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Antoine Giorgi : « Le développement économique, social et culturel de nos territoires passe par le haut débit ! »


Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 26 Juin 2015 à 23:46 | Modifié le Samedi 27 Juin 2015 - 00:29


Le Très Haut Débit est un enjeu déterminant pour la Corse. Dès 2009, la Collectivité territoriale de Corse (CTC) s’est engagée dans l’élaboration d’un Schéma directeur territorial d’aménagement numérique (SDTAN), finalement voté en juillet 2012. Lors de la session du 26 juin, elle a adopté, à l’unanimité, le renforcement et l’extension d’un réseau de fibres optiques avec l’acquisition de trois segments complémentaires pour assurer une montée en débit efficace. Des élus de l’opposition et de la majorité ont dénoncé les débits insuffisants, voire le blocage du haut débit en zone rurale, comme un frein au développement. Antoine Giorgi, conseiller territorial UMP du groupe Rassembler pour la Corse et maire de Serra-di-Ferro, explique, à Corse Net Infos, que le numérique est le meilleur moyen de redonner vie aux territoires les plus reculés et de lutter contre la désertification de l’intérieur.


Antoine Giorgi, conseiller territorial UMP du groupe Rassembler pour la Corse, maire de Serra-di-Ferro, vice-président de la Communauté de communes du Taravo.
Antoine Giorgi, conseiller territorial UMP du groupe Rassembler pour la Corse, maire de Serra-di-Ferro, vice-président de la Communauté de communes du Taravo.
- Qu’est-ce qui vous ennuie dans le dossier sur la fibre optique qui vient d’être voté ?
- Rien ne m’ennuie dans ce dossier qui est utile parce qu’il permet de conforter la structuration globale du réseau Fibres optiques sur la Corse qui avait été engagée, il y a de nombreuses années. J’ai profité de ce rapport pour parler des difficultés que nous rencontrons dans le rural avec les débits actuellement proposés. Ces débits, prévus dans le cadre de la DSP (Délégation de service public) qui avait été donnée à Corsica Haut Débit, offrent 2 mégabits par seconde au maximum. On ne peut pas parler de développement de nos réseaux et de nos territoires sans une réflexion très forte sur le développement du haut débit !
 
- Pourquoi ?
- Parce que ce sont les hauts débits qui, demain, permettront un développement économique, social et culturel de nos territoires. J’ai simplement posé la question de savoir où en est le Schéma directeur qui prévoit l’aménagement numérique de la Corse entre 2012 et 2016. Ce schéma arrive presqu’à échéance, et je ne vois pas de projets véritablement concrets concernant le développement du haut-débit ou son amélioration sur les territoires ruraux.
 
- Quelle part de territoires ruraux est, aujourd’hui, couverte par le haut-débit ?
- Près de 95% des gens sur le territoire disposent de l’ADSL, pour ne pas dire 99%, mais avec des débits entre 512 et 2 mégabits. Ce n’est pas suffisant ! L’Exécutif dit que l’objectif fixé est d’arriver à 80% dans quelques années. Mais, le haut débit ne représente que 50% ou 60%. Ce sont surtout les grandes agglomérations, Ajaccio, Bastia, Porto-Vecchio et Sartène, qui bénéficient de la mise en place de ce haut débit. Dans l’intérieur, les communautés de communes, je pense en particulier à celle du Taravo dont je suis vice-président, ont des difficultés. Pour nous développer économiquement, nous avons prévu de travailler sur le développement du haut-débit. Nous espérons que la CTC nous aidera à mener à bien ces projets.
 
- Quel type de développement économique rural est lié au haut débit ?
- Le problème est de créer l’offre qui, elle, va produire du développement. Sur ma commune, Serra-di-Ferro, qui est une petite commune du littoral, des gens voudraient s’y installer pour travailler à distance, mais ne peuvent pas le faire, faute de débit suffisant. Pour lutter contre la désertification de nos territoires, il est nécessaire de faire du haut débit. Les maires se sont jusqu’à présent surtout occupés de problèmes d’eau, d’électricité et de routes. L’aménagement des territoires passait par la construction des routes et l’électrification. Les routes de l’avenir sont celles du haut débit !
 
- Sans Internet, pas de développement ?
- Ce n’est pas qu’Internet ! Internet, on peut l’avoir. Tout le monde l’a ! La question est d’avoir, avec Internet, des fichiers, de pouvoir les remplir et les utiliser. Un ancien élu national, Jean-Louis Borloo s’occupe, aujourd’hui, de l’électrification de l’Afrique parce que, dit-il, c’est l’électrification qui amènera les gens à la vie et à la lumière. Aujourd’hui, sur nos territoires, si on veut amener les gens à la vie et à l’ouverture vers le monde extérieur, seul le haut débit peut le faire ! Je le répète, le développement économique social et culturel de nos territoires passe, aujourd’hui, par le haut débit !
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 




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