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A Chjama Naziunale appelle à une clarification des règles du jeu avec le PNC pour les Territoriales


Rédigé par Nicole Mari le Dimanche 7 Juin 2015 à 19:32 | Modifié le Lundi 8 Juin 2015 - 00:59


Après Inseme per a Corsica en avril dernier et avant le PNC (Partitu di a nazione corsa) le 14 juin, c’est le troisième pilier de Femu a Corsica, A Chjama Naziunale, qui a rassemblé, autour d’una accolta, ses militants à Corte, dimanche après-midi. Le mouvement du leader historique, Edmond Simeoni, et du conseiller territorial, Jean Biancucci, s’est livré à une attaque en règle contre le gouvernement et la mandature Giacobbi. Taclant le comportement du PNC lors de l’élection municipale d’Ajaccio, il appelle à une clarification des règles du jeu avec ses partenaires d’ici au 15 juillet en vue d’un éventuel contrat politique pour les Territoriales. Explications, pour Corse Net Infos, de Jean Biancucci.


Le leader historique, Edmond Simeoni, entouré de Michel Castellani et de Jean Biancucci, conseillers territoriaux du groupe Femu a Corsica.
Le leader historique, Edmond Simeoni, entouré de Michel Castellani et de Jean Biancucci, conseillers territoriaux du groupe Femu a Corsica.
- Quelle est le but de cette « accolta » ?
- Périodiquement, nous réunissons A Chjama, qui n’est pas une structure concurrente des autres mouvements existants, mais une composante de Femu a Corsica. A Chjama a été créée en 2003. Elle a, notamment, participé à la réunion des Nationalistes à travers Unione Naziunale en 2004 et poursuivi en 2010 avec trois élus à l’Assemblée de Corse, en l’occurrence Christine Colonna, Michel Castellani et moi-même. Les militants nous ont demandé d’organiser un débat sur la suite, à savoir les élections territoriales et les discussions concernant l’union aussi bien à l’interne, avec Femu a Corsica, qu’en externe avec les autres Nationalistes, voir avec d’autres forces dans le cadre d’un contrat de gouvernance.
 
- Qu’avez-vous décidé ?
- Nous avons essayé de répondre à ces questions, mais pas de manière définitive parce que certaines relèvent d’une discussion préalable avec les autres composantes de Femu a Corsica. Néanmoins, il apparaît clairement qu’il est nécessaire de contractualiser une union future éventuelle.
 
- Pourquoi « éventuelle » ? Etes-vous en train de remettre en cause l’union de Femu a Corsica ?
- Pas du tout ! Il s’agit simplement de parfaire l’union en évitant tout ce qui peut apparaître ou est perçu comme des comportements qui ne relèvent pas de l’éthique dans laquelle a été décidée cette union.
 
- Est-ce l’attitude du PNC lors de la municipale d’Ajaccio que vous fustigez ?
- Par exemple ! Il ne s’agit même pas de l’organisation elle-même ! Il s’agit du comportement de certains militants du PNC qui ont pris une décision avec nous et qui ont fait le contraire, dans l’esprit, quelques heures après. Il s’agit, aussi, des erreurs de parcours qui, sans doute, étaient dues à la jeunesse de Femu a Corsica qui n’existe que depuis 2010. Si ce ne sont que des erreurs de jeunesse, passe, si on s’enferme dans des comportements qui, in fine, peuvent être contraires à l’union, il faut y remédier. Notre souci n’est pas de bloquer la situation, mais d’essayer de trouver les voies et moyens pour borner, à la fois, le comportement politique et le comportement éthique, les deux choses vont de paire.
 
- Que proposez-vous exactement ?
- Nous pourrions définir une charte entre les mouvements. Il semble que ce débat a déjà eu lieu au sein d’Inseme qui nous a saisi d’un contrat politique et éthique. Nous avons reçu le document et nous sommes en train de l’analyser. Je suppose qu’il sera, aussi, débattu au sein du PNC. Nous travaillons à confirmer ou infirmer certains points pour obtenir une charte qui prenne en compte aussi bien ce qui est fondamental que ce qui relève de la tactique et de la stratégie. Une des conditions demandée par A Chjama est que le document soit public. Pas un document sottu sottu, genre pulitichella ! Ce document doit nous engager devant l’opinion afin qu’elle puisse juger, non seulement de la qualité du discours et des propositions, mais aussi de la dimension comportementale et éthique.
 
- Pourquoi étaler votre linge sale sur la place publique avant que les discussions n'aient lieu en interne ?
- Il n’y a pas eu de lâchage sur la place publique, sinon il faut me donner des éléments ! Nous n’avons jamais été amenés à répondre publiquement à des appréciations différentes de la situation ou à des contradictions qui ne sont pas apparues à Ajaccio ou ailleurs, dans d’autres territoires. Ce n’est pas notre habitude ! Mais, il est vrai que, si demain, ces problèmes ne sont pas réglés par le haut, nous serions devant une difficulté majeure.
 
- On a l’impression que vous ne dialoguez que par média interposé. Ne discutez-vous pas ensemble ?
- Nous discutons ! Depuis janvier, nous avons eu de nombreuses réunions entre responsables. C’est vrai qu’elles n’ont pas été faites à l’échelle d’une représentation militante importante, mais la qualité des participants a permis de cerner les problèmes, les niveaux et la façon d’apporter des solutions.
 
- Est-ce bien raisonnable de mettre tout cela sur la table à six mois des Territoriales ? N’est-ce pas un peu tard ?
- Justement ! A la Chjama, nous voudrions éviter de poser les problèmes au dernier moment, c’est-à-dire à la reprise de septembre. Il faudrait que ces choses soient réglées, peut-être d’ici à la fin du mois, en tout cas au maximum d’ici au 15 juillet. Si nous arrivons à les régler, le reste, c’est de l’opérationnel. Nous restons optimistes, même si cela va exiger de nombreuses réunions. L’accord ne peut pas se faire dans un claquement de doigt !
 
- Partir aux Territoriales sans le PNC est-ce une option envisageable ?
- Nous sommes exactement à l’inverse ! Aujourd’hui, la seule option envisagée est d’essayer de contrarier tout ce qu’il y a eu d’effets négatifs dans les comportements, les décisions et l’affichage politique. Ce qui ne veut pas dire, non plus, qu’il n’y a pas de problèmes avec le PNC ou avec des éléments du PNC ! Si ce n’était pas le cas, Inseme n’aurait pas ficelé cette charte politique et éthique ! Nous-mêmes n’aurions pas eu à débattre du sujet. Quelques points de friction seront abordés dans les prochaines semaines afin de parvenir à un résultat le plus possible positif.
 
- Y-a-t-il un risque de voir éclater Femu, et d’avoir plusieurs listes nationalistes aux territoriales ?
- Le risque est permanent ! Mais, si des groupes à l’Assemblée ont éclaté, pas Femu a Corsica ! Nous avons gardé notre cohérence. Même si nous avons fait face à quelques difficultés, nous sommes restés ensemble. Corsica Libera a éclaté, les groupes de Renucci, de Zuccarelli et de Giacobbi ont éclaté. Le groupe de droite a éclaté dans les votes. Nous sommes les seuls, avec le groupe communiste, à rester unis. Ce sont les deux groupes qui ont, depuis 2010, certainement apporté le plus à l’Assemblée de Corse (CTC), non seulement sur les dossiers fondamentaux, mais aussi sur le quotidien de la CTC, c’est-à-dire les motions, les questions orales, les interventions, même sur des dossiers secondaires. Quand des bancs étaient totalement vides pendant des discussions qui portaient sur des millions  d’euros, nous nous étions toujours présents. De ce point de vue, on ne peut pas dire que Femu a Corsica est divisé, mais il doit faire sa propre introspection avant d’aller vers les autres.
 
- Vous pourfendez la droite et à la gauche et, en même temps, vous appelez à une union nationale. Comment comptez-vous faire cette union ?
- Il y des systèmes de gestion, aujourd’hui, en Haute-Corse et en Corse de Sud qui ne nous conviennent pas ! Pour autant, cela ne veut pas dire qu’il ne puisse pas y avoir des hommes politiques de gauche et de droite qui ont des compétences et qui seraient, demain, utiles à notre pays. Nous sommes favorables à une union nationale corse sur un contrat de gouvernance, à travers un projet habité par tous, préalablement débattu et qui répondra à la problématique corse. Tous, ensemble, nous pouvons avoir un effet de levier. La tâche est immense !
 
- Pourquoi dites-vous que la mandature Giacobbi est un échec ?
- Un chiffre parle tout seul : 14 000 chômeurs en 2010 en Corse, 22 226 chômeurs en 2015. Soit une augmentation de 63 % ! Tout cela pendant la mandature Giacobbi ! On va me dire que la CTC n’a pas la compétence sociale. C’est vrai ! Sauf qu’en matière économique, c’est l’échec ! Sauf qu’en termes de création, de développement et de pérennisation d’entreprises, c’est l’échec ! Sauf qu’en matière de finance, c’est l’échec ! C’est même une catastrophe ! L’Exécutif a mal fait de partout ! Mal fait au niveau de l’emprunt ! Mal fait au niveau de la gestion des personnels ! Mal fait au niveau du fonctionnement général !
 
- Cette mandature a avancé sur des revendications fondamentales. Des Nationalistes s’en satisfont. Pas vous ?
- C’est vrai ! On a avancé sur un certain nombre de dossiers symboliques. Mais, même si les élus sont d’accord sur ces dossiers qui concernent des revendications fondamentales que nous autres, Nationalistes, portons depuis longtemps, on se heurte à un refus, à un blocage de l’Etat. Ce n’est pas la Collectivité unique qui peut faire oublier le reste ! Je suis un de ceux qui n’iront plus discuter avec les ministres parce que cela ne sert à rien ! Si les autres élus m’écoutent, nous prendrons une position critique par rapport à ce modus operandi.
 
- Jusqu’en 2018, n’y-a-t-il, pour vous, rien à attendre de l’Etat ?
- Et même en 2018, qu’en sera-t-il ! Camille de Rocca Serra dit que ce que les uns ont fait, les autres peuvent le détricoter ! Aurons-nous une Collectivité unique avec une dimension et un rendement pleins ou une Collectivité unique au rabais ? Il ne faut pas oublier qu’au départ, la Collectivité unique devait être inscrite dans la loi, pas dans la loi NOTRe, mais dans une loi spécifique à la Corse qui aurait donné tout son sens à la chose, y compris dans le contenu par rapport à la langue, au foncier, à la fiscalité et aux ressources.
 
- Cette Collectivité unique est-ce, selon vous, de l’enfumage ?
- Oui ! C’est de l’enfumage ! Je reprendrais cette expression chère à Nicolas Alfonsi, mais pourquoi pas ! S’il dit la vérité, pourquoi le contrarier !
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 





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