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Cérémonie du souvenir au collège Simon-Vinciguerra de Bastia


Rédigé par Odile AURACARIA le Mardi 12 Novembre 2013 à 23:30 | Modifié le Dimanche 2 Février 2014 - 23:35


Le collège Simon-Vinciguerra de Bastia a rendu, mardi, un vibrant hommage aux anciens élèves et professeurs morts au cours du premier conflit mondial.


200 noms gravés dans le marbre

Cérémonie du souvenir au collège Simon-Vinciguerra de Bastia
Situé dans le couloir d'entrée de l'ancien collège jésuite, le monument est surplombé d'un plaque sur laquelle on peut lire : "Le 25 novembre 1920, Monsieur Georges Port étant proviseur, a été inauguré ce monument élevé par les soins des fonctionnaires et des élèves du Lycée de Bastia." Ce ne sont pas moins de deux-cents noms qui sont gravés dans les cinq panneaux de marbre adossés au mur. Deux cents hommes jeunes, venus de l'ensemble de l'île et tombés sur tous les fronts européens. Aviateur, télégraphiste, aspirant, brigadier, sous-lieutenant, capitaine au long cours, soldat... chacun est tombé au champ d'honneur et a versé son sang pour la France.
Depuis trois ans maintenant, les élèves de quatrième et de troisième d'aujourd'hui, âgés de 13 ou 14 ans, viennent rendre hommage à leurs prédécesseurs au travers de chants, textes ou poésies.

La chanson de Craonne et l'U ritrattu

Mardi matin, la cérémonie a débuté par une allocution de Jules d'Ulivo, principal du lycée depuis 2007, et en présence de la principale organisatrice de la manifestation Marie-Pierre Marchini, professeur d'anglais, de ses collègues Mesdames et Messieurs Beveraggi, Castelli, Dausch, Davin, Ucciani, de nombreux élèves et invités recueillis. 
Le chant, Le chemin des dames, interprété en corse par les élèves des classes musicales du collège donnait le coup d'envoi de l'intermède musical.
Venait ensuite la lecture des deux cents noms gravés dans la pierre, puis celle d'un extrait du livre d'or du Lycée de Bastia, daté de 1915, par lequel le Proviseur de l'époque saluait le courage et le sacrifice de Messieurs Sire et Aussière, professeurs morts au combat. 
Suivaient deux chants très poignants : La chanson de Craonne (datant de 1917)
"Adieu la vie adieu l'amour
Adieu toutes les femmes
C'est bien fini c'est pour toujours
De cette guerre infâme
C'est à Craonne sur le plateau
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés."

et l'U ritrattu (des frères Vincenti, hommage aux poilus de la Grande Guerre), pour lequel Marie-Pierre Marchini ne manquait pas de souligner que dans la plupart des foyers de Corse il existait encore à notre époque la photo ou le portrait d'un ancêtre "Mort pour la patrie"
"U ritrattu nant’a muraglia,è una vera calamità
stringhje u core cum’a tanaglia di quella ch’un si po scurdà
Cusi dice a vecchia Maria,quand’ella si mette a pensà
A u suldatu d’infanteria,inquadratu tan t’anni fà"

La cérémonie se clôturait avec la superbe mélodie, l'Oranger (ou ballade Nord-Irlandaise) de Renaud, le dépôt de deux gerbes tricolores et la traditionnelle minute de silence.

Un rendez-vous de l'émotion, du souvenir et de la mémoire

Ce conflit de 1914-1918 est au programme dans les classes de troisième. Les élèves du lycée Simon-Vinciguerra, qui pour certains participent à ces commémorations pour la troisième année consécutive, sont particulièrement sensibilisés, et impliqués dans le travail qu'ils effectuent autour de cette Première Guerre Mondiale caractérisée par une violence de masse.
Ainsi, chaque 12 novembre, dans la cour d'honneur du lycée Simon-Vinciguerra se déroule une cérémonie empreinte de respect, rendez-vous de l'émotion, du souvenir et de la mémoire. Au moment où l'Europe s'apprête à célébrer le centenaire de la Première Guerre Mondiale, c'est une manière d'inscrire les élèves d'aujourd'hui dans le long cours d'une mémoire collective portée de générations en générations dans uns des plus anciens et illustres établissements scolaires de Corse.
Rendez-vous est pris d'ores et déjà pour 2014 avec le corps enseignant et les élèves du lycée Simon-Vinciguerra pour les cent ans du début du conflit, même si Jules d'Ulivo, Principal de l'établissement, se déclarait gêné de devoir célébrer un début de guerre plutôt qu'une signature de cesser le feu.





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