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Chambre d’agriculture de Haute-Corse : Christian Orsucci élu président


Rédigé par Nicole Mari le Mardi 3 Décembre 2013 à 19:34 | Modifié le Mardi 3 Décembre 2013 - 23:13


Après l’invalidation par le tribunal administratif en 1ère instance, confirmée par la Cour d’appel de Marseille, de l’élection de Jean-Marc Venturi pour cause de dépassement d’âge, la Chambre d’agriculture de Haute-Corse a élu, mardi soir, son nouveau président. C’est, sans surprise, le seul candidat en lice, Christian Orsucci, également président de la SAFER, qui a été élu, donnant lieu à une valse de postes. Réactions, pour Corse Net Infos, de Christian Orsucci et de Jean-Marc Venturi qui continueront à travailler ensemble.


Christian Orsucci, nouveau président de la Chambre d’agriculture de Haute-Corse, également président de la SAFER.
Christian Orsucci, nouveau président de la Chambre d’agriculture de Haute-Corse, également président de la SAFER.
A la demande du préfet de Haute-Corse, Alain Rousseau, l’élection du nouveau président s’est, étrangement, effectuée à huis-clos. Elle s’est déroulée, rapidement, en à peine une heure, et en douceur. Sur 43 délégués inscrits, 36 étaient présents dont 3 membres de l’opposition. Ces derniers ont assisté à l’élection du président, puis ont quitté la salle.
Seul candidat en lice, le président de la SAFER Christian Orsucci a recueilli 33 votes pour, aucun vote contre. Les trois votes restants se répartissant en 2 blancs et 1 nul.
Pour pouvoir recaser Jean-Marc Venturi, l’assemblée générale a, également, procédé à deux nouvelles élections : celles des 1er et 3ème vice-présidents.
Joseph Colombani, qui était 1er vice-président, a démissionné la semaine dernière pour laisser sa place à Jean-Marc Venturi. Il a été élu 3ème vice-président. Il reste toujours président de la Chambre régionale.
Jean-Marc Venturi a été élu, à l’unanimité des présents, 1er vice-président, président délégué, ordonnateur suppléant de la Chambre d’agriculture et délégué à l’APCA (Assemblée permanente des Chambres d’agriculture). Ce dernier siège lui a été, également, cédé par Joseph Colombani.
Sébastien Costa a conservé son siège de 2nd vice-président qu’il occupait, déjà, lors de la précédente mandature.

Christian Orsucci : « Mon élection ne changera rien »
 
- Vous venez d’être élu président. Quelle est votre réaction ?
- Cela fait toujours plaisir d’être reconnu par les siens ! Mais, mon élection était un secret de polichinelle. Tout le monde savait que, si l’élection de Jean-Marc Venturi était invalidée, j’aurais pris sa succession pour que nous puissions continuer à travailler ensemble et à accomplir la mission qui nous a été confiée par le monde agricole.
 
- Votre élection va-t-elle changer quelque chose ?
- Sincèrement, elle ne changera rien ! Je suis élu dans le monde agricole depuis 1998, avec l’équipe Suzzoni, aujourd’hui avec l’équipe Venturi. Nous avons réussi à faire l’union avec la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles). Nous avons toujours géré la Chambre d’agriculture en équipe. Ce n’est pas parce qu’on change le capitaine que les choses changent ! La stratégie et le fonctionnement resteront les mêmes avec une équipe qui nous permet de bien gérer cet outil.
 
- Votre présidence prend-elle effet tout de suite ?
- Oui. Aujourd’hui, nous sommes en état de marche et nous avons intérêt à l’être. De gros dossiers sont en route et se renégocient jusqu’à la fin de l’année, sans pouvoir aller au-delà. C’est bien dommage que des professionnels soient venus un peu enrayer cette synergie qui s’était mise en place avec l’unité du monde agricole. 72% des électeurs avaient approuvé la démarche d’union et notre liste pour la Chambre d’agriculture.
 
- Quels dossiers ?
- La PAC (Politique agricole commune) et le PDRC (Plan de développement rural de la Corse) sont, actuellement, en négociation. La Corse a, peut-être l’opportunité, il faudra, en tous cas qu’on la saisisse, d’obtenir un rééquilibrage par rapport à une moyenne nationale. Nous devons tout faire pour que ce dossier soit validé et aboutisse dans les prochains jours. Nous n’avons pas intérêt à flancher et à nous arrêter en chemin. C’est pour cela que l’équipe doit continuer à œuvrer dans le même sens.
 
- Qu’en est-il de l’indemnisation que doit attribuer l’Etat aux éleveurs, suite à la fièvre catarrhale ?
- Nous n’avons pas, pour l’instant, de réponse définitive de l’Etat. Elle devrait être imminente. La Chambre d’agriculture a, énormément, travaillé, sur ce dossier. J’espère que nous aurons été entendus et que les indemnisations seront à la hauteur de nos attentes.
 
Propos recueillis par Nicole MARI

Jean-Marc Venturi, nouveau 1er vice-président, président délégué, ordonnateur suppléant de la Chambre d’agriculture et délégué à l’APCA.
Jean-Marc Venturi, nouveau 1er vice-président, président délégué, ordonnateur suppléant de la Chambre d’agriculture et délégué à l’APCA.
Jean-Marc Venturi : « Pour moi, c’est presque mission accomplie ! »
 
- Comment prenez-vous votre éviction ?
- Je suis serein. Mon objectif de départ était de faire l’union, au sens le plus large possible, du monde agricole corse qui avait été tellement déchiré. Nous y sommes arrivés, non seulement en Haute-Corse où nous avons obtenu 75% des suffrages en agglomérant le maximum de gens, mais en Corse-du-Sud où notre union générale a permis la victoire de Stéphane Paquet. Aujourd’hui, nous travaillons en symbiose. La Chambre régionale existe. Pour moi, je dirai que c’est presque mission accomplie ! Ensuite, la gestion de la Chambre a été attaquée, mon élection a été invalidée.
 
- Avez-vous le sentiment qu’une page se tourne ?
- Oui. Aujourd’hui, la page se tourne. J’avais la possibilité d’aller en cassation auprès du Conseil d’Etat. J’ai préféré couper court pour éviter que des bruits malsains ne se propagent. L’institution mérite d’avoir un chemin de tranquillité. J’ai, le plus vite possible, organisé cette élection afin que le personnel, les élus et le monde agricole sachent qui fait quoi, qui dirige quoi et qui ordonne. C’est, aujourd’hui, chose faite. Le président Orsucci a été élu à une écrasante majorité.
 
- Allez-vous travailler avec lui ?
- Bien sûr. Nous allons travailler en symbiose, en binôme. Nous partagerons le même bureau. Ce changement de président ne changera pas grand chose, ni au fonctionnement de la Chambre d’agriculture, ni à la suite des opérations, ni à la représentativité que je vais avoir au nom du monde agricole et auprès de toutes les instances. Il fallait arrêter ce jeu malsain de déstabilisation que nos adversaires ont lancé de manière un peu irresponsable. On ne déstabilise pas une institution où travaille une soixantaine de personnes parce qu’à un moment donné, on a estimé que, dans la lecture du code rural, le président a dépassé l’âge de 3 mois.
 
- Ce changement de tête ne change-t-il vraiment rien ?
- Cela change forcément ! Dans le système dans lequel nous sommes, la hiérarchisation est importante. Je viens d’être élu 1er vice-président, président délégué et ordonnateur suppléant. Nous allons travailler avec le président Orsucci comme avant. C’est pour cela que mettre des agriculteurs devant le Tribunal pour si peu, c’était vraiment dérisoire par rapport aux enjeux et aux problèmes auxquels tout le monde est confronté. Ce n’est pas très responsable pour des gens qui se disent eux-mêmes des élus du monde agricole.
 
- Votre élection est quand même illégale !
- J’estime que mon mandat est légitime car 73% des agriculteurs me l’ont donné. Je ne peux pas espérer mieux. Le préfet l’a fort bien dit. Au moment où j’ai été élu président, le précédent préfet n’était absolument pas en capacité de lire la loi. La lecture du code rural était très compliquée. Il s’agissait d’âge révolu. Parfois, l’âge est révolu, 1 jour de plus que l’âge. Dans beaucoup de textes, c’est 364 jours de plus. Si on demande à n’importe qui son âge, il ne dit pas l’âge de son prochain anniversaire, il dit l’âge du dernier anniversaire. J’avais 65 ans, le jour de l’élection. C’était très plaidable. Il se trouve qu’il n’y avait pas de jurisprudence. Le Tribunal administratif et la Cour d’appel ont jugé différemment. Je m’incline devant la décision. Je n’ai pas d’autre commentaire à faire.
 
- Qu’allez-vous faire maintenant ?
- Je vais continuer à travailler pour faire au mieux au niveau de la réforme de la PAC et du PDRC et faire indemniser au mieux les agriculteurs touchés par la fièvre catarrhale.

 Propos recueillis par Nicole MARI

Assemblée générale de la Chambre d'agriculture de Haute-Corse.
Assemblée générale de la Chambre d'agriculture de Haute-Corse.
Des réactions après l'élection de Christian Orsucci

Après l’élection du nouveau président, la Chambre d’agriculture de la Haute-Corse a réagi :
« La Chambre d’agriculture de la Haute-Corse s’est réunie ce 3 décembre 2013 en session à Bastia pour procéder à la réélection de son  Président suite à l’invalidation à ce poste, de Jean-Marc VENTURI, prononcée par  le tribunal administratif de Marseille.
L’élection a été invalidée suite à un recours au T.A. de Bastia déposé Madame et Messieurs Lazzarini, Fluxia, et Maestrini pour «dépassement de la limite d’âge » (65 ans révolus). M. Venturi avait 65 ans et 3 mois au moment de l’élection.
Le débat sur la signification de l’âge « révolu » a été tranché par la cour d’appel de Marseille. M. Venturi, avec sagesse a décidé de ne passe pourvoir  en cassation.
Nous regrettons simplement que face aux difficultés et aux enjeux de l’avenir de notre agriculture, la seule préoccupation de nos opposants ait été un point de droit chicanier.
Nous rappelons que la contestation est intervenue alors même que les résultats des urnes ont démontré la volonté des agriculteurs, des anciens exploitants, des salariés agricoles, des coopératives c’est-à-dire de 75% du monde agricole, de porter Monsieur Venturi à la tête de la Chambre d’agriculture pour travailler dans une large union.
Pour notre part, nous avons élu ce jour Christian OrsucciI à la Présidence de la Chambre d’Agriculture de Haute-Corse, ce qui nous permet de rester sur les axes et les priorités pour lesquelles nous nous sommes engagés envers les agriculteurs de Haute Corse.
Nous avons renouvelé notre totale confiance en Jean-Marc Venturi. Il assurera les fonctions de président délégué en tant que premier Vice-Président  et ordonnateur suppléant. Il reste impliqué totalement et de façon décisionnaire dans l’avenir du monde agricole Corse.
Nos priorités ne sont pas dans des recours judiciaires longs et stériles.
Alors que nous sommes en pleine négociation des soutiens de Politique Agricole Commune pour la Corse,
Alors que le monde de l’élevage subit une crise sanitaire majeure avec la fièvre catarrhale,
Alors que le Programme de développement Rural de la Corse pour 2014-2020 est en cours d’écriture et que les agriculteurs continuent à subir les affres de la MSA,
Nous leur réaffirmons notre engagement à répondre à leurs préoccupations et à faire du secteur agricole l’un des moteurs du développement de l’île. »

Autre réaction de ILOCC - Comité Economique Fruits et Légumes – APFEC – CIV – OMC – Corsica Vaccaghja – Oliu di Corsica – GIE Corsicamandes - AOC Brocciu – Capra Corsa – AREFLEC – CIVAM Bio – Associu Rigiunale di Furmaggli - la CANICO – La FRCA – Cave Coopérative d’Aléria – Cave Coopérative d’Aghione – UVIB – Cave Coopérative de la Marana – Cave Coopérative de St Antoine.
« Alors que nos préoccupations actuelles sont de construire une agriculture Corse forte, créatrice de richesse et d’emplois dans le cadre de la nouvelle PAC 2014/2020, certains pseudos représentants du monde agricole, ont amené des responsables agricoles devant les tribunaux. Pourtant l’avenir de notre secteur ne dépend pas des deux mois de dépassement d’âge de Mr JM Venturi. Et ces considérations nous semblent bien loin des nôtres.
Jean-Marc Venturi  ne perd en rien la légitimité qui l’a porté à la tête de la Chambre d’agriculture de Haute-Corse. Il poursuivra aux côtés de Christian Orsucci nouveau Président la politique et les engagements qui ont permis à cette liste de remporter la victoire aux dernières élections. Cette liste d’union a remporté les suffrages de près de 75% des agriculteurs de Haute-Corse.
Nous leur renouvelons notre confiance pour porter nos projets et travailler de concert avec les agriculteurs de Corse-du-Sud, dans le cadre de la Chambre Régionale d’Agriculture. Nous soutenons la nouvelle organisation mise en place par l’Assemblée Générale. 
»




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