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Bastia :« Le cancer en équation », quand les mathématiques rencontrent la médecine


le Samedi 21 Mars 2015 à 18:40 | Modifié le Samedi 21 Mars 2015 - 22:43


Jeudi soir, au sein de l’amphithéâtre de l’IRA, le professeur Dominique Barbolosi et l’oncologue Fabrice Barlesi ont donné une conférence intitulée « le cancer en équation ». Dans le cadre de la semaine de lutte contre le cancer, ce rendez-vous organisé par la Ligue et sa représentante Florence Santini-Gomez avait pour objectif de présenter au public comment les mathématiques font progresser la recherche en cancérologie. Venus de Marseille spécialement pour l’occasion, les deux conférenciers ont bravé les intempéries pour arriver finalement avec un peu de retard, on ne nous appelle pas « les patients » pour rien !... mais l’infime attente s’est fait immédiatement oublier par la qualité des propos.


Dominique Barbolosi et Fabrice Barlesi à l'IRA
Dominique Barbolosi et Fabrice Barlesi à l'IRA
D’un coté il y a le mathématicien, Dominique Barlosi, de l’autre, Fabrice Barlesi, oncologue à l’hôpital de Marseille. Travaillant ensemble depuis maintenant plus de dix ans, les deux chercheurs se connaissent bien et ont su allier depuis tant d’années leurs forces et leurs connaissances pour contrer une maladie qui fait plus de 80 000 morts par ans, le cancer du poumon. « C’est celui qui tue le plus, c’est pourquoi nous estimons qu’il y a beaucoup d’effort à faire dans ce domaine, et c’est pourquoi nous focalisons nos efforts là dessus. » précise Fabrice Barlesi.

Même s’ils exercent deux disciplines différentes, c’est bien le concept «d’innovation » qui les a rapprochés. Aujourd’hui, les deux chercheurs utilisent « la modélisation mathématique » pour trouver des nouvelles façons d’administrer les médicaments. Leur objectif ? Que la médicamentation soit plus adaptée à chaque cas ; non seulement c’est plus efficace pour lutter contre la maladie, mais c’est aussi moins toxique pour les patients.
Pour l’oncologue, ce n’est pas, comme on pourrait le penser, une médecine individualisée, « toute la médecine est de fait individualisée, mais notre idée est de produire une médecine de précision, faire le bon traitement à la bonne personne, au bon moment et à la bonne dose. Cette médecine de précision est compliquée à mettre en place, il y a énormément de données et de caractéristiques à prendre en compte, il y a donc énormément d’équations à résoudre, c’est là où les mathématiques rentrent en jeu. »
 

Avec les mathématiques, « c’est une nouvelle façon d’attaquer le problème »

Originaire du village d’Ucciani en Corse-du-Sud, le professeur de mathématique Dominique Barbolosi se rend souvent en Corse pour y donner des cours, pour faire réfléchir les lycéens et plus particulièrement les élèves qui se posent l’incurable question « mais à quoi servent les maths ? ». Les réponses de Dominique Barbolosi sont concrètes, cette matière tant redoutée par les enfants résout énormément de problèmes, parfois vitaux. C’est bien ce qu’a voulu démontrer le chercheur, devant un auditoire attentif, que les mathématiques sont au service des médecins, et donc des patients. Les variabilités étant très grandes entre les êtres humains et chaque cancer du poumon, que les équations et les algorithmes sont utilisés par les scientifiques pour exploiter au mieux les molécules et bien répartir les dosages.

L’oncologie, en Corse

« L’oncologie se développe en corse, mais c’est une discipline qui n’est pas encore achevée. » répond Dominique Barbolosi lorsqu’on lui demande s’il faut obligatoirement se rendre à Marseille pour être soigné.  En effet, contrairement par exemple à la cardiologie, l’oncologie est une discipline en perpétuelle évolution, les travaux de recherche sont vastes et parfois expérimentaux, la preuve en est aujourd’hui, avec l’alliance de la médecine et des mathématiques. Beaucoup de situations ne peuvent pas être résolues en Corse, et ce n’est pas une question de compétences. Pour beaucoup d’insulaires, il faut donc se faire soigner dans les CHU (Centre Hospitalier Universitaire), principalement ceux de Marseille, car les centres sont plus adaptés à cela, « tant que l’oncologie restera dans le domaine de la recherche, il faudra partir sur le continent pour se soigner,  dans 20 ans, on espère que ce ne sera plus le cas. » commente pour conclure le mathématicien. 




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