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CTC : L’Assemblée de Corse suit l’Exécutif dans sa croisade contre la pauvreté et la précarité


Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 31 Mars 2017 à 00:02 | Modifié le Vendredi 31 Mars 2017 - 03:41


Près de 60 000 Corses vivent avec moins de 970 € par mois dont la moitié avec moins de 760 €. Remédier à ce fléau de la précarité était un engagement de campagne et un objectif prioritaire de la mandature nationaliste. L’Exécutif territorial a dévoilé, jeudi après-midi, à l’Assemblée de Corse, son plan de lutte contre la précarité et la pauvreté. Pas moins de 67 mesures, dont certaines urgentes et applicables immédiatement, avec un coût estimé à 20,5 millions € pour l’année 2017. Ce plan, largement plébiscité par l’opposition malgré une dizaine d’amendements à la marge, a été adopté, sous les yeux des associations présentes en tribune, à l’unanimité, moins une voix.


CTC : L’Assemblée de Corse suit l’Exécutif dans sa croisade contre la pauvreté et la précarité
« C’est avec émotion que je présente ce plan qui est essentiel et le fruit d’un travail de plusieurs mois. La lutte contre la précarité et la pauvreté est un enjeu politique majeur. Elle n’est pas seulement un enjeu social et économique, mais questionne les fondements même de notre société, notre capacité à faire sens ensemble. La précarité grandissante de la société insulaire accentue l’exclusion, porte les germes d’un désordre social, de l’économie parallèle, d’une forme de désespoir dans la jeunesse... C’est un abcès purulent qui risque de contaminer l’ensemble du corps social. Plus que jamais, la lutte contre ce fléau est une priorité absolue ! ». D’emblée, le président de l’Exécutif, Gilles Simeoni, pose la mesure du défi à relever et les bases d’une stratégie nouvelle, innovante et globalisante, qui a l’ambition de réussir là où toutes les initiatives antérieures ont échoué. « La précarité s’inscrit dans la durée, elle est structurelle. Les dispositifs actuels n’arrivent plus à la juguler et encore moins à la réduire. C’est un constat d’échec ! La situation actuelle est le fruit d’un modèle de non-développement économique et politique conduit en Corse depuis des décennies. Son accroissement est une contrainte systémique de nature à empêcher la réussite de toute stratégie de développement. C’est pourquoi nous avons décidé de faire de la lutte contre la précarité un objectif central de notre mandature ».
 
Rendre la solidarité citoyenne
Le plan, deuxième étape d’une stratégie globale arrêtée en septembre dernier, propose des réponses aux besoins les plus urgents et identifie des pistes de travail. Il  s’articule autour de trois axes principaux basés sur le décloisonnement des politiques, la logique des territoires, la solidarité et l’engagement citoyens, la création de réseaux. Le premier axe entend « replacer une exigence de solidarité au cœur de toutes les politiques publiques par la revalorisation du travail social et des acteurs engagés sur le terrain. Le besoin de coordination est de plus en plus fort », commente Gilles Simeoni. Avec des mesures phares notamment en direction de la jeunesse, comme le pacte jeunesse, le soutien à l’engagement citoyen des jeunes, la volonté affichée de lutter contre le décrochage scolaire grâce à un dispositif de repérage et de prise en charge des écoliers et lycéens, le renforcement de la formation…. L’idée est de décliner cette exigence dans toutes les procédures internes de la CTC, agences et offices inclus. « Des instructions ont déjà été données de généraliser les clauses sociales dans les marchés publics de la CTC » et de mettre à disposition des personnels ou des locaux pour aider les associations, faciliter leur financement et généraliser les appels à projets. « Il y aura une évaluation systématique des actions de la CTC et un dossier unique pour faciliter les procédures de financement des associations ».
 
Généraliser l’accès aux soins
Le second volet concerne la santé et la solidarité et prône l’amélioration de l’offre de soins de premier recours dans les territoires ruraux par un meilleur maillage du territoire, le soutien aux structures d’aides aux personnes âgées, aux adolescents et aux publics fragiles. Des mesures, d’un coût estimé de 5 millions € sur 4 ans, prévoient la création de six maisons de santé pluriprofessionnelles, de cinq cabinets secondaires, de maisons des adolescents, l’expérimentation d’un Bus Salute « pour balayer tout le territoire ». S’y ajoutent dix mesures pour renforcer l’attractivité du territoire en matière de santé, un bilan de santé gratuit par an pour tous les jeunes, un parcours de santé mental, du sport pour tous, des campagnes de prévention contre trois fléaux : la drogue, l’alcool et la vitesse sur les routes… la création d’une banque alimentaire en concertation avec les opérateurs économiques…
 
Booster le logement
Le troisième volet définit une politique d’ensemble du logement à court, moyen et long terme autour d’objectifs prioritaires déjà fixés par le PADDUC (Plan d’aménagement et de développement durable de la Corse). Par exemple, la création de logements locatifs et sociaux à des conditions abordables par tous et mieux répartis sur tout le territoire, ou encore la rénovation du parc immobilier. Des mesures urgentes et immédiates devraient activer les dispositifs existants, comme le doublement des aides aux parcs locatifs privés pour permettre à des publics fragilisés d’accéder à un logement sécurisé. L’accentuation du dispositif AGIR PLUS avec EDF pour une prise en charge totale des travaux de première nécessité d’isolation des logements et des combles, la mise en route du dispositif Oreli de rénovation énergétique... Au programme également : instituer un fonds de garantie de 660 000 € sur 4 ans pour les étudiants qui ont du mal à accéder un logement, ou développer l’idée de logement intergénérationnel pour lutter contre l’isolement des personnes âgées.
 

Les représentants des associations en tribune.
Les représentants des associations en tribune.
Le coût de la guerre
Le plan décline 67 mesures dont 34 applicables immédiatement, 22 organisationnelles sans incidence financière, 55 nouvelles et 12 visant à modifier ou renforcer les politiques publiques. Son coût dépasse 20 millions € dont 11,4 millions € en termes d’investissements et 9 millions en termes de fonctionnement pour l’année 2017. « Ces dispositions s’adressent à l’ensemble des personnes en difficulté économique et sociale : les jeunes, les personnes âgées, les sans domiciles fixes, les demandeurs d’emploi, les travailleurs pauvres… C’est le prix de notre contribution à l’effort de solidarité. Il faut que nous déclarions la guerre à la pauvreté et à la précarité ! Nous ne pouvons pas continuer à vivre avec 1 personne sur 5 exclue de la société », plaide Gilles Simeoni. Cette démarche étant « une première en soi » pour une collectivité territoriale qui n’a pas de compétences fortes en la matière, le social étant le fait des départements, il prend soin d’avertir : « Si notre objectif est de transformer en profondeur la société, de créer une société où chacun aura sa place, il n’y aura pas une victoire avec éclat, mais un processus long, un combat au quotidien qui se mènera avec des dispositifs multiples ». Un combat forcément « inachevé » qui, espère-t-il, se prolongera dans le cadre de la future collectivité unique.
 
Des actions pertinentes
Peu de critiques sur les bancs de l’opposition qui s’attache, surtout, à traquer les faiblesses et les manques d’un document qui se veut exhaustif, mais ne peut, à lui seul, épuiser le chantier colossal de la précarité. L’élue du groupe le Rassemblement, Marie-Antoinette Santoni-Brunelli, insiste sur « la gestion des territoires », « l’équité territoriale » et un audit pour « bonifier les compétences ». Elle reconnaît aisément que « Les actions retenues sont pertinentes, nous souhaitons les enrichir par des amendements en insistant sur certains points ». Son colistier, Jean-Martin Mondoloni, revient sur la problématique particulière de la santé, « une préoccupation anxiogène des Corses qui touche toutes les couches de la population et tous les territoires ». Il tacle « le principe de revenu universel qui contrevient à tous vos objectifs. C’est un concept illusoire et dangereux pour les plus jeunes qui sont les plus fragiles et les plus touchés par le décrochage scolaire. L’école est un refuge et véhicule des valeurs de travail et d’exigence. Prendre le risque de faire vaciller les repères qu’elle véhicule fragiliserait encore plus ces populations ». Jean-Guy Talamoni intervient en précisant qu’il n’y a aucun engagement de l’Exécutif en la matière, juste une réflexion.
 
Une transformation radicale
Comme à son habitude, le Front de Gauche stigmatise les politiques nationales, le libéralisme européen et les cures d’austérité : « La précarité est le produit de choix économiques. La CTC ne pourra pas, à elle seule, inverser la tendance », déclare Michel Stefani. Il en appelle à la mobilisation des moyens de la solidarité nationale et à « une transformation radicale de la société pour venir à bout de la pauvreté et de la précarité ». Sa colistière, Josette Risterucci attire l’attention sur le problème de la démographie médicale et du manque de moyens humains : « On pourra faire tous les projets que l’on veut, il n’y a pas de médecins en Corse ! Si on ne règle pas ce problème, dans dix ans, on sera dans le mur ! ». Les Communistes déposent un amendement général qui, préviennent-ils, déterminera leur vote.
 
L’ampleur de la tâche
Des critiques que le président de l’Exécutif accepte de prendre en compte, se disant « heureux » que l’Assemblée ait trouvé « un point d’équilibre » autour d’un rapport aussi important. Il avoue : « Nous avons eu le vertige devant l’ampleur de la tâche ». La dizaine d’amendements proposés étant intégré au document final, le plan est adopté à la quasi-unanimité, moins une voix. S’ouvre, désormais, une nouvelle phase de travail de six mois  en vue notamment d’élaborer le nouveau règlement des aides qui sera présenté à l’Assemblée de Corse en septembre prochain pour une application début 2018.
 
N.M.
 




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