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Centre de musiques traditionnelles : Les salariés recasés


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 7 Novembre 2013 à 11:51 | Modifié le Jeudi 7 Novembre 2013 - 15:03


La polémique sur la mort programmée du Centre de musiques traditionnelles (CMT) et le licenciement de ses salariés a fait l'objet d'une question orale, en ouverture de la session de l'Assemblée de Corse (CTC) qui se tient jeudi 7 et vendredi 8 novembre à Ajaccio. Pressée par les élus nationalistes qui, depuis plusieurs semaines, montent au créneau, la présidente de la Commission culture, Josette Risterucci, a demandé à l'Exécutif des précisions sur l’avenir du CMT. Le président Paul Giacobbi annonce le reclassement temporaire des salariés licenciés au Musée de la Corse et le contrôle de l’utilisation des fonds publics.


Centre de musiques traditionnelles : Les salariés recasés
La mobilisation médiatique du monde culturel et des élus nationalistes autour du sort du CMT, en cessation de paiement, privé de subventions régionales de fonctionnement depuis deux ans, de son siège social cortenais et de ses deux salariés, semble avoir porté, temporairement, ses fruits. Ce centre, créé par la CTC en décembre 2000, a pour but d’assurer des missions de coordination, de collecte et de diffusion des données musicales insulaires, orales et écrites mais aussi de former à la pratique des instruments et des chants traditionnels. Ces activités de formation sont, depuis 2009, déléguées à ses associations adhérentes. En 2011, l’actuelle mandature supprime brutalement les subventions de fonctionnement du centre qui réussit à survivre plus d’un an sur ses fonds propres. Mais, les deniers s’épuisant, il finit par déclarer forfait en juillet dernier, soulevant une véritable levée de boucliers du monde culturel insulaire. Les élus nationalistes montent au créneau et accusent l’Exécutif régional de ne soutenir que « les associations maisons, qui sont leur réservoir de voix pour les prochaines élections ».
 
Préserver l’emploi
Pressée par ces derniers, la présidente de la Commission culture, Josette Risterucci, demande au président de l'Exécutif des précisions sur l’avenir du CMT et exprime son souhait d’organiser une réunion pour faire le point sur la politique culturelle de la CTC.
La réponse de Paul Giacobbi ménage la chèvre et le chou.
Désireux de mettre un terme à la polémique, il pare au plus pressé en proposant aux 2 agents licenciés, « dont la qualité et la valeur sont reconnues, un contrat à durée déterminée (CDD) dans le cadre du Musée de la Corse pour préserver l’emploi, l’activité et le savoir ».
Sans pour autant renoncer à sa volonté de reprise en main et de réorganisation de la gouvernance du CMT. « Il faut réfléchir à ce que l’on peut faire. Est-ce que l’on crée une association qui risquerait de retomber dans les mêmes travers, un établissement public spécifique ou un service en régie bien identifié pourvu d’un comité d’orientation indépendant de l’Exécutif ? ». Paul Giacobbi ne cache pas sa préférence pour la 3ème option, une opération déjà réalisée pour la cinémathèque de Porto-Vecchio qui a permis à l’Exécutif de récupérer l’outil tout en laissant l’association, qui le gérait, assurer son fonctionnement.
 
Des excès et des erreurs
Puis, le président Giacobbi revient sur le mécontentement grandissant des associations et acteurs culturels privés d’aides locales et réaffirme sa position. « Il y a des points difficiles car le monde culturel a du mal à se plier aux questions administratives », assène-t-il. Pour lui, il existe 3 types d’associations : « celles qui font bien leur travail, celles qui font des choses intelligentes mais n’arrivent pas à gérer malgré un travail de bonne qualité et celles, relativement minoritaires, qui ne peuvent plus fonctionner car elles alimentent un certain nombre de personnes de manière répréhensible ». En clair, Paul Giacobbi accuse certaines associations culturelles de détourner les subventions aux fins personnels de ses membres. Il parle « d’excès et d’erreurs », justifiant ainsi sa décision de couper les vivres. Et fustige ces associations d’avoir porté le débat sur la place publique : « Ce n’est pas en poussant des cris dans la presse qu’on changera les règles de droit. L’argent public ne peut pas être distribué comme ça. On ne peut pas continuer à faire des choses qui nous seront, un jour, reprochées ».
 
Une volonté de contrôle
Dans cette optique, l’Exécutif entend mettre en place un contrôle de l’utilisation des subventions versées aux associations. Les élus territoriaux voteront, vendredi, une délibération permettant de lancer l’appel d’offres pour trouver un prestataire spécialisé dont la mission sera « d’effectuer le contrôle sur place, afin de vérifier que les dépenses engagées par l’association sont bien conformes à l'objet initial de la subvention ». Cette démarche, qui se veut complémentaire du contrôle sur pièces effectué par les services instructeurs, « permettra de réaliser un suivi quasi-exhaustif de l’utilisation des fonds publics par le monde associatif corse. Elle améliorera ainsi la connaissance de la situation et des pratiques et apportera un soutien aux services instructeurs, qui compte tenu du nombre conséquent de dossiers individualisés, ne peuvent se rendre systématiquement auprès de l’ensemble des structures associatives percevant une subvention ». Le contrôle concernera les associations qui ont perçu une subvention égale ou supérieure à 20 000 €. Ce qui, en 2012, représentait 186 dossiers individualisés et 25 millions d’euros.
Affaire à suivre…
N. M.




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