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"CATAMARAN 2014" : 15 jours d’entrainement opérationnel pour une force expéditionnaire


Rédigé par Michel Allal-Volterra et Marilyne Santi le Vendredi 17 Octobre 2014 à 12:01 | Modifié le Vendredi 17 Octobre 2014 - 17:24


Les habitants de l'ouest de la Corse seront peut être étonnés d'entendre et de voir des Rafales et des Super Etendards voler dans leur ciel. En effet du 13 au 26 octobre prochains se déroulera en Méditerranée occidentale et dans le Var et en Corse un entrainement opérationnel de grande ampleur visant à mettre en œuvre une opération amphibie dans un contexte expéditionnaire.


"CATAMARAN 2014" : 15 jours d’entrainement opérationnel pour une force expéditionnaire
Le groupe aéronaval constitué autour du porte-avions Charles de Gaulle, le groupe amphibie autour des BPC Tonnerre et Mistral ainsi que le groupe de guerre des mines seront déployés dans le cadre de cet entraînement opérationnel. 15 bâtiments de surface, 1 sous-marin nucléaire d’attaque, 2 Atlantique 2, 18 hélicoptères de l’aviation légère de l’armée de Terre, 1 groupement tactique embarqué composé d’éléments de la 9e brigade d’infanterie de marine (BIMa), 1 sous-groupement logistique issu de la 1e brigade logistique, 205 véhicules blindés et 3 états-majors embarqués participeront à ces manœuvres. Au total plus de 5 000 militaires seront mobilisés.
Mettant en œuvre des unités de la Marine nationale et de l’armée de Terre, cet entrainement doit renforcer l’aptitude des armées à conduire conjointement des opérations. Interarmées, cet entraînement opérationnel revêt également un aspect interallié puisque des militaires britanniques occuperont des postes clés au sein des différents états-majors de conduite et seront insérés dans les forces avancées.

Deux grandes phases pour un entrainement

La première, du 13 au 19 octobre, consiste en la montée en puissance de la force et une préparation du débarquement par les forces avancées (commandos marine), un entraînement des troupes embarquées et une répétition de l’assaut amphibie en Corse. Dans le même temps, une partie du groupe de guerre des mines est chargée de sécuriser les abords de Port-Vendres à l’ouest de la zone.
La seconde se déroulera du 19 au soir jusqu’au 26 octobre, et verra le déploiement des troupes sur les plages de Fréjus et Saint-Raphaël dans la nuit du 19 au 20, dans le but de rallier le camp de Canjuers dans le nord du Var.
A l’issue de l’opération CATAMARAN 2014, les unités terrestres continueront leur entraînement au sein de l’exercice Toll, soutenues depuis la mer par les aéronefs de la TF 473.
 

Evènements clés pour un groupe aéronaval des plus performants

10 octobre: Embarquement des troupes de l’armée de Terre sur les unités de la Marine nationale
13 octobre : Appareillage du groupe amphibie
13 au 19 octobre : Entraînement et opérations des forces avancées
17 octobre : Répétition du débarquement sur la plage d'Aregno (Corse)
19 octobre dans la nuit : Débarquement des troupes de l’armée de Terre sur les plages de Saint-Aygulf (Fréjus) et du Dramont (Saint-Raphaël)
20 au 26 octobre : Progression vers Canjuers et soutien des troupes depuis la mer
26 octobre : Transfert d’autorité entre le commandant de la force expéditionnaire et le commandant de la composante terrestre de l’exercice Toll.

Avec son groupe aéronaval, la France dispose d’un instrument politique de premier plan, à dimension mondiale. Bénéficiant de la liberté juridique des mers, il permet de décliner la politique de la France sur toute la gamme des fonctions stratégiques, dans un cadre national comme multinational, de façon autonome ou en interarmées. Cet outil politique et diplomatique, détenu par un tout petit nombre de pays, est aussi un instrument militaire capable d’assurer la maîtrise des espaces maritimes, de projeter de la puissance vers la terre ou en mer  et de défendre un territoire.
Depuis 30 ans, le groupe aéronaval est intervenu dans plus de 10 crises majeures, principalement en Méditerranée et dans l’océan Indien.
Les moyens mis en œuvre sont de grande envergure.

Le porte-avions Charles de Gaulle

Porte-avions nucléaire de nouvelle génération entré au service actif le 18 mai 2001, le porte-avions « Charles de Gaulle » confère à la France une capacité polyvalente et graduée d’action en mer de premier ordre. L’utilisation de la liberté d’action procurée par les espaces maritimes couplée aux moyens aériens embarqués font du porte-avions un outil stratégique d’envergure.
Bâtiment de 42 500 tonnes, le « Charles de Gaulle » allie autonomie d'action, souplesse d'emploi, puissance, mobilité et endurance.
Grâce à sa propulsion nucléaire, il est capable de parcourir des centaines de milliers de nautiques.
Il peut catapulter et recevoir des avions de 15 à 25 tonnes sur une piste longue de 75 mètres seulement dans des conditions météorologiques difficiles. Le « Charles de Gaulle » dispose de deux pistes de décollage à l'avant (avec les catapultes), d'une piste d'atterrissage à l'arrière (avec les trois brins d'arrêt), d'un hangar où les mécaniciens et les électroniciens entretiennent et réparent 40 aéronefs. Deux catapultes propulsent en 75 mètres les avions à une vitesse de sortie de plus de 250 km/h. Elles permettent l’envoi d’un avion toutes les 30 secondes et une pontée massive de 20 avions en moins de 12 minutes.

Le groupe aérien embarqué

12 Rafale Marine, avions de combat les plus modernes en service en France. Avion polyvalent avec une capacité d’intervention à long rayon d’action avec ravitaillement en vol, c’est un outil adaptable à une grande diversité de mission (défense et supériorité aérienne, reconnaissance tactique et stratégique, dissuasion nucléaire).
6 Super étendards modernisés dont les qualités manœuvrières en basse et moyenne altitude en font un remarquable avion d’assaut capable de traiter des objectifs maritimes ou terrestres avec des armements aussi diversifiés que l’armement nucléaire, les missiles antisurface et air-sol, les bombes et le canon.
1 avion Hawkeye, seul avion de guet aérien avancé embarqué au monde qui combine des capacités de détection avancée et de commandement sous contrôle.
2 hélicoptères Dauphins et 1 hélicoptère Alouette III, chargés de la sécurité des équipages.
 
Frégate de défense aérienne 
Entrée au service actif en 2011, la frégate « Chevalier Paul » est une frégate de défense aérienne de la classe « Horizon ». La mission principale de cette frégate de défense anti-aérienne est le commandement des opérations aériennes en mer et depuis la mer. Ses missions :
- escorte antiaérienne, protection d’une force aéronavale ou amphibie ;
- commandement et coordination des opérations aériennes menées dans un contexte interarmées national ou interalliés.
 
FASM Montcalm 
Conçues pour assurer prioritairement la défense anti-sous-marine d'un groupe aéronaval, les frégates de lutte anti-sous-marine (FASM) ont vu leurs capacités d'action au-dessus de la surface fortement renforcées. Le « Montcalm » remplit, avec son hélicoptère Lynx embarqué et ses sonars, les missions dévolues à une frégate de premier rang telles que : la projection de puissance et de forces en escortant le groupe aéronaval autour du porte-avions « Charles de Gaulle », la mission de connaissance et d’anticipation par des missions de présence, de vigilance et de renseignement, les missions de temps de crise, la lutte contre la piraterie et les trafics illicites.
 
FLF Surcouf 
La frégate « Surcouf » est la deuxième d’une série de six unités de type « La Fayette », admise au service actif en 1997. Sa mission principale est de préserver les intérêts de l’Etat français sur les espaces maritimes outre-mer et de participer au règlement des crises hors Europe. Cependant, ce bâtiment de combat de premier rang est également susceptible d’être intégré à un groupe aéronaval. Ainsi, il peut assurer le soutien d’une force d’intervention ou la protection du trafic commercial, et effectuer des opérations spéciales ou des missions humanitaires.

PR Meuse/BCR VAR  
Leur mission principale est d’assurer le soutien logistique des autres unités à la mer en effectuant leur ravitaillement en combustibles (gazole, carburéacteur), eau distillée, vivres, munitions, médicaments et matériels de rechange. Cette manœuvre conditionne l'autonomie des forces aéronavales et amphibies quand elles sont déployées loin de leurs bases.
 
Sous-marins nucléraires d’attaque
Les sous-marins d'attaque à propulsion nucléaire (SNA) remplissent des missions essentielles dans le cadre des stratégies de prévention, de projection et de protection. Ils sont aptes aux déploiements lointains et de longues durées, aux missions de renseignement et aux interventions contre des menaces navales.
Ils jouent ainsi un rôle indispensable dans la protection du groupe aéronaval face à la menace sous-marine. Ils apportent également une contribution fondamentale à la dissuasion.
 
ATL2
Véritable frégate du ciel de combat aéro-maritime, l’Atlantique 2, basé à terre, est un appareil polyvalent à vocation principalement anti-sous-marine.
Apte à de nombreuses missions, il assure notamment le soutien à la FOST (lutte anti-sous-marine, lutte antinavire) et ses capacités aéronautiques ainsi que la polyvalence de ses senseurs lui permettent d’assumer des missions de soutien des forces terrestres, de recherche de renseignements et des missions de sauvegarde maritime (sauvetage, lutte contre le narcotrafic, police en mer) ; Il a récemment acquis la capacité de délivrer des bombes. 

Le groupe amphibie

(Photos Marine Nationale)
Rappelé par le Livre blanc sur la défense et la sécurité de la défense nationale de 2013, le contexte international exige que la France conserve la capacité de prévention et de gestion de crise, pour protéger nos ressortissants, les évacuer si nécessaire, ou stabiliser nos zones d’intérêt stratégique. Celle-ci suppose de bénéficier de la liberté des mers afin de pré-positionner des forces prêtes à intervenir pour une action à terre, ou pour appuyer une mission d’urgence. 
Toutes ces missions sont permises par les capacités des bâtiments amphibies, outils polyvalents disposant d’une autonomie leur permettant de durer à la mer. Ils bénéficient de capacités d’intervention qui dépassent le cadre des opérations amphibies et qui s’étendent à la conduite de mission d’assistance et au soutien des forces à terre.
Le pré-positionnement d’un bâtiment amphibie au large d’une côte constitue un geste politique et militaire significatif qui s’affranchit de la recherche d’accord diplomatique avec un pays tiers. La force amphibie alors constituée autour du bâtiment amphibie, de son escorte navale et des troupes embarquées peut ainsi être aisément déployée dans une zone de crise. Elle peut marquer la présence de la France, signifier sa volonté d’agir et renforcer sa crédibilité. 
Les bâtiments amphibies peuvent également assurer des missions de transport stratégique lorsque les moyens civils sont indisponibles, insuffisants ou inadaptés en zone de conflit par exemple.
Ils peuvent enfin apporter une aide humanitaire à un pays après une catastrophe humanitaire, ou à une population victime d’une crise ou d’une guerre.
 

Les forces amphibies

BPC mistral et tonnerre
La France dispose de 3 bâtiments de projection et de commandement : Le « Mistral », le « Tonnerre » et le « Dixmude ». Ces bâtiments combinent les fonctions de porte-hélicoptères d’assaut, de mise en œuvre d’assaut amphibie, de transport et de projection de troupes, d’hôpital et d’état-major embarqué.
Ils sont capables d’embarquer 16 hélicoptères lourds, de transporter puis de projeter à terre près de 450 fantassins et 80 véhicules blindés et d’accueillir un état-major interarmées, interallié.
Ils disposent d’équipements hospitaliers qui sont équivalents aux urgences chirurgicales d’une ville de 30 000 habitants.
Les BPC ont été engagés lors d’opération variées comme l’évacuation de ressortissants au Liban en 2006, la mission Harmattan au large de la Libye en 2011 ou le transport des troupes engagés dans l’opération Sangaris en 2013.
 
CTM
Le CTM est un chaland conçu comme moyen privilégié de transport et de mise à terre de personnel et de matériel. A ce titre, il participe aux opérations de débarquement des troupes embarquées à bord d’un TCD ou d’un BPC. En opérations amphibies, c’est un des systèmes d’armes de ce type de bâtiment. Il participe activement à l’entraînement et à la formation des unités de l’armée de terre au cours d’exercices techniques de mécanisation, appelés TECHPHIB.
 
EDAR 
En 2008, le ministère de la Défense a commandé 4 Engins de Débarquement Amphibie Rapide (EDAR) qui ont été admis au service actif en avril 2013. Leur caractéristique unique est de pouvoir changer de forme, et naviguer soit comme un catamaran, soit comme un engin de débarquement. Utilisés en complément des traditionnels CTM, les EDAR peuvent naviguer de 16 à 27 nœuds selon la charge, qui peut atteindre 100 tonnes.
 

Les forces avancées

TCD Siroco
Le transport de chalands de débarquement « Siroco » est un bâtiment amphibie ayant la capacité de transporter et de mettre à terre sur un rivage non préparé une force aéroterrestre :
- par les airs, à l’aide d’hélicoptères Puma avec Gazelle en appui (appontages de jour comme de nuit)
- par la mer, aux moyens de chalands de transport de matériels (CTM)
Pour l’entraînement, ce bâtiment embarquera les forces avancées: Commandos Kieffer, Hubert, Montfort, Jaubert
Maîtrisant un socle de capacités communes (mobilité Mer-Terre-Air, combat commando, transmission...), chaque commando développe une dominante opérationnelle dont il fait un pôle d'excellence. 
Créé en 2008, le commando Kieffer est une entité de commandement (état-major projetable pour armer un PC de forces spéciales) et d'appui opérationnel qui développe des capacités atypiques et innovantes (cynotechnie de combat, guerre électronique, contreminage et dé-piègeage, mise en œuvre de drones...).  Basé dans la presqu'île de Saint Mandrier, à proximité de Toulon, le commando Hubert accueille les nageurs de combat, spécialisés dans l'action sous-marine. L’action du commando de Montfort se concentre sur la neutralisation à distance (tireur d'élite longue distance) et le guidage des appuis externes (naval, aérien, artillerie). Enfin, le commando Jaubert est spécialisé dans l'assaut et le contre-terrorisme maritime (extraction de ressortissants, assaut par embarcations d'un bâtiment en route libre, combat en milieu clos, libération d'otages).
 
 





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