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Conseil Départemental de la Corse du Sud : L’aide de 10,5 millions pour Ajaccio votée à l’unanimité


le Lundi 20 Juillet 2015 à 18:16 | Modifié le Lundi 20 Juillet 2015 - 18:33


Il y a des Conseils départementaux qui marquent les esprits. D’autres les perturbent et certains se veulent désarmants ! Lundi dans les couloirs du département et de la préfecture, peu avant la sonnerie, les conciliabules ont été observés depuis la salle des délibérations. Par petits groupes, on s’est dit bien des choses, tellement même qu’on en a oublié la puissante sonnerie…et l’ordre du jour. C’est dire si les prochaines semaines et les prochains mois préoccupent nos élus ! Retard à l’allumage pour cause de chaleur ? Petites conversations entre amis sur fond de territoriales ? C’est aussi cela la politique, sans doute pour savoir qui fait quoi. Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirais qui tu es et ou tu dois aller !


Avant la présentation du plan de soutien en faveur de la ville d’Ajaccio sous la forme d’une délibération d'allègements d’emprunts, Pierre-Jean Luciani s’est adressé à l’assemblée à propos de cette délibération 113. Il a commencé par rappeler des évidences comme par exemple « quand on parle d’Ajaccio, on parle de la capitale de la Corse. Quand on regarde Ajaccio, on y trouve la moitié de la population, la moitié des emplois, la moitié des résidences principales de la Corse du Sud. Donc, quand on considère Ajaccio, il est aisé de lui reconnaître un poids en Corse. Or, il ressort qu’au compte administratif 2014, Ajaccio n’a reçu du Département que 18 euros par habitant, quand, par exemple, la commune d’Alata en a reçu 100 » lâche imperturbable Pierre-Jean Luciani qui rappelle qu’Ajaccio, avec l’arrivée d’une nouvelle équipe, a ouvert la voie à une collaboration nouvelle. 

Les raisons d’un choix logique
Le président du Conseil Départemental a rappelé les difficultés rencontrées à son arrivée par la nouvelle équipe, sans oublier de mentionner les décisions courageuses prises par Laurent Marcangeli pour redresser une «  situation budgétaire désespérée » selon ses propres termes, raison pour laquelle il a rappelé que la responsabilité du Département était de mettre en œuvre une efficace solidarité entre les deux collectivités : « Nous avons travaillé longuement avant de trouver une solution pour intervenir en faveur de la ville. Plusieurs hypothèses s’offraient à nous mais une seule s’est imposée, à savoir la prise en charge par le Département pour une période de trois ans d’une partie des emprunts de la ville afin de financer les investissements. Les raisons qui m’ont convaincu de retenir cette solution sont claires : 

La ville a peine à dégager un autofinancement. L’ancienne municipalité est partie en laissant Ajaccio dans une situation de surendettement. Sans parler des dotations de l’Etat en forte diminution, les charges héritées et la renégociation des emprunts toxiques

Le 27 juin 2003, une délibération jumelle avait été adoptée (alléger les emprunts de Propriano). Elle est devenue une source d’inspiration. Comme pour Ajaccio, la situation revêtait un caractère exceptionnel et devait permettre de dégager des marges de manœuvres indispensables à son développement. Le rapporteur de la Commission des Finances était alors Jean-Jacques Panunzi ! 

Le président du Conseil Départemental a enchaîné avec ce recours qui a été déjà utilisé par le passé. Il a d’ailleurs rappelé que les communes de la Corse du Sud pourraient elles aussi avoir recours à l’allègement d’emprunt si besoin s’en faisait ressentir : « Je ne leur souhaite pas mais les communes pourraient formuler une demande identique… Si vous aviez interrogé la centaine de maires présents le 10 juillet dernier au repas que j’ai donné en leur honneur, vous sauriez que ma volonté et celle de la majorité est de pouvoir aider toutes les communes qui en ont besoins. Voilà la vérité.  » 

Chjami e rispondi
Marcel Francisci
, président de la Commission des Finances succédait à Pierre-Jean Luciani et s’apprêtait à présenter le rapport d’allègement d’emprunts lorsqu’une série d’interventions intervint. 

Georges Mela : «Nous avons aussi des difficultés dans une ville comme Porto-Vecchio qui passe de 10 000 à 80 000 habitants en été. Je souhaite que ma ville soit traitée de façon égale et si je ne suis pas contre le fait d’apporter une aide à la ville d’Ajaccio, je proposerais un amendement à ma déclaration… »

M. Biancamaria :  « Je suis d’accord avec vous pour aider la ville d’Ajaccio en attendant le retour à l’équilibre mais la ville se doit de faire des efforts importants même si l’endettement reste faible. Je rappelle les propos de la Chambre Régionale des Comptes sur les problèmes graves récurrents… »  

Marie-Thérèse Baranowski : « Une subvention de plus de 10 millions d’euros sur trois ans, c’est du sérieux, je pense que l’organisation d’une concertation aurait été souhaitable et plus juste afin que l’assemblée se prononce dans la clarté. Je demande le report du vote de ce dossier afin que le Conseil Départemental puisse agir dans la sagesse… »

Jean-Jacques Panunzi : « Je pense que cette discussion aurait pu être évitée s’il y avait eu concertation… » 

Valérie Bozzi : « Il s’agit de comprendre. Nous sommes là pour délibérer, le débat a eu lieu lors de la Commission des Finances et tout le monde en était informé. Je ne comprends pas. Ici on délibère, sans plus… »

M. Mozziconacci : « Aider Ajaccio, personne n’est contre, mais on sait ce que devient le budget dans ce genre d’opération ? Un règlement a-t-il été établi ? Je pense qu’il convient de retirer ce document pour le représenter et mieux le gérer de façon plus sérieuse.

Marcel Francisci : « Je me félicite de savoir que l’opposition n’a rien contre cette aide à la ville d’Ajaccio sur trois années. Il est vrai que nous avons répondu à toutes les questions. Il convient de rappeler que 50% de la population de la Corse du Sud vit à Ajaccio. On ne peut pas dire « on est pour accorder cette aide mais retirez le vote » non, il faut voter ! »

Pierre-Jean Luciani : «Sachez que je ne retirerai pas ce rapport ! »

Pierre Cau : « La Commission s’est réunie en présence de tous, les opposants y étaient, ils se sont abstenus. On est pour ou contre !

Nathalie Ruggeri : « Je suis surprise par certains propos mais je me félicite de cette décision. Nous voterons… »

Pierre-Jean Luciani : « La polémique ne servira à rien. J’attends l’amendement de M. Mela. 

Georges Mela : « Chacun s’est exprimé, on comprend la position de chacun. Il doit y avoir un amendement car notre objectif n’est pas de voter contre Ajaccio mais que le projet soit amendé en fonction de ce qui a été dit… »

François Colonna : « Je ne suis pas contre cette aide à la ville mais la somme qui sera attribuée sur trois ans ne sera pas assez importante pour combler le déficit de la ville. »

Pierre-Jean Luciani : « Depuis le 2 avril dernier, je me suis engagé pour aider Ajaccio et j’en ferai autant pour les autres villes. Si je m’y suis engagé, pourquoi mettre en doute ma parole ? Aujourd’hui nous allons voter… » 

Jean-Jacques Panunzi : « Avez-vous mesuré les conséquences de ce que vous venez de dire ? Aujourd’hui c’est trois millions et demi par an mais si demain c’était 15 millions ? Je demande une suspension de séance ! »

Tout ça pour ça !
Au terme d’une quinzaine de minutes et d’un peu de fraîcheur réparatrice, la tension est très vite retombée. Seul Georges Mela s’est exprimé au nom du groupe: « Vous avez parlé de confiance, de parole plutôt. Avec le rappel de ces principes et des engagements réciproques, le groupe votera oui. »

C’est ce qui a été voté hier matin et à l’unanimité. Ce qui n’était pourtant pas du tout acquis au vu des discussions et du débat engagé entre le groupe conduit par Marcel Francisci et celui emmené par Jean-Jacques Panunzi. La formation conduite par Jean Jacques Panunzi voulait obtenir des garanties que cette aide accordée à la Cité Impériale pourrait se transposer à d’autres communes du département. Georges Mela évoquant même la possibilité d’un amendement portant sur ce fait. Au terme de ces quelques Chjami è Rispondi, de la parole donnée par le Président Pierre Jean Luciani que le dossier de chaque commune en faisant la demande serait étudié selon les mêmes critères, la délibération était votée à l’unanimité. Elle prévoit que le conseil départemental prendra à sa charge et pour une période de 3 ans la dette de la ville. 

Le Conseil départemental de Corse-du-Sud a donc voté à l'unanimité cette aide importante qui va permettre à la ville de continuer à investir. Malgré cette entente, la droite départementale semble plus que jamais divisée et les groupes de Marcel Franscici et de Jean-Jacques Panuzi n'ont toujours pas trouvé d'entente sur un éventuel partage des responsabilités. 

J.F





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