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Congrès CGT de Haute-Corse : Antoine Mandrichi passe la main


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 5 Décembre 2013 à 21:38 | Modifié le Vendredi 6 Décembre 2013 - 00:30


Lors de son 11ème congrès départemental qui se tient au théâtre de Bastia les 5 et 6 décembre, le syndicat CGT entend définir sa stratégie pour les 3 ans à-venir. Il élira, vendredi matin, une nouvelle équipe dirigeante et un nouveau secrétaire général en remplacement d’Antoine Mandrichi, qui passe la main après 9 ans d’exercice. Ce dernier, qui reste membre du bureau, secrétaire départemental et secrétaire général EDF, sera remplacé par Jean Pierre Battestini, secrétaire départemental et seul candidat à sa succession. Explications, pour Corse Net Infos, d’Antoine Mandrichi.


Antoine Mandrichi, secrétaire départemental et secrétaire général EDF.
Antoine Mandrichi, secrétaire départemental et secrétaire général EDF.
- Pourquoi avez-vous décidé de quitter vos fonctions ?
- Neuf ans, c’est assez long ! La CGT a besoin de se renouveler, de se ressourcer, de se rebooster et de permettre à des jeunes, des femmes, à tous ceux qui veulent nous donner un coup de main et nous aider à faire grandir notre organisation syndicale, de prendre place parmi nos rangs. C’est en ce sens que j’ai souhaité passer la main. Mais, je continuerai, en tant que secrétaire départemental, à être membre du bureau, à aider le futur secrétaire général dans ses responsabilités et à répondre présent, toutes les fois que le besoin s’en fera sentir.
 
- Pouvez-vous dresser un premier bilan de votre activité ?
- Le premier bilan tient, d’abord, dans le nombre d’adhérents : 3000. Il témoigne d’une confiance des salariés dans notre organisation syndicale qui est respectée, crainte et sait croiser le fer quand les besoins se font sentir. La CGT est capable d’être une force de propositions. Elle a remporté de nombreuses batailles notamment dans le secteur privé.
 
- Quelle est votre appréciation plus personnelle ?
- Savoir ce qu’a été ou ce qu’est le sentiment du Secrétaire général n’est pas, au sein de la GCT, une préoccupation première. L’outil CGT n’est pas au service d’un homme, c’est un homme qui, avec toute une équipe, doit se mettre au service d’une organisation syndicale dont l’intérêt de ceux qui la composent et, plus largement, dans l’intérêt de tous les salariés. Mon implication est peu de chose par rapport aux intérêts de l’organisation syndicale CGT. En toute humilité, je n’ai jamais recherché une quelconque reconnaissance à titre individuel. A partir du moment où les salariés étaient satisfaits de notre démarche et que les résultats étaient ceux attendus, j’étais, moi aussi, satisfait.
 
- Qu’avez-vous retiré de l’exercice de votre fonction ?
- J’en retire un enrichissement du point de vue des contacts, des échanges et des rencontres avec les salariés qui composent l’ensemble de nos syndicats. Il y a eu des moments difficiles que j’ai traversés avec eux. Des moments de joie, aussi, quand nous avons remporté des combats, et ils ont été nombreux. Des moments de doute… Mais, c’est tout ce qui fait la richesse d’un responsable syndical et son quotidien tout au long des années qu’il décide de mettre au service de l’organisation syndicale qu’il représente. Ensuite, j’ai eu, aussi, des contacts avec des hommes politiques, des préfets, des ministres. Tout ceci, bien sûr, au service de l’organisation syndicale dans l’objectif de créer les conditions pour que les décisions prises le soient uniquement dans l’intérêt des salariés.
 
- Quelles sont les actions dont vous êtes le plus fier ?
- Ce sont les actions qui ont consisté à épauler, dans plusieurs cas de figure, des salariés d’entreprises du secteur privé, qui ont vu leur salaire revu à la baisse et qui étaient menacés de licenciement. Nous avons créé les conditions pour que leur licenciement soit annulé et qu’ils soient maintenus dans les entreprises. Ce résultat est une fierté qui nous habite. Nous allons continuer ce combat comme nous continuons le combat pour tout ce qui concerne les questions de portée générale, régionale et nationale.
 
- Lesquelles ?
- Des questions concernant les réformes sur la retraite, le pouvoir d’achat, le travail du dimanche et la refonte de la fiscalité. Egalement tout ce qui concerne l’activité syndicale et politique en Corse. Aujourd’hui, on parle de réformer les statuts. Nous voulons que ces questions intègrent le volet social. Nous voulons, surtout, que le gouvernement, qui est censé être de gauche, change de cap et mette en place une politique de gauche. Ce qui n’a, malheureusement, pas été le cas jusqu’à présent ! Le travail syndical ne manque pas. Les revendications sont quotidiennes.
 
- Le combat sous ce gouvernement de gauche a-t-il été plus rude que prévu ?
- Jusqu’à présent, oui. On pensait pouvoir s’appuyer sur une orientation politique de gauche qui était censée aller dans le sens des intérêts des salariés, des chômeurs et des retraités. On s’aperçoit que le gouvernement et le président Hollande ne font que reprendre une politique de droite. Ils s’inscrivent dans la continuité de Nicolas Sarkozy avec une politique contraire à ceux qui souffrent. Elle tourne le dos aux intérêts des salariés, nous renvoie très loin en arrière et ne nous facilite pas la tâche. Face à cette politique, les salariés ont, souvent, tendance à baisser les bras alors qu’il faut se retrousser les manches, faire acte de solidarité et créer les conditions pour inverser la tendance et imposer à ce gouvernement de revenir sur les bases qui étaient les siennes au moment où il a mené campagne.
 
- Outre l’élection d’une nouvelle équipe, que va décider ce 11ème congrès ?
- Ce congrès va définir notre orientation politique et notre ligne syndicale pour les 3 prochaines années. Comment allons-nous nous organiser ? Comment ferons-nous face aux défis qui nous sont opposés ? Comment peser sur les choix gouvernementaux ? Quelle sera notre place, en tant qu’organisation syndicale, sur le terrain local, départemental et régional ? Comment va-t-on influer sur le pouvoir qui est dévolu à la Collectivité territoriale de Corse ? Comment pourrons-nous aider les syndicats du secteur privé qui ne sont pas structurés comme on le souhaiterait ? Comment répondre à leurs sollicitations ? Comment les mobiliser toutes les fois où le besoin s’en fera sentir ? Nous allons réfléchir à toutes ces questions pour, à l’issue de ces deux jours de congrès, être le plus efficace possible et répondre au mieux à toutes les demandes.
 Propos recueillis par Nicole MARI





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