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Chambre de commerce et d’industrie d’Ajaccio et de la Corse-du-Sud : Jean-André Miniconi élu président


José Fanchi le Vendredi 20 Mars 2015 à 17:47

Pas de suspense vendredi matin matin lors de l’assemblée générale de la CCI 2A . Un seul candidat était en lice et c’est donc sans surprise que Jean-André Miniconi a été élu président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Corse du Sud. Ce ne sera certainement pas une sinécure, bien au contraire, le travail ne manque pas avec d’entrée, le redressement des finances de l'établissement consulaire. Sur le fond de roulement, l'Etat va prendre plus d’un million d'euros, c'est dire qu'il va falloir se battre pour maintenir la CCI et ses emplois. En clair, la CCI est ainsi à un tournant de son histoire. On a pu se rendre compte vendredi matin que la détermination était bel et bien présente



Chambre de commerce et d’industrie d’Ajaccio et de la Corse-du-Sud : Jean-André Miniconi élu président
« L’expérience est la seule voie pour convaincre. Il va falloir faire mieux avec moins » a souligné le nouveau président qui doit élaborer un nouveau document, le budget prévisionnel qui devra être présenté au préfet. La chambre doit éviter à tout prix la mise sous tutelle renforcée. Cela avait été souligné par le préfet Christophe Mirmand lors de la dernière assemblée générale qui s'est tenue en janvier dernier, alors que la présidente, Nathalie Carlotti, était déjà démissionnaire. Elle avait en effet présenté sa démission devant les élus de la CCI le 27 janvier dernier et avait souhaité quitter son poste de présidente pour raisons familiale et professionnelle.  Elle avait été élue en 2013, à la suite de l'assassinat  du président Jacques Nacer. On se rappelle qu’à l’époque, la tâche n’était guère facile. Elle avait fait front avec courage et détermination.
 
Effort, volontarisme, humilité
Jean-François Antonetti, président par intérim, a ouvert la séance en déclarant qu’il fallait impérativement rendre à la CCI le souffle dont elle aura besoin au cours des prochains mois : « Je souhaite une réussite totale au nouveau président » a-t-il conclu avant de procéder au vote à bulletin secret. Sans surprise, Jean-André Miniconi a été élu à l’unanimité et longuement applaudi par la nombreuse assistance. Comme nous allons le constater, le nouveau président a soulevé tous les dossiers en cours et évoqué les difficultés auxquelles la Chambre devra faire face pour y arriver :
 
« Ce n’est pas sans une réelle  émotion, vous le comprendrez aisément que je m’exprime devant vous. Mes premiers mots s’adressent tout naturellement à mes collègues qui m’ont choisi  pour présider notre organisme consulaire. J’en mesure l’honneur, tout en ayant conscience des défis qu’il faudra relever. Chacun sait  que notre Chambre, a l’image de nombre d’autres, se trouve dans une impasse  financière. Les causes sont connues, une baisse des dotations fiscales, un prélèvement exceptionnel de près d’un million d’euros, une crise économique profonde et durable, les effets de la grève SNCM, le tout agrémenté d’une incapacité de notre institution à se réformer en profondeur. Tout cela, nous a conduit aux grandes difficultés auxquelles nous devons faire face aujourd’hui.
Je ne pense pas que ce soit l’instant opportun de détailler les mesures ponctuelles et structurelles que j’entends préconiser pour redynamiser notre chambre. Nous allons donc agir, dans la plus grande transparence, avec dynamisme et concertation.
 Concrètement il s’agira de faire mieux avec moins. Cela peut paraitre  ambitieux. Mais  en regard de la situation, aucune alternative n’est de mise. Se satisfaire de cautères sur jambes de bois serait sans conteste des palliatifs  illusoires qui ne feraient que retarder une échéance néfaste à laquelle je ne souscris pas. Nos ressortissants, qui se débattent dans une crise  majeure, sont  légitimement  en droit d’attendre des  édiles que nous sommes  des réponses  et un soutien.  Revenir aux  fondamentaux, tel est notre insigne mission et pour tout dire notre devoir cardinal. Remailler le tissu économique, conseiller les entreprises, former les hommes,  voilà l’enjeu ! Le  défi  pourrions-nous dire !
 Il est de notre devoir de marteler avec force que le temps est venu de  faire émerger une cause commune. Celle de la réussite collective. Cela, j’en suis persuadé, est non seulement souhaitable mais également possible. A condition de se retrousser les manches. J’y suis prêt, et je sais, chers collègues, que vous l’êtes tout autant. Voilà qui implique d’abord et avant tout, de n’être point passifs et défaitistes, mais  de consolider notre fonction d’acteurs de la vie économique, qui renvoie naturellement à la défense des commerçants. 
Echanger, ouvrir des espaces de dialogue, mettre en symbiose nos forces avec d’autres. N’est-ce pas en l’occurrence, le moyen privilégié d’ouvrir le chemin de l’essor partagé, que chacun appelle de  ses vœux ? Je le crois profondément. A cet égard, nous veillerons à fiabiliser et  rendre efficients les rapprochements avec la mairie d’Ajaccio, la CAPA, l’Assemblée de Corse, le Conseil général, L’Université de Corse, sans oublier les autres chambres consulaires et organisations professionnelles. 
J’évoquerai ainsi, la situation du Palais des congrès. Il accuse un fort déficit. Nul ne l’ignore.  Plutôt que de verser dans des comptes d’apothicaires, je préfère regarder l’avenir et répéter avec force qu’une telle structure ne peut pas et ne doit pas disparaitre. Il conviendra de rechercher des solutions en partenariat avec les institutions. Des  remèdes existent. Nous les appliquerons, en ayant présent à l’esprit que le Palais des Congrès doit être pleinement un facteur d’attractivité du centre ville et de développement économique.
En corollaire, oserais-je rappeler qu’une Chambre doit aussi prendre toute sa place dans son rôle d’aménageur urbain ? Dès lors il nous appartiendra de mettre en œuvre l’important projet du fonds de baie qui sans conteste changera le visage de notre Cité. Mais pour l’heure nous devons nous concentrer sur l’épineux  problème du parking du centre ville.  Notre centre ville qui ne doit pas mourir.  Nous devons le revitaliser, le revigorer.
Enfin, le rôle d’une chambre est de penser l’avenir. Nous devons nous interroger sur le développement économique et sur les moyens d’y parvenir. Nous devons mener des réflexions pointues et sans concessions sur la politique des transports, sur la coopération transfrontalière avec nos voisins, sur la fiscalité, sur la politique de formation. Des projets, comme la mise en place d’une continuité territoriale avec l’Italie, de l’enseignement à distance, d’incubateurs dans le domaine des nouvelles technologies doivent êtres explorés sans tabous.
Je ne terminerais pas cette brève  allocution sans  saluer la tâche accomplie par Nathalie Carlotti. Elle a su  assurer une présidence dans un moment difficile. Sa démission pour raisons personnelles ne doit pas amputer le travail qu’elle sut accomplir durant son mandat.
Mes chers amis, à l’instant de conclure, je livre à votre réflexion ce propos de Raymond Barre. « Un avenir cela se façonne, cela se veut ». Pour ma part, je veux un avenir pour la Corse et  pour nos enfants. »

Membres et commissions

Jean-André Miniconi a procédé ensuite à l’élection des membres du bureau. Ont été élus :
 
1er vice-président : Antoine Mondoloni
2e vice-président : Marc-Marie Papi
3e vice-président : Jean-Luc Espinot
4e vice-président : P. Benedetti
Trésorier : Ambroise Fieschi
Trésorier adjoint : P. Rocca
Secrétaire : F. Massa
Secrétaire adjoint : Evelyne Federicci
 
A la suite des démissions de ces dernières semaines, les différentes commissions ont été mises
En place. Ont été élus :
Commission des finances : P. Leandri
Commission consultative : A. Mondoloni
Commission aéroport : Jean-Luc Espinot
Commission des ports : Paul Leonetti et Marcel Leandri
Commission transports : Jean-Luc Espinot
Commission Economique : Jean-André Miniconi
Commission action communale : Jean-Claude Meyer
Commission Tourisme : Gérard Jodinot
Commission élections : Paul Leonetti
 
Se serrer les coudes et la ceinture !
 
Jean-André Miniconi s’est aussitôt mis au travail, c’est le moins que l’on puisse dire. Il n’y a pas de petites économies. Le nouveau président, pour bien montrer ses intentions d’aller de l’avant, de sauver ce qui peut l’être encore, a enchaîné avec trois résolutions :
  1. Suppression de l’indemnité globale pour les frais de bureau
  2. Plafonnement pour les frais repas et frais des élus
  3. Plafonnement pour les frais de mission du pêrsonnel
« Il est important de montrer l’exemple » a simplement dit Jean-André Miniconi suivi par l’ensemble des élus qui ont voté à main levée et à l’unanimité ces premières mesures.
 
Relever tous les défis
 
Antoine Mondoloni, président de la Chambre Régionale s’est exprimé à son tour !
« L’onori so frastorni » dit un vieux proverbe (se donner du mal), eh bien nous y voici !, mais nous sommes des chefs d’entreprise, les difficultés, les ennuis, nous les surmontons tous les jours. Je suis certain que nous allons relever cet immense défi. La CCI, faut-il le rappeler, vit dans un traumatisme permanent.
Nathalie Carlotti a mis toutes ses forces pour effacer cette blessure et remettre notre institution en route. Elle s’est investie énormément en restaurant la confiance, en redonnant l’espoir aux entreprises et rassuré les salariés sur la pérennité de la CCI. Elle a beaucoup donné. Vous arrivez dans un contexte difficile certes mais vous nous avez déjà rassurés avec une équipe dynamique autour de vous. Et cette dernière, je puis vous l’assurer, est d’ores et déjà mobilisée. Il est impératif d’éviter une quelconque mesure et nous allons l’éviter avec le concours de tous : élus et salariés, quel que soit le niveau hiérarchique. Les élus seront exemplaires, le respect sera le quotidien de notre institution : exemplarité, équité, respect sont les maîtres mots qui me viennent à l’esprit. Nous allons travailler de manière constante et continue. Nous allons recentrer la Chambre sur son métier de base, à savoir
 
  • L’aide et le conseil aux entreprises
  • Sur son originalité, la mise en œuvre de projets permettant le développement économique.
 
J. F.