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Après la visite de François Hollande : L’amertume au cœur du débat


Rédigé par Antoine Astima le Jeudi 2 Mars 2017 à 23:59 | Modifié le Vendredi 3 Mars 2017 - 00:10


Amertume pour les élus de la majorité territoriale, « effets d’annonces » ou bilan de fin de quinquennat pour d’autres, les sentiments restent les mêmes pour la plupart des familles politiques de l’Assemblée de Corse…


Après la visite de François Hollande : L’amertume au cœur du débat
Jean-Christophe Angelini : « Nous n’avions pas de réelles attentes compte tenu de ce qui précédait cette visite en termes d’annonces ou d’indiscrétion. Mais, tout de même dans les rangs des élus de la Corse et par-delà les simples frontières des élus de la majorité, c’est une grosse amertume qui ressort de cette visite. Certes, je le répète, nous ne nous attendions pas à des miracles mais tenir ce discours devant cette Assemblée un et quelques mois après notre accession à de nouvelles responsabilités, dans un contexte d’apaisement et d’évolution générale…Ce discours s’est borné à un simple inventaire des actions conduites ces derniers mois, sans souffle, sans perspectives, sans projet global, c’est véritablement dommage pour la Corse. Nous ne désespérons pas pour autant et nous continuerons dans la voie qui a porté les Corses à nous soutenir et à nous accompagner. Mais je pense que c’est une occasion manquée pour le Président de la République et au-delà, pour l’Etat français. On aurait pu penser, compte tenu qu’il ne sollicite pas de renouvellement pour son propre mandat, qu’une perspective pouvait être donnée, ça n’a pas été le cas, il y avait largement la place, ça n’a pas été au rendez-vous. Pour nous, il n’y a pas d’éléments de langage. La suite ? Cette majorité territoriale a besoin de débattre avant et après des annonces de ce genre. En dépit d’un contenu particulièrement faible pour le discours de Président de la République dans l’hémicycle de l’Assemblée de Corse, nous allons continuer à travailler discuter, envisager. D’après les premières réactions glanées, il est certain que l’on note une volonté de prendre la mesure avec, toutefois, en toile de fond ce mécontentement et cette angoisse un peu sourde par rapport à l’avenir. »


José Rossi : « C’est la fin d’un quinquennat. François Hollande fait le tour de France et assume son bilan. S’il avait été bon, il aurait été de nouveau candidat. Et en Corse, il revendique un bilan qui doit être partagé. En revanche, il n’est pas capable d’engager l’avenir. On l’entend dire sous forme de menace, que l’on pourrait remettre en cause la collectivité unique. Personne ne la remettra en cause. La question, c’est de la parfaire. Et justement, il s’appuie sur la loi Notre, que nous n’avons pas voté car elle était réductrice mais elle a trouvé ses limites. Il faudra une loi nouvelle pour avoir un équilibre des pouvoirs en Corse. Pour le reste, il n’a rien offert aux discours de Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni. Rien sur l’amnistie, il ne répond pas sur le pouvoir législatif et reconnaît qu’il y a la France, une République indivisible même si nous avons, dans l’île, des spécificités. Nous sommes tous d’accord là-dessus, il n’y a rien de transcendant. C’est la fin d’un quinquennat médiocre. »


Camille de Rocca Serra : « Nous sommes respectueux des institutions, un Président de la République est venu pour faire ses adieux et personne ne le regrettera. Et la Corse, seul point positif, c’est sur les droits de successions. J’ai lancé personnellement l’opération, une proposition de loi qui est devenue celle de tous et je me réjouis que l’on ait réussi le consensus. Quand il dit qu’il n’a pas pu inscrire la Corse dans la constitution parce que c’est un problème de majorité, c’est un manque de courage. Quand on a des idées, en politique, quitte à ne pas gagner, on va jusqu’au bout. Qui ne tente rien n’a rien. En 2008, Nicolas Sarkozy a fait une révision de la constitution et a obtenu trois voix de majorité prenant le risque de perdre, c’est comme ça que l’on gagne. François Hollande n’a fait que botter en touche. On va l’excuser, c’est la fin. La seule chose importante, aujourd’hui, consistait à aller se recueillir sur les cendres de Michel Rocard et j’aurais bien aimé accompagner, en cela, le Président. Je soulignerais, toutefois, que Michel Rocard était farouchement opposé à la proportionnelle au niveau des législatives. Nous avons eu un échange à ce sujet. Je suis gaulliste et la Ve République, aujourd’hui, il faut la préserver car certains pourraient la mettre en danger. Il est temps que l’on débatte des vrais sujets. En tout cas, pour la Corse, c’est à nous de construire l’avenir avec un nouveau gouvernement, celui-ci puis d’autres. C’est un parcours mais il doit se faire dans le respect de la république. »


Saveriu Luciani : « Per avà, simu sempre in u quadru di a custituzione francese. Ùn ci vede micca, da a parte di a Francia, issu sforzu puliticu chì pudaria fà scambià e cose cum’è, d’altronde, si face in altrò in Auropa. Cù una ricunniscenza di i detti regiunale. A lingua corsa, per ciò chì tocca à e me respunsabilità, hè una lingua naziunale. Stemu sempre à u nivellu di u funziunamentu di l’Educazione. Iè, ci hè stata a pruposta d’agregazione, ci hè dinù u rinforzu di u pianu di furmazione, ma ùn basta ! Dumandemu, un pinau, simbule à u secundariu ma prima di tuttu, u statu deve francà, oghje, u passu. E micca solu per l’Educazione. Pensu ch’ella ci hè una visione « Giacobinista » di a cuncipitura linguistica. Vulemu un passu, un saltu ver di a ricunniscenza ufficiale di a lingua. Ma sta ricunniscenza sorte, à un mumentu datu da lEducazione. Ghjè arrimbata à a ricunniscenza di u populu. Ci h, fora di ciò ch’ellu ci hà dettu u Présidente, a pussibilità di fà valè issu puntu di vista. Culleremu in Parrighji, d’aprile, à scuntrà a ministra di l’Educazione per cuntinuà. Simu in u gestione ristretta. Ci vole a ricunniscenza d’issi lingua cum’è lingua naziunale. A gestione, ùn basta. Ricunnosce issa lingua hè dinù un fattu sucietale. A lingua hè oghje, limitata à u quadru sculare. Un hè mancu appena què ch’è noi dumandemu. Dumandemu a lingua per una sucetà corsa è u populu corsu. Fora di què, ci hè pocu affare à dì nantu à a visita di u presidente. Sapiamu dighjà ciò ch’ellu avia d dì da u puntu di vista di l’Educazione è di a lingua. Avemu da cuntinuà a nostra strada… »


Petru Antò Tomasi : « François Hollande n’apporte rien de neuf. Concernant les principaux dossiers, il s’est eclipsé. Concernant la révision de la constitution, je rappelle que lorsqu’il est venu en 2013 pour l’anniversaire de la libération de la Corse, il ne fermait pas la porte à une telle réforme. Aujourd’hui, cette revendication correspond au temps politique, il y a eu un consensus, un compromis fort, 46 voix sur 51 en septembre 2013. Il évoque la notion de peuple corse, nous estimons que cela a du sens mais cette notion ne doit pas demeurer au stade de la formule rhétorique. Cette notion doit, au contraire, être créatrice de droits afin de permettre concrètement au peuple corse de prendre en mains son destin. »




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