse. Le Préfet avertit qu’il mettra en œuvre tous les moyens pour réprimer les comportements à risques et intensifier les contrôles : contrôles banalisés, répression accrue de l’usage des téléphones et des oreillettes au volant, ciblage des opérations de contrôle aux abords des établissements festifs... Dans sa ligne de mire, l’alcool au volant : « A chaque fois que je le pourrai, si les faits sont avérés, je ferai fermer les établissements festifs qui seront à l’origine de l’alcoolisation excessive des conducteurs, et donc des accidents », prévient-il fermement.
 
Des risques majeurs
Alain Thirion insiste, également, sur les risques civils, technologiques, naturels et autres. « Pas une commune en Haute Corse qui ne soit pas concernée par au moins un risque ! Sur 236 communes, 70 sont couvertes par un PPR (Plan de prévention des risques) en cours ou approuvé… J’ai signé, hier, les nouvelles dispositions du plan ORSEC du département. Une première depuis 1991 ! ». Revenant sur les dégâts causés par les intempéries, il affirme que « le soutien de l’Etat aura été complet ». Il s’est élevé à 310 000 €, soit 25 % de la facture totale des orages de novembre 2014. Il appelle les élus à « diffuser le message des plans communaux de sauvegarde, insuffisamment développés dans le département ». Seules 14 des 73 communes à risques en sont pourvues.
Autres points noirs sur lesquels le représentant de l’Etat veut porter son action : les feux de forêts qui ont détruit plus de 2000 hectares en 2014 et la mise aux normes des établissements recevant du public dont 1/3 sont sous avis défavorable. Il glisse sur la xylella fastidiosa, dont la présence est signalée en Corse, et qui a donné lieu, révèle-t-il, à 125 contrôles sur le port, 3 refoulements et 14 destructions de plantes.
 
Les turbulences agricoles
Deuxième axe : le développement économique. Alain Thirion débute par le très controversé secteur agricole qui traverse, de manière récurrente, de fortes zones de turbulences dans ses rapports avec l’Etat. Il s’en tient prudemment aux 20 millions € d’aides de la PAC (Politique agricole commune) accordés aux 1085 exploitants insulaires. Il juge la réforme du dispositif « favorable à la Corse avec une importante revalorisation de ses droits, le montant annuel versé en Corse pour le 1er pilier est passé de 16 à 27 millions € ». Il liste les efforts « non négligeables » de l’Etat dans le domaine des calamités agricoles, notamment au niveau des clémentiniers, des amandes, des récoltes, de fourrages, d’olives… Pas sûr que les agriculteurs en général et les éleveurs en particuliers affichent la même satisfaction ! Encore moins sûr que la colère, qui gronde devant les atermoiements du Préfet de région sur la lutte contre la xylella fastidiosa, pousse la profession à faire montre de confiance et de patience dans les « efforts » et le « soutien » de l’Etat à son égard !
 
Plus de contrôles de légalité
Concernant le soutien de l’activité économique proprement dit, l’Etat, note-t-il, injecte, en moyenne, près de 40 millions € par an dans l’île. La 3ème vague du PEI (Plan exceptionnel d’investissements) porte sur 537 millions €. Puis, il remarque que le nombre de contrôles de légalité est en hausse. Le nombre d’actes a progressé de 20% en 2014, « fait classique d’une année électorale ». La situation s’est, par contre, améliorée concernant le respect du domaine public maritime avec seulement 13 procédures contentieuses en 2014 contre 33 en 2013, une division par deux des mises en demeure et la destruction de 3 établissements sur les communes de Borgo, Cagnano et Belgodère. 567 contrôles ont, aussi, été effectués pour lutter contre le travail illégal. Ils ont abouti à 38 procédures pénales.
 
Le coût du service public
Enchainant sur la politique de cohésion sociale, Alain Thirion remarque que 1500 jeunes ont été concernés par les contrats d’avenir ou d’insertion et martèle la détermination de l’Etat en matière de logement social et de résorption de l’habitat insalubre. Il dévoile la création prochaine d’un contrat de ville intercommunal avec l’agglomération bastiaise qui pourrait générer 3 millions € par an.
Sur le dernier axe du service public, le Préfet tente de déminer un terrain qu’il sait litigieux : « Je ne méconnais pas les interrogations liées aux services publics ruraux et aux attentes de la population. Nous devons y répondre clairement avec des données objectives, et en gardant à l’esprit la qualité des services publics, sans en oublier le coût ». Face au serpent qui se mord la queue, il prône un « maillage territorial cohérent et une concertation étroite avec les élus concernés ».
 
Les préoccupations des élus
Le rapport sur l’activité de l’Etat achevé, le Préfet se prête, de bonne grâce et avec beaucoup de courtoisie, aux questions des élus de la majorité départementale qui se bousculent à qui mieux mieux ! Loi NOTRe, réforme des intercommunalités, fusion des communes, fracture numérique, maintien du service public en zone rurale, gestion des déchets, électrification, dégâts causés par les intempéries et pas réparés, site amiantifère de Canari, xylella, érosion du littoral, rénovation des hôpitaux de Bastia et Tallone, problématique des urgences, panneaux publicitaires… Les doléances ont fusé de toutes parts à gauche.
A chaque fois, le Préfet assure les élus de son écoute et sa collaboration et promet de faire le lien avec les services concernés sans, pour autant, apporter de réponse concrète. Il botte souvent en touche, parlant de « faire de la pédagogie » et expliquant clairement que « le représentant de l’Etat est là pour faire appliquer la loi avec discernement », mais que « revenir sur le principe de la loi, c’est non ! ». Les élus sont repartis guère plus avancés qu’à l’arrivée, ce n’était pas l’enjeu de l’exercice. La session s’est poursuivie avec l’ordinaire. Une motion, demandant la prorogation de la dérogation corse sur la fiscalité du tabac, a été adoptée sans la voix du Dr Ghionga qui s’y est opposé.
 
N.M.

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