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Assemblée de Corse : Le bilan semestriel du président Bucchini


Rédigé par Nicole Mari le Mardi 30 Juillet 2013 à 19:36 | Modifié le Mercredi 31 Juillet 2013 - 01:29


Lors de la session raccourcie de l’Assemblée de Corse, qui s’est tenue jeudi dernier, le président Dominique Bucchini a fait, lors de son allocution d’ouverture, un bilan du 1er semestre 2013. Il a, plus particulièrement, insisté sur les travaux de la Commission violence qu’il préside et livré les premiers résultats d’une étude sur l’état de la violence en Corse. Il a, également, évoqué la controverse sur l’enquête épidémiologique concernant les retombées de Tchernobyl et le débat ajourné de la réforme territoriale.


Dominique Bucchini, président de l'Assemblée de Corse.
Dominique Bucchini, président de l'Assemblée de Corse.
Une fois n’est pas coutume, Dominique Bucchini a commencé son allocution en félicitant deux jeunes sportives insulaires : Marion Bartoli et Alexandra Feracci. La 1ère, originaire du Taravu (Palneca), a remporté la finale dames de Wimbledon le 6 juillet. La 2nde, étudiante en licence de STAPS à Corte, est devenue championne d’Europe universitaire de karaté, le 19 juillet à Budapest. Il a, ensuite, rapporté les travaux de la Commission sur la violence, qui s’est réunie, lundi dernier, à Corte et livré, notamment, les premiers résultats d’une étude associant l’Université et le CNRS sur l’état de la violence en Corse.
 
Des spécificités locales
L’étude confirme ce que l’on sait déjà. « Notre île juxtapose une situation relativement calme en matière de petite délinquance, en tout cas comparable aux départements ruraux de population équivalente, avec une dégradation sur le front de la criminalité que l’on ne retrouve que dans les plus grandes agglomérations », commente Dominique Bucchini.
Elle met en exergue trois spécificités locales concernant la violence ordinaire. La 1ère est la faible proportion de jeunes parmi les auteurs des actes : 9 % en Corse contre 18 % en moyenne nationale. La 2nde est le recours plus fréquent qu’ailleurs aux armes blanches et aux armes à feu. La 3ème est le fait que, le plus souvent, auteurs de violence et victimes se connaissent.

L’urgence d’agir
En même temps, cette singularité montre que, seule, la grande criminalité pose réellement problème dans l’île, à cause notamment d’un passage à l’acte plus rapide qu’ailleurs chez les jeunes. En même temps, elle risque, par effet d’entrainement, d’accentuer la petite délinquance jusqu’à présent contenue. Le cumul de ces deux violences rendrait très difficile la vie quotidienne. « Lutter contre la grande criminalité apparaît donc comme une urgence pour l’Etat, en ayant conscience que les actions supposeront du temps avant de produire leurs effets. A notre niveau, il convient de maximiser les leviers dont nous disposons : la lutte contre l’échec scolaire, la régulation de la spéculation immobilière, le soutien à l’investissement productif », ajoute le président de l'assemblée de Corse.
Néanmoins, l’étude relève un autre ratio qui suscite la réflexion : les homicides ou tentatives d’homicides sont deux fois moins nombreux que les morts par accidents de la route ou par suicide.
 
Un observatoire régional
« La Commission a donc confirmé, conformément aux préconisations évoquées dans son premier rapport d’étape, l’opportunité de lancer une étude de préfiguration d’un observatoire régional de la violence. Celui-ci serait chargé de collecter les chiffres et les indicateurs, comme de faciliter l’échange et l’aide à la décision », précise Dominique Bucchini. En attendant, la Commission violence poursuivra, durant le second semestre, le dialogue initié, depuis plusieurs mois, avec la jeunesse insulaire dans les lycées et collèges. Le but est de couvrir l’ensemble des microrégions. Au programme également, l’audition, le 5 septembre prochain, du Procureur général et des services judiciaires, en préalable à l’étude de la criminalité économique. Enfin, Dominique Bucchini tient à souligner « la constance et le volontarisme de cette commission : ce n’est pas par des effets d’annonce, ni par un fatalisme résigné que l’on redonnera confiance à la population, mais plutôt en restant mobilisés sur la durée ».
 
Une enquête sérieuse
Comme à son habitude, le président de l'assemblée de Corse a, aussi, fait un tour rapide de l’actualité immédiate. Revenant sur l’enquête épidémiologique concernant les retombées de Tchernobyl, il a rappelé que cette enquête a été financée par la CTC afin de clarifier un dossier de santé publique sensible, devenu polémique à force de maladresses et de confusions. La Commission Tchernobyl a, indique-t-il, travaillé pendant sept ans, « sans à priori, et en préservant l’unanimité des groupes ». L’enquête, confiée par appel d’offres européen à un groupement hospitalier italien, offre, selon lui, « toutes les garanties d’indépendance et de sérieux », notamment l’angle choisi consistant à analyser un échantillon considérable de patients insulaires, avant, pendant et après le passage du nuage. « Il ne m’appartient pas d’apprécier la valeur scientifique des résultats : c’est à la communauté des chercheurs d’en discuter. C’est, d’ailleurs, par la confrontation des travaux et des opinions que la science avance ». S’agissant du débat public, il déplore que « l’on en revienne à la situation antérieure, caractérisée par un véritable dialogue de sourds. Le sujet peut certes susciter les passions, il mérite en tout cas un véritable échange argumenté ».
 
Les raisons d’un report
Enfin, le président Bucchini a expliqué les raisons du report du débat concernant la réforme du statut particulier de la Corse, qui aurait du être examinée lors de cette dernière session de juillet. Le rapport, élaboré par le Président de la Commission des compétences législatives et règlementaires, Pierre Chaubon, a été adopté par ladite Commission, le 12 juillet. Mais, dit-il, « plusieurs groupes politiques, dont le groupe le plus nombreux de l’opposition, m’ont fait valoir - ainsi qu’au Président de la Commission des compétences - qu’ils souhaiteraient disposer d’un délai supplémentaire avant de se prononcer sur un tel dossier ». La Commission permanente a donc pris, « à l’unanimité », la décision de reporter le débat à l’automne, vraisemblablement lors d’une session spéciale, les 26 et 27 septembre prochains.
« S’agissant de la forme, d’abord, elle a constaté qu’aucune urgence, demande du Gouvernement ou convocation à venir du Congrès, ne justifiait que l’on précipite l’examen du dossier en réduisant les délais ordinairement prévus par le règlement intérieur. S’agissant du fond, ensuite, elle a considéré que ce dossier était le fruit d’un travail considérable d’auditions, d’expertises et de réflexions, et qu’il comportait des enjeux tout aussi importants pour l’avenir de la Corse et de ses institutions ». Pour Dominique Bucchini, ce délai doit être mis à profit pour animer le débat public dans la population en vue du référendum régional.
N. M.



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