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Canal de Corse : Vers la mise en place d’un rail de circulation maritime


Rédigé par Nicole Mari le Samedi 7 Novembre 2015 à 01:58 | Modifié le Samedi 7 Novembre 2015 - 01:58


C’est dans le Canal de Corse que réside le plus grand risque de pollution des eaux marines insulaires, engendré par l’intensité du trafic maritime. Pour tenter de prévenir ce problème majeur, les élus corses et les professionnels de la mer ont demandé et obtenu l’intervention de la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, auprès des autorités italiennes. Un accord de principe a été trouvé entre les deux pays pour la mise en place d’un rail de circulation. Explications en vidéo, pour Corse Net Infos, de Pierre Ghionga, conseiller exécutif et président de l’Office de l’environnement.


L'épave du Concordia remontant le canal de Corse en juillet 2014.
L'épave du Concordia remontant le canal de Corse en juillet 2014.
Ségolène Royal s’y était engagée, lors de sa venue à Bastia au moment de l’opération de remorquage de l’épave du Concordia en juillet 2014. Le naufrage du bateau de croisière Costa n’ayant fait que braquer un brutal coup de projecteur sur les risques majeurs, multiples et permanents, de pollution maritime, les élus insulaires et les professionnels de la mer, très inquiets, depuis des années, pour la menace pesant sur le Canal de Corse, l’avaient pressée d’intervenir auprès des autorités italiennes. Elle leur avait répondu : « Je serais peut-être, je l’espère, la ministre de l’Ecologie qui réussira à créer un rail protégeant le Canal de Corse ». Une promesse et un espoir tenus ! Un premier engagement avait été pris lors du sommet franco-italien du 24 février 2015 entre la ministre française et le ministre italien des Infrastructures et des Transports, Graziano Delrio. Une seconde rencontre, le 22 juin dernier, avait conclu à la nécessité de renforcer rapidement la sécurité du transport maritime dans le Canal de Corse.
 
Un accord franco-italien
Dans un communiqué du 6 novembre, Ségolène Royal annonce qu’un accord a été trouvé avec le gouvernement italien pour protéger le canal de Corse : « Conformément à mes engagements, les négociations menées avec le gouvernement italien viennent d’aboutir avec l’adoption d’un schéma de réglementation du trafic maritime international dans le Canal de Corse comprenant : l’éloignement du trafic des navires à passagers desservant Bastia à 3,5 milles nautiques (6,5 km) de la côte du Cap Corse et des autres navires de commerce à 5 milles nautiques (9,3 km) de la côte ; la création d’un rail de 8 milles nautiques (14,8 km) de long avec séparation des flux de navires de commerce montants et descendants et deux zones de prudence au nord et au sud du dispositif. Cette proposition conjointe franco-italienne sera transmise à l’Organisation Maritime Internationale après information de la Commission européenne et des États membres ».
 
Réduire le risque
Le dispositif proposé vise à réduire les risques d’accidents dans une zone très sensible du point de vue environnemental. Il permettra d’éloigner le trafic des navires de commerce de la côte et de séparer les flux montants et descendants, grâce à une vigilance accrue permettant une réaction meilleure et plus rapide en cas d’urgence. Les deux ministres se sont déclarés « satisfaits de l’aboutissement de ces discussions qui reflètent l’étroitesse des relations bilatérales entre les deux pays ».
Parallèlement, les travaux de création du parc naturel marin du Cap Corse s’accélèrent, conformément au calendrier souhaité par la ministre, les élus et les acteurs concernés, pour une création du parc d’ici l’été 2016. « Je suis particulièrement satisfaite de l’avancée de ces dossiers, après avoir, il y a 23 ans, protégé les Bouches de Bonifacio en tant que ministre de l’Environnement avec mon homologue italien », explique Ségolène Royal.
 
Un détroit à haut risque
Le canal de Corse, situé en mer Tyrrhénienne, entre la Corse et la Toscane, est un détroit maritime extrêmement fréquenté. Il est le chemin privilégié des navires à destination des ports de Ligurie, notamment Gênes. Près de 18 000 navires l’empruntent chaque année, soit une moyenne de 90 par jour, dont près de 6 000 supertankers, chimiquiers ou porte-containers qui transportent 25 millions de tonnes de matières dangereuses et de produits toxiques, soit 69 tonnes par jour. Un navire moyen, qui y circule, consomme environ 35 tonnes de fuel lourd et produit près d'une tonne de boue par jour, 50 kg de résidus de cargaison et des ordures ménagères... En Méditerranée, mer fermée et donc fragile, qui totalise, à elle seule, 47% du trafic mondial, une marée noire ou une quelconque pollution serait catastrophique pour la biodiversité et détruirait les écosystèmes fondamentaux.
 
N.M.
 

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