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Commission européenne : L'IGP pour la Nuciola di Cervioni


Rédigé par le Mardi 29 Avril 2014 à 13:23 | Modifié le Jeudi 1 Mai 2014 - 00:43


La Commission européenne a décidé, mardi, de protéger la "Noisette de Cervione - Nuciola di Cervioni» en lui attribuant une Indication Géographique Protégée (IGP)


Commission européenne : L'IGP pour la Nuciola di Cervioni
La "Noisette de Cervione - Nuciola di Cervioni» est désormais protégée. La Commission européenne lui a, en effet, attribué une  Indication Géographique Protégée (IGP).
La demande introduite au mois de Décembre 2013 a en effet été validée ce mardi et sera publié prochainement au journal officiel européen. http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:C:2013:363:0010:0014:FR:PDF


Un peu d'histoire
La culture du noisetier est attestée en Méditerranée depuis la plus haute antiquité. Plusieurs auteurs de la Rome Antique et en particulier Caton l’ancien (234-149) dans le «Liber de agricultura» fait état de l’existence de plusieurs variétés et en conseille la culture. Bien plus tard au Moyen-Âge, les noisettes de Campani sont exportées vers le «Levant» où elles sont fort réputées.

Les liens privilégiés entre la Ligurie de l’antiquité, puis l’empire Romain et enfin la République de Gênes et la Corse permettent de penser que la noisette est également cultivée dans l’Ile depuis fort longtemps.

C’est au début du siècle dernier que cette spéculation a trouvé son essor et son apogée. 
La Corse subit en 1905, 1906 et 1907 des gelées exceptionnelles et le «Petit Bastiais » du 4 février 1907 publie un compte rendu de «L’année météorologique à Bastia».
Il constate la rigueur 
de l’hiver 1906 et les pluies importantes : 836 mm pour une moyenne annuelle de 771 mm.

«Bastia Journal» des 22 et 23 janvier 1907 fait état de gels records en Corse, en écho à la vague de froid qui sévit partout en France.

Ces gelées déciment les cédratiers insulaires, déjà menacés par la concurrence étrangère et la chute des cours.

Ce sont des noisetiers qui seront plantés à la place des cédratiers gelés et ce d’autant plus après la guerre de 14-18 que la main d’œuvre et la nourriture manquent : la conduite naturelle du verger et le complément d’alimentation de ce fruit riche en vitamines en oligoéléments sont les bienvenus.

En outre, la récolte s’effectuant juste avant les vendanges et la rentrée des classes, la main d’œuvre enfantine est fortement mise à contribution. Elle est récompensée par une spécialité culinaire typique de la région de Cervione : la «nuciolata », des noisettes fraîches caramélisées.

Le développement spectaculaire de l’industrie agroalimentaire entre les deux guerres encourage la culture de la noisette et fait de cette spéculation un complément de revenu (cf. Point de vue, revue de la SOMIVAC, Bastia, octobre 1977).

Producteurs et cueilleurs y trouvent leur compte et la noiseraie s’étend.
Après la libération, les institutions encouragent par des primes la plantation. Dans les années 60, la Corse était au sommet de la production. En 1963, le Conseil Général octroie une prime à la plantation de 15 francs par arbre.

En 1967, est créé le «Syndicat des producteurs de noisette de la région de Cervione », enregistrée au Journal Officiel de la République le 15 septembre 1967.
Le syndicat encourage la

plantation, souhaite coopérer avec l’INRA et l’INVUFLEC. Il réclame une réflexion sur la fiscalité des noiseraies.

La croissance constante de la demande, l’émergence de pays concurrents au coût de main d’œuvre faible comme la Turquie minore l’attrait du revenu lié à la noisette. Les deux dernières décennies du XX ème siècle voient le déclin de cette production en Corse et l’effondrement descours.

Cette situation perdure jusqu’en 1999, date à laquelle l’association «A NUCIOLA » relance cette production en s’engageant dans une démarche volontariste de qualité et de juste rémunération de la production. Le prix au kilo de la «Noisette de Cervione -Nuciola di Cervioni » est passé de 1,50 euro à 2 € euro de 2006 à aujourd'hui.

Aujourd’hui, le travail conjoint de l’association et de ses partenaires (institutions en particulier) débouche sur une extension des surfaces rénovées ou des nouvelles plantations.
Et désormais l'IGP

 




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