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Collectif Per a Salvezza di u Celavu : "Des réponses qui ne viennent pas"


Rédigé par le Samedi 1 Août 2015 à 21:35 | Modifié le Dimanche 2 Août 2015 - 00:29


La mobilisation contre le projet d’installation d’un centre de regroupement, de transit et de tri des déchets non dangereux de faiblit pas dans le Celavu malgré l’absence de réponse de la préfecture, du Syvadec et de l’Office de l’Environnement de la Corse.


Collectif Per a Salvezza di u Celavu : "Des réponses qui ne viennent pas"
Ce sont 200 personnes venues de tout le Celavu qui se sont réunies sur la place de l’église ce dimanche en fin d’après-midi à Ucciani ; 200 personnes venues s’informer de l’avancée des actions du Collectif contre le projet, porté par la SAS AM-Environnement, d’implanter sur la commune au pont d’Ucciani sur les bords de la Gravona, un centre de regroupement, transit, tri de déchets dits non dangereux. Cette réunion a été la dernière après celles organisées dans tous les villages de la Communauté de communes de la haute vallée de la Gravona : Bocognano, Tavera, Vero, Carbuccia.
 
Lors de la réunion du 26 juillet à Ucciani, il s’est agi d’informer des actions menées pour dénoncer ce projet contre lequel 2500 personnes se sont positionnées en signant la pétition proposée par le Collectif. Parmi les signataires, des élus. Entre autres, Pascal Durand député européen d’Europe écologie les Verts, Laurent Marcangeli député de la Corse-du-Sud et maire d’Ajaccio, Josepha Giacometti conseillère territoriale, Alexandre Sarrola conseiller départemental de la Corse du Sud et maire de Sarrola-Carcopino,  tous les maires de la haute vallée de la Gravona etc… 
Une motion présentée par Femu a Corsica doit être discutée à la CTC à la rentrée, en septembre. Nadine Nivagionni et Ghjuvan Biancucci étaient présents à Ucciani tout comme Norbert Laredo di I Verdi Corsi. 
 
La mobilisation ne faiblit pas et la population s’interroge sur l’absence de réponse des services de la Préfecture alors qu’une réunion avec le Secrétaire général s’est tenue le 6 mars 2015 avec les membres du bureau du Collectif.  
José Brescaglia, président du Collectif Per a Salvezza di u Celavu poursuit :
"Promesse avait été faite de nous tenir informés rapidement sur les incohérences que nous avons soulevées ; notamment sur la localisation du projet. Le terrain est en partie inondable et couvert par un PPRI (Plan de Prévention contre le Risque d’Inondation). Des travaux illégaux ont eu lieu. Aucune réponse !"Le stockage des déchets est interdit en zone inondable. Aucune réponse ! Un terrain agricole deviendrait industriel dans une commune sans document d’urbanisme. Aucune réponse ! Un permis de construire a été accordé pour la construction d’un auvent sur un hangar agricole existant sans mention de l’utilisation industrielle de ce bâtiment. Aucune réponse ! Le stockage de déchets sur un terrain jouxtant la Gravone, inclus dans le SDAGE (Schéma Directeur de Gestion des Eaux) dont le but est, notamment, de réduire les pollutions des eaux ?  Aucune réponse alors que des déchets contenant des métaux lourds devraient y être stockés ! Une demande de permis de construire déconnectée du dossier de demande d’autorisation ICPE (Installation Classée pour la Protection de l’environnement) ? Aucune réponse… toujours et encore.
Soyons précis, une amorce de réponse nous a été faite. Il faut attendre la décision du tribunal administratif, suite au recours déposé par le président du Collectif contre le projet de la SAS AM-Environnement. Force est de constater que les promesses faites aux citoyens n’ont de valeur que si on n’y croit… ou pas ! "
déplore le président du collectif.

Le président du collectif stigmatise encore "certains  élus brillent par leur désintérêt pour la vie de leurs concitoyens et pour une vision cohérente du développement de la Corse, de son aménagement et de la localisation des infrastructures. Ceux là mêmes qui viendront chercher des voix au moment des élections territoriales ou municipales.  Ceux là mêmes qui « surfent » sur les thèmes du développement durable lorsque ça les arrange. Ceux là mêmes qui cherchent à discréditer l’action citoyenne qui est devenue une nécessité face à l’incurie dont certains font preuve lorsqu’il s’agit de parler d’intérêt général et non particulier  et lorsqu’il s’agit d’avoir une vision sur le moyen et le long terme de la Corse et de ses habitants.  La population, elle, n’a pas la mémoire courte et, peu à peu, elle se professionnalise dans l’étude des dossiers que ses représentants sont censés traiter dans la transparence."
"Nous attendons toujours une réponse du SYVADEC et de l’Office de l’Environnement de la Corse.
 
PADDUC, PPGDND (Plan de Prévention et de Gestion des Déchets Non Dangereux voté le 17 juillet 2015) ne sont que des coquilles vides si la vie quotidienne des populations, celles qui vivent, travaillent, élèvent leur famille n’est pas honnêtement et concrètement prise en compte. C’est particulièrement le cas pour les populations situées dans les communes rurales. Ces communes rurales n’ont pas vocation à devenir les déversoirs de tous les équipements polluants que le PADDUC et le PPGDND évitent soigneusement de localiser en laissant le champ libre à des porteurs de projet  privés. Les communes et communautés de communes limitrophes des grands pôles urbains sont en passe de devenir les laissés-pour-compte des logiques opportunistes de contournement du prix du sol élevé dans les espaces urbains avec l’assentiment, direct ou indirect, de certains élus et des services de l’Etat. Dans ces communes rurales il y a des populations qui ne sont pas prêtes à se vendre sur l’autel d’un développement durable qui n’a de durable que par les profits qu’il génère pour certains.
La géographie à géométrie variable n’est pas un outil de gouvernance et d’aménagement du territoire. Elle est un outil de gestion du territoire à condition d’être utilisée à bon escient. Le Collectif, et à travers lui tous les signataires de la pétition, demande que la localisation des infrastructures soit discutée à l’Assemblée de Corse lorsqu’il s’agit d’équipements comme celui d’Ucciani.  Un centre regroupant des déchets doit se situer à proximité de la principale zone de production des déchets, ici Ajaccio et sa périphérie proche comptant 80 000 habitants, et non dans une Communauté de communes  située à plusieurs dizaines de km et de 2 000 personnes. Il faut savoir que les déchets recyclables reviendront à Ajaccio pour y être exportés vers le continent.
Nous ne remettons pas en cause la nécessité du tri des déchets et de leur recyclage. Lors des réunions de très nombreuses questions ont montré une réelle sensibilité de la population pour le tri, le compostage. Nous remettons en cause une industrie des déchets opportuniste et une localisation dont le choix se fait selon une approche purement économique et financière. Nous remettons en cause un PPGDND qui laisse la possibilité de voir s’installer, en dehors de toute logique spatiale et territoriale, des infrastructures dont personne ne connait l’évolution.
 
Au-delà des discours d’intention et de convenance, ou pire portés par des intérêts économiques lucratifs, il serait peut-être temps pour certains de nos responsables élus de prendre la mesure des évolutions dans notre société, des compétences qui y sont présentes et que la mobilisation citoyenne est une réalité.
Les 20 prochaines années ne doivent pas ressembler aux précédentes.  Des années  qui se sont caractérisées par des décisions prises dans l’urgence ou par l’absence de décisions sur des sujets, comme celui des déchets ménagers, considérés comme peu valorisants par certains de nos élus. Tallone en est un exemple dramatique et nous ne pouvons qu’être solidaires de l’action menée par l’Associu per l’Arena pour faire respecter la loi littoral.
 
La Corse n’est belle que par les populations qui y vivent et la mettent en valeur de façon raisonnée. A condition de ne pas oublier que la Corse est aussi celle de l’intérieur. A condition de vouloir voir cette Corse là et de soutenir ceux qui continuent à croire que l’attrait de la Corse ne se limite pas à une carte postale qui risque de devenir une image d’Epinal si nous laissons certains contourner la loi et le droit. "



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