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34ème Ghjurnate di Corti : Dialogue renoué à huis-clos entre Corsica Libera et Femu a Corsica !


Rédigé par Nicole Mari le Lundi 10 Août 2015 à 00:04 | Modifié le Lundi 10 Août 2015 - 14:51


Une réunion à huis-clos s’est tenue, dimanche après-midi, dans le cadre des Ghjurnate di Corti entre les Indépendantistes de Corsica Libera et les Nationalistes modérés de Femu a Corsica. Pendant plus de deux heures, l’Exécutif de Corsica Libera, mené par son leader Jean-Guy Talamoni, a rencontré, à son initiative, une importante délégation de Femu a Corsica et de ses trois composantes, conduite par Jean-Christophe Angelini. A trois mois des élections territoriales, le mouvement national tente d’aplanir ses divergences et de trouver une voie d’entente pour une possible fusion au 2ème ou 3ème tour de scrutin. Explications, pour Corse Net Infos, de Jean-Christophe Angelini, président du groupe Femu a Corsa à l’Assemblée de Corse et leader du PNC (Partitu di a nazione corsa).


Discours de clôture des Indépendantistes de Corsica Libera.
Discours de clôture des Indépendantistes de Corsica Libera.
Cette année, pas de débat pour Corsica Libera avec la classe politique progressiste et corsiste. Le rendez-vous estival des Ghjurnate di Corti, qui était devenu, depuis trois ans, incontournable, a cédé la place à un événement médiatique de la même trempe : une réunion à huis-clos entre deux importantes délégations de Corsica Libera et de Femu a Corsica. Les premiers, instigateurs du projet, sollicitaient les seconds, plus frileux, depuis plusieurs mois. Sans obtenir de réponse. L’annonce du dépôt des armes par le FLNC (Front de libération nationale de la Corse) a levé l’un des plus importants freins à l’union sans pour autant chasser un contentieux électoral qui s’est envenimé au fil des scrutins, de Bastia à Ajaccio, en passant par Porto-Vecchio. Corsica Libera ne s’est jamais privé de tirer à boulets rouges sur les leaders de Femu a Corsica, notamment sur le maire de Bastia qui cristallise l’essentiel de son acrimonie. Autre épineuse pomme de discorde : l’appréciation très divergente du bilan de la mandature Giacobbi, que Femu a Corsica éreinte sans complaisance, mais dont Corsica Libera affirme se satisfaire.
 
La réunion surprise
Le divorce politique paraissait, donc, consommé, et les appels, récurrents et de toutes parts à l’union, semblaient plus participer de la rhétorique nationaliste que d’une volonté réelle de se retrouver. C’est dire si l’annonce, un peu confuse, de la participation aux Ghjurnate d’une importante délégation de Femu a Corsica, et notamment d’un de ses leaders, Jean-Christophe Angelini, a créé la surprise ! Même si les Modérés n’ont jamais boudé les débats de leurs cousins indépendantistes en envoyant, chaque année, en délégation, des lieutenants ou des personnalités historiques. Mais, pas les leaders ! Cette fois-ci, l’invitation est autre : il s’agissait de renouer le dialogue interrompu et de tenter de faire table rase des divergences et du contentieux. Sept conseillers territoriaux modérés et quelques membres de l’Exécutif des trois composantes, PNC, Inseme per à Corsica et A Chjama, ont participé aux discussions, face à certains poids lourds de l’Exécutif de Corsica Libera. A quatre mois de l’important scrutin des Territoriales, qui pourraient amener les Nationalistes au pouvoir, l’enjeu semble, pour tous, en valoir la chandelle !
 
Rien de concret
La réunion, qui a duré plus de deux heures, fut l’occasion, pour chacun, de s’expliquer et de vider son sac, mais n’a permis de dégager, ni des voies d’accord, ni rien de concret.  Une seule certitude : les deux forces nationalistes présenteront, chacune une liste, au 1er tour des Territoriales. Elles ont programmé un nouveau rendez-vous et un calendrier. Pour la suite, tout est théoriquement possible, mais rien n’est certain ! Les mouvements n’ont, d’ailleurs, pas donné de conférence de presse commune, mais réagi séparément. Même si tous affichent une prudente satisfaction et affirment avoir accompli un pas en avant, il reste, encore loin, de la coupe aux lèvres tant les divergences sont profondes ! Pour Corsica Libera, cette invitation acceptée entre frères ennemis est tombée à pic pour voiler une fracture interne et l’absence d’une partie des militants de Corse du Sud en désaccord sur la stratégie des Territoriales. Les Indépendantistes ont, néanmoins, conclu les Ghjurnate en dévoilant les cinq premiers noms de leur liste : Jean-Guy Talamoni, Josepha Giacometti, François Sargentini, Laura-Maria Poli et Petr’Anto Tomasi.
Affaire à suivre...

N.M.
 

Jean Christophe Angelini, leader du PNC et président du groupe Femu a Corsica à l'Assemblée de Corse.
Jean Christophe Angelini, leader du PNC et président du groupe Femu a Corsica à l'Assemblée de Corse.
Jean-Christophe Angelini : « Nous voulons faire, du mouvement national, le pivot rassemblé de la prochaine majorité territoriale »
 
- Quelle est la raison de votre présence aux Ghjurnate ?
- Femu a Corsica a, toujours, participé aux Ghjurnate de Corti. Il nous paraissait particulièrement important, cette année, d’être présent. D’une part, compte tenu des enjeux de fond du débat : proximité des élections territoriales, perspectives ouvertes par l’Ecosse, la Catalogne… D’autre part, nous avons été invités formellement à une rencontre par nos amis et partenaires de Corsica Libera. Ce qui n’était pas le cas avant ! Il était, donc, important que nous y répondions favorablement pour pouvoir échanger. Je rappelle que, même si, aujourd’hui, il n’y a pas à proprement parler de partenariat stratégique avec Corsica Libera, il y a une cohérence nationale, une convergence d’idées sur certains sujets.
 
- Quel a été l’objet de la réunion à huis-clos ?
- Nous nous sommes réunis pendant plus de deux heures. Les deux délégations, composées d’élus territoriaux, de cadres et de militants, étaient importantes. Il y a eu, de part et d’autre, la volonté de dégager un chemin de convergence national. Pas d’unité incantatoire ! Pas moins non plus de divisions ! Mais vraiment de convergence parce qu’il nous paraît essentiel, dans l’heure que nous traversons, d’initier un chemin comparable à celui-là. Cela nous paraît réaliste, pragmatique, politiquement cohérent et demandé massivement par le peuple corse.
 
- Pourquoi avez-vous médiatisé cette réunion ?
- Il y a eu, avant celle-là, beaucoup de réunions qui n’ont pas été médiatisées. On ne passe pas d’une situation comparable à celle que nous avons vécue durant quelques années, même si elle n’a pas été fondamentalement négative, à la situation d’aujourd’hui sans qu’il y ait eu, au préalable, un certain nombre de contacts. Le temps des contacts est, pour nous, révolu. Il faut, aujourd’hui, passer au temps de la construction politique qui a vocation, pour nous, à être transparent et lisible, et pas clandestin et à huis-clos. Nous n’avons pas de difficulté à expliquer ce qui est fait, même si ces réunions ont lieu, pour l’instant, sans les journalistes.
 
- Qu’avez-vous décidé ?
- Nous ne sommes pas au stade des décisions ! Nous sommes toujours au stade des débats. Il a été acté que nous retournerions, les uns et les autres, vers nos militants respectifs. L’idée est qu’à brève échéance, vraisemblablement avant la fin du mois d’août, nous puissions nous revoir pour aller un peu plus loin dans la discussion. Etant entendu que sont actés, aujourd’hui, d’abord, la volonté de présenter deux listes séparées au 1er tour pour rester dans une offre de diversité, ensuite, de trouver un chemin de convergence pour faire du mouvement national, non pas la force d’appoint, mais le pivot rassemblé de la prochaine majorité territoriale.
 
- Est-ce tout ?
- Oui ! Cela me paraît en l’état des décisions importantes.
 
- Avez-vous acté un accord de fusion pour le 2nd tour et le 3ème tour de scrutin ?
- Non ! Nous en sommes encore au stade du débat qui reste ouvert en termes d’opportunité. Il ne faut pas préjuger du résultat de ce qui a été initié aujourd’hui, même si, je le répète, la volonté est, quand même, très forte de part et d’autre de vouloir aboutir à un accord.
 
- Vous parlez de convergence nationale. Comptez-vous y intégrer les autres mouvements, comme U Rinnovu ?
- C’est à eux de dire publiquement ce qu’ils comptent faire. Il va de soi que s’il y a des demandes de discussion, nous y répondrons favorablement. Nous n’avons jamais fermé la porte à quiconque. Nous avions une demande de discussion de la part de Corsica Libera, nous y avons répondu. Si d’autres demandes interviennent, nous les analyserons. Il est sûr et tout à fait capital de dire qu’aujourd’hui, nous ne sommes pas au stade des décisions. Nous sommes au stade d’acter une volonté, un minimum de méthode et un calendrier.
 
- Pour l’instant, Femu a Corsica ne s’est pas exprimée sur sa candidature aux Territoriales, quand comptez-vous l’annoncer ?
- A l’exception de principes de candidature déposée à droite, comme à gauche, voire au sein du mouvement national, il n’y a pas eu de candidature, d’intitulé de listes, d’accords politiques ou de projets annoncés par les uns et les autres. Femu a Corsica, qui est au stade des réglages, ne devrait plus tarder à rendre publique l’offre qui est la sienne.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 




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