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Centuri : La polémique électorale rebondit avec le premier conseil municipal


Rédigé par Nicole Mari le Samedi 16 Août 2014 à 23:22 | Modifié le Samedi 16 Août 2014 - 23:29


Le feuilleton politico-électoral-judiciaire se poursuit à Centuri. Après le retournement surprise de trois élus qui a permis d’élire David Brugioni à la mairie, l’annulation du scrutin, une mise en examen de l’ancien maire, Joseph Micheli, pour corruption active d’élus, la réélection du nouveau maire sortant, une nouvelle plainte au pénal... Samedi matin, à l’issue du Conseil municipal de la nouvelle mandature, le 1er édile, entouré de sa majorité et d’une grande partie de la population, a répondu aux attaques de fraude, expliqué le revirement des adjoints et dénoncé « l’endettement faramineux » laissé par la gestion précédente.


Le port de Centuri. (© Maurice Frappier )
Le port de Centuri. (© Maurice Frappier )
Le scrutin du 25 juillet dernier, qui a confirmé l’élection de David Brugioni à la tête de la municipalité de Centuri, n’a pas clos, comme l’espérait la population, la bataille politico-électorale-judiciaire qui, depuis mars dernier, secoue cette commune de la pointe du Cap Corse.
Le 23 mars, la liste du maire sortant Joseph Micheli obtient huit des onze sièges du conseil municipal. Mais, une semaine plus tard, grâce au ralliement surprise de trois élus de cette liste, le candidat adverse, David Brugioni, est investi comme premier magistrat par six voix contre cinq. Le perdant attaque ce vote devant le tribunal administratif de Bastia qui, le 19 juin, annule l’élection du maire et de ses trois adjoints. Ces derniers ne faisant pas appel, les conseillers municipaux revotent le 25 juillet et confirment leur nouveau maire dans ses fonctions. Entretemps, Joseph Micheli est mis en examen pour corruption active d’élu et placé sous contrôle judiciaire. Il est soupçonné d’avoir, par le biais d’intermédiaires, proposé, à un de ses colistiers ayant tourné casaque, de l’argent contre sa démission de son mandat de conseiller municipal. Il contre-attaque et réitère ses accusations de fraude et de corruption.
 
Le gage d’un huissier
Samedi matin, à l’issue d’un nouveau conseil municipal, le maire et sa majorité ont décidé de répondre, point par point, aux « attaques incessantes » qu’ils qualifient d’infondées. Il réfute toute velléité de fraude lors du vote d’investiture par la présence d’un huissier. « Aux dires de Mr Micheli, les enveloppes, qui ont servi au vote, sont non conformes. Or, il oublie de préciser que ces élections se sont déroulées, du début à la fin, en présence d’un huissier et que toute contestation serait caduque », explique David Brugioni. Il indique, ensuite, que la séance a été filmée et diffusée par FR3 Via Stella. « Nous pouvons y voir que Mr Micheli conteste une enveloppe servant au vote et soi-disant déchirée. Enveloppe contrôlée par l’huissier avant l’ouverture de séance ». Il cite le dialogue entre l’ancien maire et l’huissier, retransmis dans le journal télévisé. « La réponse de l’huissier : « Mais, monsieur, c’est vous-même qui venez de la déchirer à l’instant, involontairement. Mr Micheli : « Ça, c’est vous qui le dites ! ». L’huissier : « Non, monsieur, je ne fais que constater ! ». Le nouvel édile estime que la population « pour manifester son ras-le-bol de ces agressions incessantes et soutenir sa nouvelle municipalité » a rédigé une pétition « demandant l’arrêt de ces agissements ». La pétition a, à ce jour, recueilli 122 signatures. Signalons que Centuri compte 216 habitants.
 
Les raisons d’un ralliement
A la suite, les trois élus, ayant rallié l’autre camp, expliquent leur revirement « qui s’est fait démocratiquement et en toute légalité » en tirant à boulets rouges sur l’ancien maire et sa gestion. « Durant la campagne électorale, on nous avait présenté une gestion saine, positive, et des projets assez vagues sur la commune. Nous avons découvert, entre le 23 et le 29 mars, de graves malversations et un endettement sévère de la commune. On nous avait trompé ! C’est pourquoi nous nous sommes ralliés à la cause de David Brugioni dont l’objectif est de travailler pour le bien de notre commune et de ses administrés, ce à quoi nous nous étions engagés. » Ils dénoncent des pressions et des propos diffamatoires : « Nous avons, le 25 juillet, deux jours avant les élections, subi, par voie de presse, des propos diffamatoires qui mettent en cause notre intégrité, mais nous continuons à travailler pour une cause juste et transparente. Les pressions endurées et les malversations, en cours d’instruction, seront prochainement mises au grand jour par la justice. Chaque jour, des électeurs nous remercient et nous soutiennent dans notre volonté collective de relever notre commune ».
 
Un fort endettement
La nouvelle équipe municipale stigmatise, en effet, l’endettement communal qu’elle juge « faramineux » et que l’ancien maire aurait « dissimulé » à ses concitoyens. S’appuyant sur le document de valorisation financière et fiscale 2013 émanant de la Trésorerie du Cap Corse, mis à la disposition des habitants en mairie, elle avance un montant d’endettement de plus de 1,082 million €, soit une dette de 4 874 € par habitant. « Au niveau du classement des communes les plus endettées de France, Centuri occupe la 153ème place sur 36 500 communes. Malgré ce justificatif, l’ancien maire propage encore la rumeur selon laquelle nos affirmations seraient fausses et que sa parole serait plus impartiale que la mienne. De qui se moque-t-on ! », s'indigne David Brugioni. Il rappelle que la commune a été condamnée par la Cour administrative d’appel de Marseille à régler la somme de 103 864 € pour des travaux de station d’épuration que « Mr Micheli s’obstine à contester ! ». Et souligne que « les responsabilités comptables encourues par la commune peuvent l’entrainer devant le juge des comptes et la Cour de discipline budgétaire et financière ».
 
Tenir les promesses
Ceci étant, le nouveau maire voudrait bien clore le feuilleton et pouvoir s’atteler, l’esprit serein, au redressement de la commune. Il affiche les priorités : d’abord la réfection et l’amélioration du réseau de l’eau, ensuite la révision du PLU (Plan local d’urbanisme) « mal élaboré, dès le départ, par l’ancienne municipalité » et « au bord de l’asphyxie », enfin la révision du réseau électrique. Il espère réussir à tenir ses engagements électoraux en fonction de la marge budgétaire. Et demandera, prochainement, une audience au Préfet de Haute-Corse pour « résoudre au mieux l’endettement de la commune et envisager un étalement de la dette pour le confort des administrés ».
Affaire à suivre…
 
N.M.





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