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Cérémonie pour André Giusti et Jules Mondoloni à Ajaccio


Rédigé par le Jeudi 19 Juin 2014 à 23:57 | Modifié le Vendredi 20 Juin 2014 - 00:36


La fusillade du 17 juin 1943 au cours de laquelle André Giusti et Jules Mondoloni héros et martyrs de la Résistance sont morts sous le feu de l'ennemi, est chaque année commémorée là où était la Brasserie Nouvelle à Ajaccio ainsi que dans leurs villages de Santa Maria Sicchè et Pitretu-Bicchisgià.


Une cérémonie qui s’est déroulée en présence en présence du directeur de l’Office Nationale des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, des représentants du CG2A, de la mairie d’Ajaccio, de l’exécutif de la CTC, des autorités civiles et militaires, des associations patriotiques et de leurs portes drapeaux et des membres des familles des deux combattants.
Cette année, un hommage a aussi été rendu à Rosette Luccioni- Faggianelli partie le 2 mai dernier et qui avait permis  lors de la fusillade de la Brasserie Nouvelle à ses camarades d’André Giusti et Jules Mondoloni de prendre la fuite par l’arrière du bar que tenaient ses parents et d’échapper ainsi aux griffes des agents de l’OVRA. 

Intervention d’Hélène Giacomoni, membre du bureau de l’ANACR 2A

André GIUSTI se trouve à Paris au début de l'occupation allemande. Il prend spontanément contact avec les premiers dirigeants de la résistance. Son cran est tel qu'il est choisi pour faire partie des équipes de patriotes qui ont pour tâche d'éliminer les traîtres de la région parisienne. Traqué par la Gestapo, à la suite d'un attentat manqué contre LAVAL, il échappe aux poursuites et rentre en Corse avec sa femme et sa fille Jacqueline. Il s'installe à Santa Maria Sicché, village de sa femme.
Après le débarquement des Italiens, dès novembre 1942, il est contacté par Arthur Giovoni et Nonce Benielli, tous deux organisateurs de ce que sera le Front National de Libération.
Il est chargé, par eux, d'organiser la résistance à Santa Maria Sicché et dans le canton. Il rallie ainsi à la lutte contre l'occupant de nombreux patriotes, si nombreux qu’il est difficile de les nommer tous.
Jules Mondoloni, mobilisé, prend part à la campagne de France en mai 1940. Fait prisonnier, il s’évade en octobre 1940 et parvient à rejoindre la Corse. C’est un homme aguerri, conscient de la nécessité de la lutte que rencontre Jean Nicoli qui s’adressera à lui pour être l’un des organisateurs du Front National de Libération à Petreto-Bicchisano et sa région. Sa maison située au hameau de Penta sera le rendez-vous de tous ceux qui n’acceptent pas le nouvel ordre établi par les Italiens. Ses missions le conduiront à travers toute la Corse. Sous son impulsion, l’organisation militaire de la Résistance ne cessera de se renforcer.
Le 17 juin 1943 nous sommes en pleine occupation. L'envahisseur doit se rendre à l'évidence : la Résistance ne faiblit pas au contraire, elle se renforce de jour en jour.
Ce 17 juin André Giusti et son ami Jules Mondoloni sont à Ajaccio. Une réunion importante doit se tenir dans une salle de la Brasserie Nouvelle.
L'O.V.R.A. qui en est informée, pense tenir là l'occasion de porter à la résistance le coup dont elle ne se relèvera pas. Les agents de l'O.V.R.A. font irruption dans la salle, André et Jules sont conscient du danger. Mais chefs de réseau et porteurs de tant de secrets, il ne saurait être question pour eux de tomber vivants aux mains de l’ennemi.
André et Jules font face aux agents de L'O.V.R.A tous deux ouvrent le feu, obligeant les fascistes à reculer presque dans la rue. D'autres soldats italiens reviennent à la charge.
André tire de nouveau, mais touché à mort il tombera sur le trottoir. Jules grièvement blessé, mourra deux jours plus tard à l'hôpital. Ainsi, comme ils ont été unis dans le combat, nos deux héros se trouveront réunis dans la mort.
La fusillade aura un écho dans toute l'île, impulsant un nouvel élan à la Résistance.

Reconnaissance et devoir de mémoire

Photo Marilyne SANTI
Photo Marilyne SANTI
Rendre hommage à la résistance aujourd'hui, c'est non seulement perpétuer le souvenir de nos héros, mais aussi lutter contre les falsificateurs qui veulent réécrire l'histoire.
C'est lutter également contre les négationnistes et les résurgences de l'idéologie fasciste.
Notre devoir est de transmettre la mémoire de ces événement aux jeunes générations, et pas seulement elles d’ailleurs, générations qui ignorant leur passé, deviendraient des proies faciles pour ceux qui n'ont que la haine et la violence à leur proposer comme remède.
Oui! Notre devoir de mémoire est de leur faire connaître le sacrifice de ces femmes, de ces hommes, de ces héros connus ou inconnus qui ont agi par pur patriotisme et idéal de liberté, pour que la Corse reste française; dans une France rénovée et un monde en paix.
Oui ! Notre devoir est de leur être reconnaissant ; parce qu’ils ont lavé, au prix de leur vie parfois, la honte de la collaboration des vichystes ; parce qu’ils nous ont redonné notre liberté et notre dignité ; parce qu’ils ont permis à la France de retrouver sa souveraineté.
Nous ne les oublions pas. N'oublions pas la Résistance ; pour se souvenir et pour prévenir aussi parce que comme le disait l’historien Marc Bloch qui fut fusillé par les nazis : « Le passé  a  beau  ne  pas  commander  le  présent  tout  entier,  sans  lui  le  présent  serait inintelligible ».





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