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Antoine Feracci : « La Fête de la Science est la vitrine de l’innovation corse »


Rédigé par Nicole Mari le Mercredi 9 Octobre 2013 à 23:19 | Modifié le Jeudi 10 Octobre 2013 - 00:42


La Fête de la Science, qui se tient du 9 au 13 octobre, a démarré, symboliquement, mercredi matin, à Ajaccio, dans l’enceinte de la société Corse Composites, fleuron de l’industrie corse. Avec plus de 84 projets labellisés sur 39 sites, l’objectif est de faire, de cette 22ème édition, une vitrine de l’innovation insulaire tout en s’efforçant de donner, à la jeunesse, le goût des sciences. Explications, pour Corse Net Infos, d'Antoine Feracci, président du CPIE Corte Centre Corse- A Rinascita qui coordonne la fête de la Science depuis 3 ans et promeut la culture scientifique tout au long de l’année.


Antoine Feracci, président du CPIE Corte Centre Corse- A Rinascita.
Antoine Feracci, président du CPIE Corte Centre Corse- A Rinascita.
- Quel est le thème retenu cette année ?
- La thématique est : « De l’infiniment grand à l’infiniment petit ». En fait, comme nous ne sommes pas tenus par une seule thématique, nous avons élargi à l’environnement, l’archéologie, l’astronomie, la santé et la biodiversité. Nous proposons des animations de nature très différentes, notamment des expositions, des conférences, des visites de sites et des ateliers ludiques. Notre objectif, en tant que coordonnateur, était de redynamiser la manifestation et de l’axer sur l’innovation. C’est pour cela que, mercredi matin, nous avons lancé la Fête de la Science depuis la société Corse Composites Aéronautiques qui fêtait, d’ailleurs, ses 30 ans.
 
- Pourquoi avez-vous choisi cette société ?
- C’est une entreprise particulièrement innovante qui commercialise ses produits, non seulement en France avec des clients prestigieux comme Airbus Industrie ou Dassault, mais aussi à l’international. Elle emploie beaucoup d’étudiants issus de l’école d’ingénieurs de l’Université de Corse (Paoli Tech). Et, justement, la Fête de la Science est un moyen de sensibiliser les scolaires, dès leur plus jeune âge, aux filières scientifiques, et de donner le goût des sciences. L’objectif est de pallier la défection, que l’on constate au niveau national, dans ces carrières qui attirent plus de femmes que d’hommes.
 
- Combien de projets présentez-vous ?
- Cette année, plus de 84 projets labellisés, soit 10% de plus que l’an dernier, sont présentés à travers toute la Corse dans plus de 39 sites, du Cap à Bonifacio. La Haute-Corse compte 27 manifestations labellisées dont 5 pour la région Cap Corse-Bastia-Nebbiu. Le Centre Corse, particulièrement Corte, en rassemble 12, la Plaine Orientale et la Balagne en ont, chacune, 5. Une vingtaine de manifestations labellisées sont programmées en Corse du Sud dont 4 dans le Sartenais-Taravo-Valinco, 13 à Ajaccio-Porto-Côte Occidentale et 3 dans l’Extrême-Sud.
 
- Comment vous situez-vous par rapport aux autres régions françaises ?
- La Corse est au 13ème rang national pour la participation et le nombre de projets, devant l’Alsace, la Champagne-Ardenne, la Bourgogne, la Lorraine ou encore le Languedoc-Roussillon, des régions où il y a quand même de grosses universités et des muséums d’histoire naturelle.
 
- Quels sont les temps forts ?
- Il y en a plusieurs. Par exemple, à Bastia, au P@m de Paese Novu, est présenté « Le monde de la loupe » avec des enfants qui vont fabriquer une loupe, ou encore la biodiversité marine avec l’association Marina. A San Giuliano, nous mettons un focus sur la viticulture dans un projet intitulé « Du raisin au vin : La Corse viticole » en partenariat avec le Centre de recherche viticole de Corse. Le but est d’expliquer aux enfants et au grand public les processus de vinification. A Corte, nous proposons « Big Bang dans une éprouvette », une conférence de Laurent Chevalier, physicien du CERN, organisation européenne pour la recherche nucléaire. Le prix Nobel de physique, qui était décerné mardi, a récompensé la découverte d’une nouvelle particule sur laquelle le Pr Chevalier travaille !
 
- En Corse du Sud ?
- A Ajaccio, nous proposons, notamment au lycée Laetitia qui fait preuve d’un important engagement pour la Fête de la science, l’exposition « Thalès : Philosophie et Astronomie » et plusieurs conférences avec des astrophysiciens du CNRS. A Bonifacio, est prévue la visite de la réserve naturelle des Tre Padulle et la découverte des mares temporaires de Méditerranée, une action en partenariat avec l’Office de l’environnement et le Parc marin.
 
- En quoi la journée de vendredi est-elle particulière ?
- C’est une journée phare. A Corte, dans la Halle des Sports de l’université des Sciences, 42 ateliers scientifiques seront proposés, non seulement par l’Université, mais aussi par d’autres acteurs, insulaires ou extérieurs, de la culture scientifique. Par exemple, l’université de Toulouse présente un projet sur la pollution dans l’île. Il y aura également des jeux et des visites de laboratoires. Près d’un millier de scolaires sont inscrits pour suivre cette journée. Nous profitons, de cette occasion, pour valoriser le travail de deux doctorants en leur attribuant deux prix de la communication scientifique, un en Sciences techniques et de santé et un en Sciences humaines et sociales. Pour nous, la Fête de la Science est la vitrine de l’innovation insulaire et l’aboutissement d’une année de travail, mais notre objectif est d’avoir une action sur le long terme.
 
-  De quelle manière ?
- Dans la continuité de la collaboration avec l’Université de Corse et le CNRS, nous avons signé, dernièrement, une convention cadre en matière de culture scientifique afin d’organiser des actions tout au long de l’année dans les lycées et les écoles et des actions en direction du grand public à l’Université. Ce partenariat est complété par une convention, que nous avons nouée depuis deux ans, avec le Rectorat pour favoriser la formation des enseignements du primaire à la culture scientifique. Cela se traduit, la plupart du temps, par des interventions en milieu scolaire, mais aussi sur des lieux où il y a des rassemblements, comme les foires, où nous proposons des animations.
 
- Depuis 3 ans que vous coordonnez la Fête de la Science, que constatez-vous ?
- De 27 projets, il y a 3 ans, nous sommes passés à 84 cette année. Ce qui signifie que nous avons boosté les manifestations et surtout les acteurs de la culture scientifique, c’est-à-dire de la vulgarisation scientifique. Même si tout n’est pas explicable au commun des mortels, pour que les sciences soient accessibles, elles doivent être vulgarisées. C’est le rôle des CPIE, comme le nôtre, de le faire en travaillant avec une équipe de salariés diplômés (de Master II au doctorat) et les chercheurs pour présenter au grand public néophyte les progrès de la science. C’est pour cela que nous essayons, à travers des conférences et des ateliers, de confronter ces deux mondes. Les chercheurs expliquent aux scolaires leur parcours et leur vie de scientifique.
 
- La forte augmentation des projets s’est-elle accompagnée d’une augmentation des publics ?
- Oui. Au départ, la Fête de la Science rassemblait entre 1500 et 2000 personnes. L’an dernier, nous avons comptabilisé plus de 9000 personnes qui ont participé activement. En dehors de celles dédiées aux scolaires, certaines manifestations attirent beaucoup de public. Cela devrait être le cas, par exemple, de l’exposition et du rendu du travail scientifique, effectué sur le mouflon en Corse et dans le monde. Ce travail important sera présenté pour la 1ère fois à l’Office de l’environnement à Corte avec des spécimens de mouflons naturalisés et la chronologie de ces espèces. Il montre que l’opération de repeuplement des mouflons en Corse a réussi puisque, l’an dernier, les services de l’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) ont photographié une transhumance de 250 têtes. Autre exemple : nous avons invité les créateurs du 1er Fab Lab (atelier de création), un concept nouveau qui vient des USA et qui est le principe résumé de l’imprimante 3D.
 
- Pourquoi ?
- Nous souhaitons en réaliser un. Nous avons déposé un projet à la Collectivité territoriale (CTC) et au ministère du développement productif. Cette manifestation va attirer un public divers qui est concerné : des lycéens de Terminale S aux étudiants de la filière Arts et de la filière informatique. Les manifestations sont donc très diversifiées pour répondre à tous les goûts et à toutes les attentes.
 
- Dans quel état est le monde des sciences en Corse ?
- Le monde des sciences s’est développé, ces dernières années, ne fut-ce que par le développement de l’université. Le plus grand centre insulaire de chercheurs était l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) situé à San Giuliano et Corte. Depuis, de nouveaux laboratoires de recherche se sont créés dans différents domaines, presque tous à l’université, qui est le noyau dur de la recherche en Corse. Le nombre de chercheurs a augmenté. Aujourd’hui, la Corse compte plusieurs organismes de recherche, notamment le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) et STARESO (Station de recherche sous-marines et océanographiques) qui fait un travail important en Méditerranée.
 
-  Que dire de l’innovation scientifique ?
- En dehors du projet Myrte, il y a de gros projets de recherche, notamment en matière agronomique, avec une application directe sur le territoire. Par exemple, autour de la plateforme Myrte, un certain nombre de projets ont vu le jour, notamment dans le secteur des énergies renouvelables avec un système de capteurs solaires sur les gouttières ou sur des volets ou la récupération de la rosée du matin. Le but de ces projets est de trouver des débouchés avec un potentiel économique certain.
 
Propos recueillis par Nicole MARI



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