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Camille de Rocca Sera et les élections territoriales : Le rapport de confiance mieux que le rapport de force !


le Mardi 4 Août 2015 à 21:09 | Modifié le Mardi 4 Août 2015 - 21:15


Lundi soir, Camille de Rocca a annoncé officiellement sa candidature aux élections territoriales de décembre prochain. Après plusieurs mois d'attente et comme on pouvait s’y attendre, la droite insulaire partira divisée après ce que l’on peut considérer comme une rupture apparue au lendemain des élections départementales de la Corse du Sud et des déchirements qui ont suivis après l’élection à la présidence de Pierre-Jean Luciani au bénéfice de l’âge. La zizanie née de cette élection n’a pas eu l’heur de plaire au député de la Corse du Sud qui a estimé cette situation inacceptable. « Je privilégie les rapports de confiance plutôt que les rapports de force » a-t-il déclaré lors de la conférence de presse de lundi. Il a surtout estimé que « les conditions du rassemblement n’étaient pas créées »


(Photo D. Susini)
(Photo D. Susini)
Camille de Rocca Serra a donc pris les devant. Il a même évoqué une « porte ouverte » pour le second tour, cela après une longue réflexion qui l’a d’ailleurs contraint à sortir de son silence. Coïncidence ou pas, il a choisi ce lundi pour envoyer son message au lendemain de l’arrivée à Murtoli de l’ancien président de la République : « Nicolas est un ami, il connaît mes intentions et ma position. »
Cette position, le député de la Corse du Sud l’a clairement annoncée sans hésitation ni murmure : « Je conduirai une liste au premier tour des élections territorialesL’objectif est de reconquérir la collectivité territoriale de Corse mais pas pour conquérir un pouvoir. C’est faire quelque chose au bénéfice de la Corse puisque le constat des cinq années passées n’est pas un constat positif pour moi, bien au contraire. »
 
Les doutes, les incertitudes… Et l’erreur politique !
Camille de Rocca Serra a expliqué les raisons de sa décision qui, estime-t-il est le fruit de la réflexion : « Dans toute réflexion il peut y avoir des doutes, des certitudes ou des incertitudes, il peut y avoir des attentes et puis un moment donné, il faut choisir. Pourtant, je suis quelqu’un qui ne se précipite pas dans la décision mais une fois qu’elle est prise, elle est réelle, en profondeur, elle est responsable et elle m’engage. La liste unique dans l’état actuel des choses, dans la situation politique actuelle me pousse à rappeler que  je m’inscris dans la famille Gaulliste, libérale, sociale, centriste qui s’appelle Les Républicains. Je me revendique des Républicains car j’en suis le vice-président du groupe à l’Assemblée Nationale et je suis militant depuis le 5 décembre 1976, à la fondation du RPR. »
Le député a rappelé sa participation à la reconquête, à Porto-Vecchio, à Sartene, à Lecci et enfin le succès d’Ajaccio en 2014, conforté en 2015.  
« Des succès prometteurs » a-t-il précisé en rappelant au passage la situation en Haute Corse, les alliances bastiaises et leurs limites… Pour lui, tout était en place pour la grande marche en avant, mais il a rappelé au passage ce qu’il appelle le « schisme » départemental sur lequel il est longuement revenu et qu’il considère comme étant une erreur politique. Il explique : « J’ai des amis des deux côtés, mais je persiste à dire que c’est une erreur politique de la part de ceux qui ont pris cette initiative. Partant de là, comment partir à 22 pour terminer à onze partout ? J’ai donc passé des messages très clairs, proposé de solutions, des arrangements, rappelé les règles. Pourquoi est-on arrivé à ça ? J’ai posé la question et n’ai pas eu de réponse. Pour moi, une famille, c’est le rassemblement total. J’ai rencontré Laurent Marcangeli à deux ou trois reprises pour recréer les conditions et éviter ce désordre départemental. Nous étions entendus sur un point précis : jusqu’où les uns et les autres sont prêts à aller pour s’entendre ? Y-a-t-il des solutions ? »
 
La gestion de Paul Giacobbi est dommageable pour la Corse…
Camille de Rocca Serra a de nouveau évoqué toutes les réunions organisées durant des semaines et des mois, les prises de positions des uns et des autres pour recréer une union : «  Le rapport de force existe en politique, mais il ne doit pas être l’élément essentiel. Ce qui compte pour moi, c’est le rapport de confiance. Je veux construire un rapport de confiance avec le peuple corse, avec des hommes et des femmes qui vivent ici. C’est simple, clair et précis. Bien sûr que je peux travailler avec José Rossi, mais la question n’est pas là. Je n’ai pas construit de liste aujourd’hui, je suis engagé avec Jean-Jacques Panunzi et quelques autres qui viendront me rejoindre. Je n’ai pas voulu bâtir une liste mais simplement aller vers une démarche unitaire. Je vois que par ailleurs, à côté, il y a déjà des noms qui circulent, j’ai simplement pris acte, ce qui signifie que les volontés ne font pas défaut. La question essentielle ce n’est pas d’être en opposition avec José Rossi et nos amis mais bien au contraire de reprendre cette Collectivité Territoriale car la gestion de Paul Giacobbi ne me satisfait pas du tout, elle est dommageable pour la Corse. Il faut sortir de ce débat idéologique et institutionnel permanent. Depuis 5 ans, la Corse n’a pas n’a pas avancé, elle a reculé. La situation économique et sociale de la Corse c’est de tenir compte de cette réalité et proposer autre chose, associer un certain nombre de Corses et montrer que la droite et le centre ne sont pas là uniquement pour subir mais pour proposer et bâtir. »
 
La lettre, quelle lettre ?
Tirer les leçons du passé, faire fi des querelles intestines, le député de la Corse du sud entend poursuivre une marche en avant entamée depuis belle lurette. S’il est vrai que José Rossi lui a proposé la tête de liste pour éviter des tiraillements entre membres des Républicains, Camille a, de son côté, ménagé le suspense et organisé une réunion à Corte avec ses soutiens pour sans doute préparer une nouvelle liste de droite.  On ne reviendra pas sur le courrier adressé par Laurent Marcangeli et Sauveur Gandolfi-Scheit afin qu’il prenne position, ce qui d’ailleurs avait été moyennement apprécié par le député : « Ce courrier dont vous parlez ne m’a jamais été adressé directement. J’ai d’ailleurs trouvé cela un tantinet cavalier. Il ne s’agit pas là d’une démarche politique responsable. Je dirai plutôt déplacée… »
Pour Camille de Rocca Serra, il n’a jamais été question de réduire le débat à un problème de personne, bien au contraire : « Il n’a jamais été dans ma nature d’être spectateur. Je pense que l’on a inversé le calendrier en voulant désigner d’abord  celui qui incarnerait le mieux possible l’union avant de mener la réflexion sur ce que doit être notre offre. Notre famille politique a trop été en réaction au cours de ces dernières années et pas assez forte de propositions. Je suis aujourd’hui décidé à être cette force pour notre île. »
 
Je ne lâcherai rien, je suis boosté !
 
Camille de Rocca Serra a poursuivi son tour d’horizon de la politique de la CTC et vivement critiqué la gestion de Paul Giacobbi : Il signe et persiste, déclarant que l’Exécutif de Corse est en totale décomposition : « Je me répète, mais il y a deux façons de faire de la politique : Dans le rapport de force et le rapport de confiance. Si nous voulons gagner cette élection, il faut impérativement rétablir le rapport de confiance entre les élus et le peuple. Il s’agit de construire une équipe qui allie équilibre entre expérience et nouvelle génération. »
 Camille de Rocca Serra a bien confirmé que le sénateur Panunzi serait à ses côtés mais a assuré que la porte demeurait ouverte à tous : « Les conditions de l’union de la droite ne sont pas réunies actuellement. Je ne lâcherai rien, je suis boosté et ferai tout ce qui est possible pour parvenir au rassemblement… »
 
Vous avez dit tout à l’heure que vous alliez créer les conditions du rassemblement. Vous pensiez surtout aux jeunes ?
 
« C’est vrai, je pense beaucoup aux jeunes, je pense à tous ceux qui aujourd’hui ne se retrouvent pas forcément dans la vision nationaliste des années soixante-quinze, idéologiste, mais plutôt multiforme. Je pense à une gauche totalement divisée, éclatée, qui n’offre plus aucune perspective (on le voit au niveau national) avec une gestion qui n’est pas à la hauteur des enjeux de la Corse et qui ne permettra pas de construire une ambition pour la Corse. Je vois une jeunesse qui se dira ni de droite, ni de gauche, ni nationaliste, mais une jeunesse qui a envie de s’investir, qui a envie de prendre des positions sur le plan politique et je vais les encourager. Je ne les ai sans doute pas suffisamment écouté, donc je les écouterai davantage. Il faut savoir reconnaître que l’on a été parfois autiste, je veux maintenant, si j’ai une ambition, l’être beaucoup moins, pour aller à leur rencontre, échanger, créer les conditions d’un vrai dialogue et leur permettre de s’engager. »  
J. F. 
 
 
 

 



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