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A Strada di u Vermentinu, un projet d’œnotourisme entre la Corse et l’Italie


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 11 Juin 2015 à 00:53 | Modifié le Jeudi 11 Juin 2015 - 00:54


La Chambre d’agriculture de Haute-Corse a organisé, mercredi, à l’hôtel La Roya à Saint Florent, une journée de rencontre autour du projet de promotion du cépage Vermentinu et de l’œnotourisme entre la Corse, la Sardaigne, la Toscane et la Ligurie. L’objectif est de montrer, à travers la création d’une route basée sur ce cépage commun aux quatre terroirs, que la viticulture est un axe fort de développement durable et touristique. C’est également un moyen de préserver les terres, les paysages et de lutter contre la spéculation immobilière. Explications, pour Corse Net Infos, de Jean-Marc Venturi, vice-président de la Chambre d’agriculture de Haute-Corse, de Federico Ricci, président de l’oenothèque régionale de Ligurie, de Gilles Simeoni, maire de Bastia, et de Jean-Baptiste Arena, vigneron et maire-adjoint de Patrimoniu.


Joseph Colombani et Jean-Marc Venturi, responsables de la Chambre d'agriculture de Haute-Corse (au 1er plan), Ange-Pierre Vivoni, maire de Sisco, Gilles Simeoni, maire de Bastia, et Jean-Baptiste Arena, maire-adjoint de Patrimoniu (au 2nd plan).
Joseph Colombani et Jean-Marc Venturi, responsables de la Chambre d'agriculture de Haute-Corse (au 1er plan), Ange-Pierre Vivoni, maire de Sisco, Gilles Simeoni, maire de Bastia, et Jean-Baptiste Arena, maire-adjoint de Patrimoniu (au 2nd plan).
Jean-Marc Venturi : « Nous voulons d’ici un an ou deux, attirer des Tours operators spécialisées dans l’oenotourisme en proposant des itinéraires »
 
- Pourquoi avez-vous organisé cette journée ?
- C’est un peu l’aboutissement de quelques années de collaboration avec les différentes régions qui ont participé au programme européen VER.TOUR.MER de promotion des régions méditerranéennes. Dans la viticulture, le dénominateur commun de ces régions est le Vermentinu, un cépage que l’on trouve en Sardaigne, en Toscane, en Ligurie, dans le Sud de la France et beaucoup en Corse où il est notre cépage principal. Nous allons passer à une autre phase que nous avons voulu rattacher à un programme oenotouristique développé par la Chambre d’agriculture de Haute-Corse.
 
- En quoi consiste ce programme oenotouristique ?
- Il consiste à mettre en place, chez les vignerons, toute une série d’actions pour faire venir les gens chez ceux qui sont équipés pour les recevoir. Puis, d’ici un an ou deux, attirer des Tours operators spécialisées dans l’oenotourisme en proposant des itinéraires. Il existe des spécialistes qui remplissent des avions entiers de touristes du Nord de l’Europe pour les emmener visiter des vignobles et déguster des vins. L’objectif est, à la fois, d’apporter une valeur ajoutée aux caves qui seront incluses dans l’itinéraire et de faire la promotion de nos produits puisque le touriste sera en contact direct avec le producteur.
 
- Avez-vous quantifié les bénéfices escomptés de l’oenotourisme ?
- Non ! Il faut, d’abord, attirer la clientèle qui arrive en Corse et, ensuite, créer de nouveaux circuits avec des gens qui, aujourd’hui, ne viennent pas en Corse parce que la destination oenotouristique n’existe pas. Ces passionnés du vin, qui passent 15 jours en Bourgogne ou en Alsace pour visiter les vignobles, passeront 15 jours en Corse pour les mêmes raisons. C’est, de plus, un tourisme à l’année.
 
- Quand ce projet sera-t-il mis en place ?
- Nous sommes en train de recenser tous les producteurs qui ont déjà les structures pour recevoir du public. C’est le plus difficile ! Ensuite, nous mettons en place, à la Chambre d’agriculture, une cellule pour inciter les viticulteurs qui n’ont pas de structure adéquate à s’en doter et les conseiller sur la façon de procéder et les erreurs à ne pas commettre. Enfin, nous pourrons, alors, commencer à définir un véritable circuit sur toute la Corse et organiser un voyage avec un Tour Operator sur 5, 6, 8 ou 10 jours, peut-être plus… Nous organiserons au fil du temps.
 
- Comment comptez-vous raccrocher ce programme local au projet de Route du Vermentinu entre l’Italie et la Corse ?
- Il est possible, par exemple, avec l’Europe du Nord, d’établir un circuit où les gens passeront trois jours en Ligurie, trois jours en Corse, trois jours en Sardaigne… On peut tout imaginer. C’est open ! Nous sommes encore en Corse dans une phase d’organisation que la Ligurie a déjà dépassée puisqu’elle aligne une Route avec une centaine de producteurs. J’ai bon espoir que nous y arriverons assez vite.
 
- Le vignoble des Cinque Terre est classé patrimoine mondial de l’Unesco, celui de Patrimoniu est classé au niveau français. La Chambre d’agriculture de Corse a-t-elle, aussi, une démarche de classement et de protection d’autres vignobles ?
- Nous avons soutenu la démarche de classement de Patrimoniu, mais nous ne pouvons pas le faire partout dans l’île. Patrimoniu, comme les Cinque Terre, a un cadre naturel unique : la vigne est concentrée, les producteurs sont installés les uns à côté des autres. Ce n’est pas le cas dans les autres zones de l’île. Ce sont les conditions géographiques qui créent ce type de classement.
 
- Quelle est la problématique de la viticulture corse aujourd’hui ?
- La problématique de la viticulture européenne, avant même de parler de la Corse, est qu’elle est soumise à des droits de plantation. Si on voulait planter 1000, 2000 ou 3000 hectares supplémentaires, on ne pourrait pas le faire ! La seule démarche, que nous pouvons faire, est d’avoir une notoriété suffisante pour valoriser les vins les moins valorisés. Entre 30 % à 35 % de notre production est commercialisée dans des circuits qui ne sont pas suffisamment rémunérateurs. Cela prendra quelques années pour les valoriser.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 

Federico Ricci, président de l’oenothèque régionale de Ligurie, : « Je rêve d’une grande route du Vermentinu qui relierait la Corse, la Sardaigne, la Toscane et la Ligurie ».


Le président de l'AOC Patrimoniu, Jean-Laurent de Bernardi.
Le président de l'AOC Patrimoniu, Jean-Laurent de Bernardi.
Gilles Simeoni : « Bastia doit être la porte d’entrée vers le Cap Corse, le Nebbiu et la Conca d’Oru »
Seul homme politique présent avec Ange-Pierre Vivoni, maire de Sisco, et Jean-Baptiste Arena, maire-adjoint de Patrimoniu, le maire de Bastia et leader des Nationalistes modérés, Gilles Simeoni, explique, à Corse Net Infos, l’importance du développement de l’oenotourisme comme enjeu stratégique pour la Corse.
« Ensemble, nous devons travailler à ériger le territoire en véritable locomotive du développement économique durable. A travers la promotion de l’oenotourisme, ce sont tous les enjeux stratégiques de la Corse d’aujourd’hui qui sont concentrés : dynamiser l’intérieur, protéger les terres agricoles, lutter contre la spéculation, créer de la richesse et la redistribuer… A partir du travail effectué pendant des années par tous les acteurs de terrain, notamment les vignerons de Patrimoniu qui ont développé leur vignoble, leur village, et su conserver des cultures et des savoir-faire ancestraux, nous avons tous les atouts pour réussir et nous positionner comme un territoire véritablement attractif dans une proximité géographique aussi bien avec le continent français qu’avec la Toscane et la Ligurie. Ces acteurs de terrain doivent être, aujourd’hui, soutenus dans une logique d’ensemble par un engagement fort des institutions et des collectivités. »
 

Jean-Baptiste Arena, vigneron, : « Nous pouvons créer un axe fort de développement à travers la locomotive qu’est la viticulture »





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