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Collectivité unique de Corse : Un tournant historique remarquablement négocié


Rédigé par Jean-François Vinciguerra le Vendredi 18 Novembre 2016 à 17:47 | Modifié le Vendredi 18 Novembre 2016 - 18:02


Tout est en place pour la construction de la future collectivité unique de Corse. Plus rien ne s’y oppose après l’accord -- historique -- qui a été signé hier en tout début d’après-midi à la Collectivité de Corse entre Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif, Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée de Corse, François Orlandi et Pierre-Jean Luciani, présidents des Conseils départementaux de Haute Corse et de Corse du Sud. Le train est en marche et la future collectivité enfin sur les rails du bon sens. E cusi sia


Est-ce que chacun a mis un peu d’eau dans son vin pour en arriver à un accord que l’on peut qualifier d’historique ?
La réponse est oui ! Les personnes animées de bonne intention pour la réussite d’une mission finissent toujours à trouver un terrain d’entente. Les quatre responsables politiques ont joué le jeu de la raison, de la marche en avant d’une région qui se veut résolument tournée vers l’avenir. Et celui de ses enfants.
Raison pour laquelle les présidents des quatre institutions ont fini par trouver le terrain d’entente idéal pour que le 1er janvier 2018, la collectivité unique de Corse soit en place. 

P.-J. Luciani : une mauvaise interprétation…
Le président du Conseil départemental de la Corse-du-Sud, dont on se rappelle certaines réticences, s’est exprimé le premier au sortir d’une réunion de travail fort constructive au demeurant. Il s’est surtout exprimé sur ce qu’il a qualifié de mauvaise interprétation :
«  Je n’ai quitté qu’une seule fois la séance. J’ai participé au début de ladite séance, celle intéressant les syndicats. J’avais d’ailleurs remis une motion de la part de ces derniers, mais aussi des personnels et des élus au président Talamoni. Je sais que cette réaction a été mal interprétée et cela a continué. Il y a des élus que je côtoie régulièrement qui m’ont demandé de faire comprendre que la politique de la chaise vide, c’est totalement faux. Ce sont ces mêmes élus qui ont pris contact avec les deux présidents que j’ai d’ailleurs rencontrés par la suite et nous avons longuement discuté. Je leur ai simplement dit qu’à partir de cette rencontre, j’étais prêt à faire un pas en avant envers mes collègues pour la Corse, pour nos enfants et petits enfants. Dès lors, il n’y avait plus aucune divergence. La preuve, le texte commun  est significatif de la bonne volonté dont tous, nous avons fait preuve. Nous entrons aujourd’hui dans une nouvelle phase pour travailler en parfaite synergie. »
 
J.-G. Talamoni : les mots pour le dire
Le président de l’Assemblée de Corse a pris la parole à son tour pour rappeler qu’un certain nombre de divergences s’étaient glissées dans le débat sur la construction de la future assemblée unique :
« Vous étiez conscients qu’il nous fallait nous mettre en ordre de marche pour préparer cette collectivité unie ( !) et non pas unique. Nous avons travaillé sur la question de la méthode, sur la manière de faire en sorte d’avancer à un rythme soutenu pour être dans les délais impartis par la loi. Le crois que l’élément essentiel c’est la volonté politique commune qui a, peut être, fait défaut jusqu’à présent. Je dois saluer l’attitude du président Luciani qui a su faire le premier pas même si nous avons fait chacun un pas vers les autres… »
 
F. Orlandi : le bon état d’esprit…
 La séance de vendredi matin s’est déroulée dans un excellent état d’esprit et cela, il convenait de le souligner. C’est d’ailleurs François Orlandi, président du Conseil Départemental de Haute Corse qui l’a fait lors de son intervention :
« En effet, grâce à cet état d’esprit, nous avons capitalisé sur ces travaux. Aujourd’hui c’est cette orientation que l’on partage de manière commune. Il va s’ensuivre dans cette stratégie, dans cet état d’esprit, une méthode, un fonctionnement, une mise en œuvre des travaux de cette collectivité qui sont différents, dynamiques et plus positifs que ceux que nous avons menés jusqu’à maintenant. Il y avait un certain nombre de points de divergences et ce qui a été fait est fondamental pour la suite des travaux… »
 
G. Simeoni : être clair avec les Corses
Pour Gilles Simeoni, le moment politique est important. Conscient des avancées, le président du Conseil exécutif a salué l’entente et le bon sens générés par les débats de la matinée :
« Le président Luciani se posait la question de savoir si ce moment était historique. Sans trahir sa pensée, il avait tendance à le dire. La suite nous le dira. C’est effectivement un moment politique important puisque la situation, après la signature de ce document est radicalement différente de ce qu’elle était avant. Il faut parler clairement. Bien sûr nous avons commencé à travailler avant, bien sur la loi NOTRe était ce qu’elle était, bien sûr, nous avons commencé à mettre en place, chacun dans nos collectivités respectives, des structures pour travailler à cette collectivité unique, bien sûr nous nous étions rencontrés à Corte en octobre avec les personnels, en juillet dans l’hémicycle de l’Assemblée de Corse, mais il y avait une situation qui demeurait bloquante. Pourquoi ? Je pense simplement que le président Luciani était réticent par rapport au processus d’ensemble et forcément, cela impactait l’ensemble du processus puisque, pour que la collectivité unique soit réussie, il faut qu’elle se construise entre les trois collectivités, leurs élus et leurs personnels. Dès lors que là où il fallait être quatre, il n’y en avait que trois, cela a impacté les personnels de Corse-du-Sud et la dynamique d’ensemble. Il est vrai que tous les mots de ce texte ont été pesés. Lorsqu’on dit conscient des enjeux et lorsqu’on le dit ensemble, ça veut dire que nous disons publiquement aux Corses, nous savons ce que représente la collectivité et combien c’est important. Lorsque nous nous disons désireux de dépasser les difficultés et les divergences antérieures, ça veut dire que nous ne taisons rien des difficultés rencontrées, ça veut dire que nous restons les uns et les autres sur des positions politiques différentes, mais que nous voulons dépasser les difficultés qui nous ont jusqu’à aujourd’hui entravé dans le processus de construction de la collectivité unique. Lorsque nous disons ensemble que nous sommes sensibles aux attentes des personnels et attentifs à leurs propositions, ça veut dire que nous avons entendu aussi les personnels qui sont placés sous notre autorité. Donc, nous avons décidé de dire publiquement oui, nous allons faire la collectivité unique, oui, nous allons la faire ensemble et oui, nous allons nous donner les moyens de la réussir pour le 1er janvier 2018. Il faut être clair avec les Corses. »  
J.-F. V

La déclaration commune

La loi NOTRe, en vigueur depuis le 7 août 2015, prévoit la création de la Collectivité de Corse au 1er janvier 2018.
 
Le Président du Conseil exécutif de Corse, le Président de l’Assemblée de Corse, le Président du Conseil départemental de Corse-du-Sud, le Président du Conseil départemental de Haute-Corse se sont réunis ce jour à Aiacciu.
 
Conscients de l’importance des enjeux, désireux de dépasser les difficultés et les divergences antérieures, sensibles aux attentes des personnels et attentifs aux contributions formulées par les organisations syndicales, ils ont décidé d’acter solennellement l’objectif commun : réussir ensemble la construction de la future Collectivité de Corse, en se donnant les moyens d’être prêts au 1er janvier 2018.
 
Cette volonté politique désormais partagée et publiquement affirmée est constitutive d’une situation nouvelle qui va permettre au travail d’ores et déjà engagé entre les trois collectivités d’entrer dans une phase dynamique.
 
Les conditions sont désormais réunies pour que les instances de coordination mises en place entre les trois collectivités puissent jouer pleinement leur rôle et préparer la naissance de la nouvelle Collectivité de Corse dans les meilleures conditions, ceci dans l’intérêt de la Corse et des Corses.
 
Gilles Simeoni, Président du Conseil Exécutif de Corse
Jean-Guy Talamoni, Président de l’Assemblée de Corse
Pierre-Jean Luciani, Président du Conseil Départemental de Corse-du-Sud
François Orlandi, Président du Conseil Départemental de Haute-Corse
 
 



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